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4 août 2014

Halo : Waypoint - Créations conservés - Fanfictions - Halo 2600 Chute et Renaissance


Si vous souhaitez connaître le tome précèdent, lisez Halo 2600 Les autres.

Synopsis

Plusieurs années après la neutralisation des Halos, l'empire humain n'est plus qu'un vague souvenir. Les forces des Légions rebelles ont retourné les Spartans, atout de l'UNSC, contre elle, éliminant ainsi le gouvernement humain. Depuis, la Légion et les Libérateurs, un autre groupuscule rebelle, se livrent une terrible guerre civile, où les civils survivent tant bien que mal. Mais dans une galaxie où seule semble rester la guerre et la décadence, les derniers membres de l'escouade Flash, à vau-l'eau depuis le sacrifice de leur meneur, mènent un âpre combat à priori perdu d'avance contre les deux grandes factions en présence, espérant un jour amener à la renaissance de l'ordre et de la paix dans l'espace Humain.

Prologue

Les ruines de la cités de Ménoptys étaient silencieuses. Cela faisait des années que les plus hauts immeubles de cette ancienne mégalopole c'étaient effondrés, répandant sur le sol de béton fissuré les éclats de leurs vitres brisées.

Le pont qui servait autrefois de support au métro magnétique gisait, ses pylônes détruits. Les égouts s'étaient effondrés, laissant des trous béants dans les rues.


La ville était déserte.


Un mouvement vint troubler ce calme. Un homme, d'une soixantaine d'années, aux vêtements en lambeaux, soulevait uns à uns les morceaux de bétons d'une maison effondrée. Des gouttes de sueur coulaient sur sa barbe de trois jours. Il continuait son rude labeur, jetant sur la route les morceaux, avec un rythme régulier.

Alors qu'il jetait un énième morceau, il aperçut enfin l'objet de ses fouilles. Comme possédé, il se jeta sur le bout de bois fissuré qui dépassait des décombres. Il enleva encore un éboulis, puis les derniers gravillons qui le gênaient.

Il s'empara d'une barre de fer qui se trouvait à côté de lui, et frappa le coin de bois. Ses coups résonnaient sur les étages encore debout des immeubles. Enfin, le bois céda. Il jeta la barre, qui tomba dans un trou creusé par un effondrement dans un fracas métallique.

Il passa son bras dans la fissure qui venait d'apparaître, chercha quelques instants à tâtons et extirpa son membre griffé par ses travaux. Il venait d'extraire de la commode à moitié enfouie un cadre photo intact, seul objet entier et non couvert de poussière grise de toute la ville. Une larme coula sur son visage à la vue de la photo.

Cet instant précieux fut brisé comme un verre de cristal qui choit sur la pierre. Le temps d'entendre le bruit d'une balle qu'on tire, une vive douleur au mollet, et l'homme s'effondra en criant de douleur. De derrière un monticule de débris du pont, une silhouette massive s'approcha, une arme de petit calibre à la main.

L'homme tremblait de toutes parts. Il n'avait pas été assez prudent, avait fait trop de bruit.

L'autre homme, si l'on pouvait appeler cet être un Homme, s'approcha, sans faire le moindre bruit malgré ses lourdes bottes. Il s'avança jusqu'à dominer sa proie qui ne bougeait pas. Fuir l'aurait condamné. En se rendant, il avait une chance de s'en sortir.

« Un fouineur, un pillard, ou un civil ? » Demanda le chasseur.

« Un civil... » Répondit faiblement la proie.

« Quelle affiliation ? »

La proie hésita.

Elle porta la main à sa poche, en retira une carte sur laquelle était gravée un poing rouge dans une cercle. Il la tendit au chasseur. Celui-ci la prit et l'observa attentivement.

Puis il la brise dans ses poings puissants.

« Donc, pas d'affiliation. » Conclut-il avant d'émettre un petit rire sardonique.

La proie écarquilla les yeux, son cœur battant la chamade.

« Pas d'affiliation égale mesures. »

La voix du chasseur est meurtrière. Plus que la balle qu'il tira dans la tête de sa proie.


« Bienvenue à Ménoptys », disait le panneau à l'entrée de la ville. À côté de cette invitation mensongère, une étoile bleue dans un cercle.

2610. L'UNSC n'est plus.

Chapitre 1 : Escarmouche

Avant même le début du combat, le sous-nombre était évident.

Le combat prenait place sur un long tronçon d'autoroute, jonché des décombres des immeubles écroulés. Des tonnes de larges plaques de béton, de verre brisé et de gravats. Du côté pointant vers le centre-ville, se dressaient une dizaine de spartans. Leurs armures étaient des modèles Mark VI standards, peints en bleu à la bombe de peinture, comme le laissait paraître les nuances de couleur. Sur leur torse était peint un cœur blanc.

Derrière eux, un tank scorpion faisait ronronner sont lourd moteur, tandis que les légers sifflements des trois banshees qui survolaient le groupe ajoutait une touche dramatique à la scène.

Face à eux, perchés sur les décombres d'un building Traxus, quatre autres spartans leurs faisaient face, tournant le dos aux vastes plaines qui s'étendaient hors de la ville et au soleil qui entamait lentement sa descente.

L'un était noir, l'autre blanc, le troisième kaki, et la dernière sable. De légers sifflements se faisaient entendre au travers de leurs casques insonorisés. Ils parlaient entre eux.

Un des spartans bleu activa sa liaison COM vers un autre membre de son unité.

-Hé ? C'est vraiment eux ?

-Ouaip.

-Ils ont pas l'air terrible. Ils sont juste quatre.

-Déconne pas. En deux jours, depuis qu'ils sont arrivés, ils ont éliminés trois troupes de reconnaissance et une escouade de combat.

-À eux seuls ?!

-Ouaip... Et c'est pour ça qu'on doit les éliminer pour de bon.

Le coup d'envoi fut donné par une balle de 14.5x114 millimètres APFSDS, qui fusa l'air d'un sifflement doux, avant de traverser de part en part le casque d'un des spartans bleus, ainsi que l'œil droit et le cortex cérébral qu'il contenait. La cible n'eut pas le temps de souffrir.

Instantanément, le plus gradé des opposants lança l'ordre d'attaque. Trois spartans se mirent en position avant, s'agenouillant et tirant avec leurs fusils d'assaut AR-25. Debout derrière eux, quatre autres soutinrent leurs tirs avec des fusils de combat BR-78. Un des spartans se tint en retrait avec leur commandant.

Dès l'ordre, les quatre attaquant disparurent à couvert. Le spartan kaki appuya son dos contre la plaque de béton plantée verticalement dans le goudron de la route, porta la main à son épaule et chargea une nouvelle balle dans son fusil de précision. À côté de lui, la spartan ocre enleva la sécurité de son fusil de combat ABR-2 et s'agenouilla au bord du couvert.

Quelques mètres en face d'eux, le spartan blanc, également à couvert derrière un bloc de béton de plusieurs tonnes, décrocha de son dos un Lanceur Laser RG-L et l'arma avant d'imiter la position du spartan ocre. Le spartan noir avait disparu.

Neuf opposants. Le spartan vert regarda autour de lui. À un mètre, le temps avait dégradé le béton, laissant un trou béant d'une cinquantaine de centimètres barré par les fils d'acier qui, en rouillant, avait causés l'éclatement de leur chape bétonneuse. Le poste parfait. Il se dirigea vers sa nouvelle position, fit passer le canon de son arme à travers le trous. La spartan ocre lui fit un signe d'impatience qu'il ignora.

Pendant ces quelques secondes, les opposants avaient vidés un chargeur chacun sur le zone.

Trois détonations rapides résonnèrent contre les débris, suivit des râles d'agonie de trois opposants, deux tireurs avant et un arrière, qui lâchèrent leurs armes et tombèrent à terre après qu'un flot de sang aient jaillit des trous dans la protection frontale de leurs casques.

Six opposants.

Les tirs s'interrompirent un instant.

Le spartan blanc et l'ocre sortirent de leur couvert. L'ocre visa le dernier tireur frontal, qui tomba au bout de trois rafales courtes.

Les banshees, qui s'étaient contentés de décrire des cercles paresseux au-dessus du terrain avant que l'ordre soit donnés, avançaient en ligne droite vers la couverture des attaquants. Le spartan blanc enfonça la lourde gâchette de son imposante arme. Instantanément, un laser d'un bleu électrique jaillit du canon effilé de son arme, son compteur radio-métrique s'affola autour du Tera-Becquerel, et le laser transperça aisément la coque de deux des véhicules volants, le troisième perdant son stabilisateur droit et un partie de sa coque, et partit s'écraser une centaine de mètres plus loin dans un nuage de flammes bleues.

Cinq opposants.

Les trois derniers opposants appelèrent celui qui était resté en arrière les rejoindre. Il n'eut pas fini de rejoindre ses camarades pour tirer sur les attaquants qui se mettaient de nouveau à couvert qu'il mourut d'un nouvelle balle de sniper en plein cœur. Une mort bien poétique.

Quatre opposants.

Le commandant ennemi commençait à paniquer de voir ses hommes descendus aussi facilement et en aussi peu de temps. Couvert par les quatre tireurs restants, il sauta sur le scorpion, souleva la lourde trappe et rejoignit le pilote dans la cabine sécurisée.

À peine à couvert, le commandant put assister à la mort spectaculaire de ses trois derniers soldats restants.

La spartan ocre était sortie de son couvert, cette fois armée d'un magnum SRG-PD4, en un éclair, elle avait parcourut la dizaine de mètres qui séparait son couvert de ses opposants, jusqu'à pouvoir les toucher au corps-à-corps. Avant qu'il puisse bouger, elle enfonça le canon de son arme sous le menton de son premier opposant et tira. Un munition de 12,7 millimètres transperça le crâne du soldat pour ressortir par le sommet de son casque. Les deux autres attaquèrent la spartan à coups de crosses. Elle arrêta un coup avec la paume de sa main libre, l'autre avec le coude du bras qui tenait son arme, orienta le canon de son magnum vers son ennemi, tira deux balles qui lui transpercèrent le cou, et asséna un coup de pied au menton de son deuxième opposant. Ce dernier décolla du sol, et s'écrasa dans la poussière, la colonne vertébrale brisée au niveau de la nuque.

Le commandant se tourna vers l'artilleur.

-Tirez, bon sang, tir … !!

L'artilleur gisait, un couteau de combat enfoncée dans le sommet du crâne, contre le siège du pilote.

Le temps d'un dernier souffle, et le commandant mourut.

Liz envoya le signal de fin d'alerte à Justin et Knut, qui sortirent à découvert juste à temps pour voir une copieuse giclée d'hémoglobine encore chaude et opaque jaillir de la trappe du véhicule lourd.

Couvert de sang, Jaffar sortit du scorpion, ses deux couteaux à la main.

Liz soupira et activa le canal de communication global.

-T'en fait trop pour ces types.

L'intéressé rengaina ses lames dans les fourreaux placés dans son dos.

-Ils n'ont que ce qu'ils méritent. Répliqua-t-il d'une voix profonde.

Knut inséra une nouvelle balle dans son fusil de précision, l'attacha dans son dos et contempla le champ de bataille de cette escarmouche éclair, puis leva les yeux vers la cité en ruine.

-Ouais. Ils n'ont que ce qu'ils méritent.

Chapitre 2 : Misère

Le désert s'étendait à perte de vue sur près d'un quart de la planète. Avant la guerre, il n'y avait pas grand-chose. Après, il y en avait encore moins. Des villes immenses nichées au creux de quelques vallées fertiles, encerclées de toutes parts de pierres et d'une terre sèche et aride, on était passé à des tas de décombres qui s'étendaient plusieurs kilomètres. Mais le désert était toujours là. On aurait presque pu croire que la Nature elle-même s'était alliée aux attaquants pour reprendre ses droits.

L'homme qui marchait dans ce désert, vu de loin, ressemblait à une créature informe telles qu'on en croise sur certaines planètes marécageuses. Son chargement dépassait de toute part, transformant sa silhouette en un humanoïde boursouflé de toutes parts.

Sur son dos, quatre sac, sur ses côtes pendaient de nombreuses sacoches, à sa ceinture étaient accrochés divers petits objets au milieu des sacoches. Une grande plaque de métal courbe était accrochée par-dessus son dos par des cordes usées, une épée médiévale dans son fourreau bondissait sur sa jambe à chaque pas, et même dans ses bottes de voyages aux bords évasés on entendait cliqueter des objets.

Entre ses dents, un morceau de tuyau en PVC, qui portait la trace de ses dents. Il avait marché pendant deux semaines, ses yeux vides de lueurs et son pas traînant trahissaient sa fatigue. Tout ce qui occupait son esprit, c'était la Ligne de Vie.

La Ligne de Vie. Symbole de la civilisation, mais aussi de soumission. Ce gigantesque pipe-line parcourait la planète de bout en bout, et nombreux étaient les petits hameaux de cabanes en matériaux de récupération qui s'étaient établis le long de ce tuyau qui transportait à la fois eau potable et électricité. Le pipe-line avait toujours été là pour transporter les denrées d'un endroit à un autre sur cette planète, et accessoirement guider les égarés vers la sortie du désert. Mais depuis la guerre, cette ligne était fragile.

Les ruines des villes étaient les cibles des deux factions belligérantes, et si le pipe-line reliait deux villes ennemies, il était mit hors-service, condamnant tout les villages dépendants de cette ligne. Mais ils n'en avait que faire. Les civils subissaient la guerre, même si les combats ne leur parvenaient pas.

L'homme posa par terre le sac en plastique qu'il portait à bout de bras en arrivant en haut d'une colline. Plus loin, il reconnaissait les contours déchirés de son village. Il arracha à sa gourde quelques gorgées d'un alcool fort, auquel il avait mélangé une petite dose de stupéfiants, et repris sa marche.


Un enfant était assis sur le mur en pierre bancal qui entourait la ville. Comme tout les jours, il faisait la seule chose qu'il avait à faire : regarder l'horizon. Personne ne savait si il y prenait du plaisir, mais il le faisait depuis toujours. Huit ans était la longévité moyenne d'une personne sur cette planète. Il en avait dix, et en était fier. On l'avait surnommé l'Aiglon, à cause de sa vue perçante. Il s'asseyait sur un mur, observait, et prévenait quand il y avait quelque chose. Quand tout le monde ne pense qu'a se demander si il pourra manger le lendemain, que quelque chose apparaisse à l'horizon était une chose sensationnelle.

L'Aiglon aperçut quelque chose sur la colline. Il se leva sur ses jambes frêles et plaça ses mains en pare-soleil pour mieux voir à travers les nuages de poussière, et reconnut la forme. Il bondit à terre, et courut vers le centre du village. C'était une place circulaire, au centre de laquelle on avait empilé des pierres, jusqu'à former une tas d'environ cinq mètres de haut. L'Aiglon escalada le monticule, et cria.

-Jensy arrive ! Jensy arrive !

Les quelques personnes présentes levèrent le nez de leurs affaires et un murmure satisfait s'éleva. Plusieurs d'entre eux s’éparpillèrent aux quatre coins du village, et d'autres s'approchèrent de l'enfant.

-Où ça, l'Aiglon ? Appela une femme d'une trentaine d'année habillée de guenilles.

-Par l'Ouest ! On va l'accueillir !

L'enfant sauta sur le sol dur et courut, suivi par les adultes. En quelques minutes, le village entier fut rassemblé à la porte Ouest. L'homme approchait lentement, et lorsqu'il eût passé le portique, un jeune homme robuste vint le soutenir. Tout le monde l'aida à se débarrasser de son chargement et le groupe se mouva vers la place. L'homme fut emmené dans le taudis le plus grand, et fut allongé sur un tas de couvertures rapiécées. Les deux pans de toiles qui servaient de porte étaient relevés, et tout le village observait.

Au chevet de l'homme, le jeune homme et une femme, qui attendaient. Il avait les yeux fermés, et sa respiration était lente. Personne ne disait un mot. Puis la respiration s'accéléra, et l'homme se redressa finalement. Un soupir de soulagement général parcourut l'assistance.

Lorsqu'il put tenir sur ses jambes, l'homme, Jensy, rassembla son chargement sur la place et déballa toutes ses affaires. Des morceaux de matériaux divers, du plastique, du verre, du métal s'amoncelèrent bientôt, aux côtés de nourriture et de boissons.

L'ambiance tourna à la fête. La nourriture et la boisson furent emmenées vers une réserve où cinq réfrigérateurs et un grand congélateur fonctionnaient en permanence, branchés à la Ligne par de longs câbles rafistolés. Les matériaux furent transportés vers un bâtiment entièrement fait de tôle. À l'intérieur se trouvaient deux fourneaux, et les morceaux de plastiques, métal et verre furent fondus, transformés en plaques de métal, en bocaux et autres objets utiles. Tout se basait sur la récupération dans ce monde, depuis la guerre.

Un des forgerons, en tournant la manivelle d'un des fourneaux, aborda Jensy pendant que le verre fondu coulait dans un moule, répondant une intense chaleur dans la pièce.

-Je me demande où tu as réussit à trouver une épée et un plastron d'armure.

-À la périphérie d'Erannia, il y avait un musée autrefois. J'ai profité d'une brèche dans le mur d'enceinte. Il y avait des rayons entiers d'armures médiévales, mais je n'ai pu transporter que ça.

-Tu est allé jusque là-bas ? Tu as fait une trotte, cette fois. C'est dangereux à ton âge.

-Je ne suis pas si vieux. S'agaça l'intéressé. De toute façon, c'est à Heymans d'y aller la prochaine fois.

-Quelles nouvelles des autres villages ?

-J'en ai croisé deux détruits, et un nouveau. Les camps de Bravil et Leyawiin sont encore debout.

-Détruits ? Pour quelles raisons ?

-L' un d'eux a dut être prit dans une puissante tempête. Quant à l'autre …

Il fit une pause et leva les yeux au ciel.

-Des traces de balles et des morts partout.

-Encore … Soupira le forgeron.

Une ambiance lourde s'installa et seul le bruit de la fusion se faisait entendre.

-En parlant de ça, il sont venus il y a deux jours. Repris le forgeron.

-Et ? Demanda Jensy, inquiet.

-Il ont prit 150 à chacun.

-Les enculés …

Jensy frappa dans un cailloux.

-C'était la Légion cette fois. Repris le forgeron. Il faut croire que l'Armée s'est fait avoir cette fois.

-À temps. Si l'Armée était restée plus longtemps, ils auraient coupés la Ligne.

Un cri les interrompit.

-Spartans ! Spartans ! Ils reviennent !

Chapitre 3 : Troubles-fête

Jensy sortit du bâtiment où régnait la fournaise. Les habitants couraient vers une extrémité du village. Il remonta le flot de personnes pour se diriger vers l'épicentre de la terreur.

Trois hommes à la forte carrure, ainsi que son fils attendaient près de la porte Nord. Un des hommes cachait une barre métallique dans son dos. Ils semblaient attendre. Tout les autres habitants avaient littéralement désertés la zone, et seul le bruit du vent et la poussière emplissaient l'atmosphère.

Curieux, le cinquantenaire s'assit sur un amoncellement de gravats à l'écart. Il ignorait tout de ces évènements et voulait voir ce qu'attendaient les quatre compères.

Sa réponse apparut dans un nuage de poussière. Cinq silhouettes imposantes s'avançaient en direction de la porte. Elles portaient chacune un sac marin et étaient vêtues de large capes qui cachaient leur corps. Seul leur tête et leurs bottes dépassaient du large pan de toile, mais c'était amplement suffisant pour savoir qui ils étaient. Leurs casques à la visière luisante et leurs bottes renforcées ne laissaient aucun doute que ces silhouettes étaient celles de Spartans.

Les visiteurs passèrent enfin la porte du village. Jensy observait toujours la scène. Calmement, le comité d'accueil les encercla. Son fils s'approcha des combattants massifs.

-On vous a déjà donné votre fric y'a pas longtemps. Alors dégagez, maintenant. De toute façon on a pas de quoi vous payer, vous et vot' saloperie d'armée de mes deux !

Les spartans ne bougèrent pas malgré les menaces du jeune homme. Ce dernier soupira, puis désigna un de ses compagnons du menton. Ce dernier brandit la barre de fer qu'il cachait toujours derrière son dos, la leva en l'air et l'abattit sur un des Spartans. Un puissant bruit de métal percutant le métal se fit entendre, avant que l'assaillant ne ressente le violent contrecoup, et se rende compte que le soldat avait arrêté son coup d'un simple mouvement de main.

L'ambiance tourna rapidement à la bagarre. Jensy observa tranquillement le premier assaillant reprenant ses esprits après le contrecoup, les deux autres serrant les poings et son fils sortant de sa poche un poing américain bricolé. Le jeune homme se jeta avec fougue sur le premier Spartan, le poing en avant, mais sa cible arrêta simplement son coup avec la paume de sa main et fermant sa poigne puissante, l'empêcha de se libérer.

-À l'abri dans sa coquille, la perle est l'esclave des courants. Énonça une voix féminine à l'intérieur de l'armure.

Le sang de Jensy ne fit qu'un tour en entendant la phrase prononcée. Il se leva subitement.

-Stop ! Lâchez-le !

La Spartan relâcha sa prise, et le jeune homme battit en retraite. Ses acolytes semblaient hésiter sur la posture à adopter face à cette réaction de celui qu'ils considéraient comme leur chef.

Jensy désigna le groupe de soldats.

-Venez avec moi. Nous serons au calme dans ma tente.

La Spartan acquiesça, et fit signe à son groupe de suivre l'homme, laissant leurs assaillants éberlués et ne sachant toujours pas comment réagir lorsque les visiteurs disparurent de leur champ de vision.

Les spartans s'assirent au sol, comme leur hôte.

-Ôtez vos casque. Ordonna Jensy.

-Pourquoi ça ? Demanda la Spartan.

-Je veux savoir si vous êtes des leurs. Il y a plusieurs moyens de la savoir, mais celui-ci est le plus sûr. Enlevez-les.

Les Spartans s’exécutèrent et enlevèrent chacun leur casque dans un chuintement de dépressurisation.

La Spartan au visage fin lissa ses longs cheveux bruns qui tombèrent contre son dos cuirassé.

-Vous avez votre preuve ?

Jensy regarda tour à tour la femme, l'homme borgne à la peau ocre, celui au crâne rasé et celui aux courts cheveux blond et aux yeux bleus.

-Vous n'êtes pas des leurs. Vous pouvez enlever vos capes, vous savez.

Les Spartans s’exécutèrent de nouveau et retirèrent les larges pans de toile qui les couvraient, dévoilant leurs armures abîmées. Chacune portait un grand nombre de traces d'explosion, de griffures et de brûlures, témoins silencieux d'un lourd passé. Le symbole gravé sur leurs épaulettes avait été rayé, ne laissant plus qu'une disgracieuse forme métallisée.

-Freelancers ? Questionna Jensy.

-Plus ou moins. Répondit nonchalamment le Spartan à l'armure noire.

-Comment se fait-il que vous connaissez le signal de la Rébellion ?

La Spartan à l'armure ocre posa la main sur son casque.

-C'est une bien longue histoire. Mais assez courte et intéressante pour être racontée. C'est là que vous vouliez en venir dès le début, n'est-ce pas ? Rétorqua la spartan.

Jensy hocha la tête.

Chapitre 4 : Historique

-Avant toute chose, connaissez-vous l'histoire de la Chute de l'UNSC ?

-Je n'ai jamais entendu toute l'histoire. Surtout venant de Spartans. Je n'ai vu de la chute de l'UNSC que l'attaque de la Légion sur notre planète. J'ai toujours voulut connaître le fin mot de cette catastrophe. Racontez-moi. Comment en sommes-nous arrivés là ?

Une atmosphère lourde s'installa. Le visage des Spartans se raidit. L'imposant combattant à l'armure blanche se leva et tourna le dos à la scène en croisant les bras d'un geste las.

-Je ne m'y collerais pas. Déclara-t-il.

La Spartan tourna la tête vers ses deux autres compagnons qui la fixaient.

-Tu vas devoir t'y coller, Liz. Conclut le Spartan à l'armure verte.

L'intéressée soupira, puis fixa Jensy.

-Nous n'en savons pas beaucoup non plus. Commença-t-elle. En 2603, les spartan-V ont tous reçus des améliorations électroniques supplémentaires. Des implants neuraux, qui décuplaient leurs capacités de réflexion, leur permettant d'êtres plus efficaces en combat stratégique, en analysant les situations les plus complexes en quelques secondes. Mais la puce apportait une modification supplémentaire que les scientifiques n'avaient pas prévus. Une modification de la zone cervicale du jugement. Certains sujets ont commencé, discrètement, à changer de point de vue sur différents sujets. Mais certains allaient au-delà du simple changement d'avis. Ils allaient jusqu'à remettre en cause le bien-fondé des décisions de l'UNSC.

Mais ils ne le faisaient pas en public, bien sûr. Ils gardaient leurs réflexions pour eux, ou n'en parlaient qu'à certains membres de leur équipe. Mais ces simples désaccords se transformaient peu à peu en un véritable soulèvement contre n'importe quelle décision, aussi infime soit-elle. Le gouvernement commença à s'inquiéter de ces changements de comportement, mais il était trop tard.

Lors d'une mission de reconnaissance sur une planète, un Spartan fut encerclé par un groupe de rebelles de la Légion. Cet organisme s'était fait discret pendant la guerre et le gouvernement la considérait comme dissoute. Mais ils avaient fourbis leurs armes et étaient prêts à attaquer. Il leur restait encore une carte à jouer. Ils capturèrent le Spartan, l'emmenèrent dans leur cache, et le retinrent pendant plusieurs jours. Lorsqu'une équipe de récupération fut envoyée pour récupérer le prisonnier, elle fut confrontée à un groupe d'assaut rebelle, dans lequel se trouvait le Spartan prisonnier. Syndrome de Stockholm.

La légion ne s'arrêta pas là. En effet, avec l'aide du premier Spartan, ils en capturèrent d'autres. Ils exécutaient ceux qui étaient récalcitrants à leurs méthodes de suggestion, et gardaient les autres prisonniers pendant des jours, utilisant le premier Spartan traître pour convaincre les autres de les rejoindre.

Pendant deux ans, des dizaines d'équipes disparurent sans laisser de traces. La certitude d'une trahison dans les rangs Spartans avait atteint l'UNSC, qui se préparait à une nouvelle menace. En 2606, des colonies extérieures de l'UNSC rompirent brutalement tout contact, et les équipes envoyées sur place ne revenaient jamais. La panique gagna rapidement les rangs, et le taux de désertion augmenta en flèche. Dans l'année qui suivit, les colonies intérieures furent touchées. Le commandement lança un appel désespéré aux Sangheilis, qui envoyèrent des troupes pour tenter de contrer la rébellion aux côtés des humains. Mais le même cas de figure qu'au début de la guerre se présentait. Les planètes tombaient dans le silence.

En 2607, la Terre fut attaquée par une grande armada de vaisseaux rebelles. L'UNSC affaiblie par la trahison et la désertion ne tint pas longtemps, et les rebelles débarquèrent sur la planète rapidement. Les rebelles envoyèrent directement leurs troupes sur le bâtiment central du commandement de l'UNSC. Une véritable boucherie s'engagea entre Spartans rebelles et loyalistes. La bataille dura plus d'une journée selon les rumeurs. Au bout de ces 24 heures, le dernier Spartan loyaliste tomba et les rebelles prirent le centre de commandement. Une vidéo amateure a été prise, filmant le drapeau de l'UNSC explosé par un tir de grenade. Les rebelles avaient gagnés une guerre-éclair, en utilisant l'arme la plus puissante existante. La psychologie et le contrôle des masses. Ils avaient fait tomber l'UNSC comme la moisissure ronge un arbre.

À peine un an après l'accession au pouvoir de la Légion Révolutionnaire, une scission se fit dans l'armée. Une partie des Spartans quittèrent la légion pour former un mouvement parallèle : l'Armée des Libérateurs. Les deux groupes entrèrent en conflit, tandis que d'autres soldats faisaient scission, créant d'autres groupuscules mineurs.

Il y a un an de cela, les deux factions ont découvert à peu près en même temps la puissance du clonage. Depuis, les deux armées produisent en quasi-continu des répliques de spartans-V, qu'ils appellent Spartan-VI.

Un silence suivit ce long discours.

-Deux armées de clones qui s'affrontent sans fin. Ça me rappelle quelque chose. Jensy eu un ricanement nerveux.

-J'ai une deuxième question qui vous concerne, maintenant. Continua l'homme. Comment se fait-il que vous soyez dans l'armée des Rebelles ?

Liz désigna l'insigne griffé sur son épaulette.

-Nous avons renoncé à toute attache après la chute de l'UNSC. Malgré les efforts de la Légion, tout les spartan-V originaux ne sont pas morts. Nous avons fuit la Légion pendant quelques années avant de rencontrer un groupe de civils qui se nommaient les Néo-Rebelles. Ils réussissaient à tenir tête aux soldats des deux armées. Nous les avons rejoints, même si beaucoup d'entre eux nous considèrent comme des monstres sans pitié. Comme nous sommes plus forts qu'eux, nous assurons régulièrement des liaisons entre groupuscules Néo-Rebelle.

-Pourquoi être venus ici ?

-Nous avons entendu dire qu'un des généraux de la Légion se trouvait dans une ville au Nord. Nous devions passer par ce village pour l'atteindre.

Jensy resta silencieux un instant.

-Mais que comptez-vous faire dans cette ville ?

Ce fut le Spartan à l'armure noire qui répondit.

-C'est logique, pourtant. Éliminer ces Rebelles, trouver le général, le faire parler, puis le faire payer pour ses crimes. Trancha-t-il brutalement.

Jensy s'apprêtait à répliquer quand une voix forte se fit entendre au-dehors.

-Bordel ! Mais c'est le carnaval des armures en ce moment !

Chapitre 5 : Départ

Le vieil homme sortit pour prendre connaissance de la source de l'agitation, suivit des quatre imposants combattants. Trois Spartans habillés de rouge se tenaient à l'entrée Est, armes en main, entourés par une foule dispersée.

L'un d'eux, armé d'un fusil à pompe, se détacha du groupe, s'approchant de la foule, et tira. Dans une gerbe de sang, deux femmes s'écroulèrent la poitrine déchiquetées par la chevrotine.

-Écoutez-moi bien, bande de bouseux ! Cria un des meurtriers qui semblait être le chef de cette escouade. Eridium est tombée, et la Légion en est maître ! Et on veut pas de cul-terreux comme vous sur cette planète !

Un mélange de peur, de sanglots et de colère gronda dans la foule.

-Alors votre beau tuyaux là … Couic ! Fit-il et passant son pouce sous sa gorge.

Alors qu'un grondement d'hommes en colère se faisait entendre parmi les pleurs, un événement inattendu répandit la stupeur sur la petite place comme une traînée de poudre.

Le meneur de l'escouade resta quelques secondes sans comprendre. Ce fut uniquement lorsqu'il sentit le picotement dans son cou qu'il compris, quelques secondes avant de s'effondrer qu'il était mort. Les quatre autres soldats qui formaient son groupe reculèrent de surprise en voyant le Spartan à l'armure noire au milieu de leur groupe, une lame tachée de sang à la main.

Un hurlement de frayeur général s'éleva de la masse humaine qui s'éparpilla rapidement tandis que Jaffar nettoyait le sang de son couteau sur l'avant-bras de son armure. Un des soldat ennemis ne tarda pas à se remettre de sa surprise et colla le canon de son fusil de combat sur la tempe de l'assassin.

Au moment où son doigt entra en contact avec la détente, il fut violemment projeté sur le côté, le crâne percé d'une balle de sniper. Jaffar leva les yeux de sa lame. Knut, fusil de précision à l'épaule, venait de faire mouche, une fois de plus.

Le troisième soldat se rua dans le dos du combattant l'arme levée, mais sa cible se baissa, esquiva son coup de crosse, le fit passer par-dessus son dos et lorsque l'ennemi se retrouvé à terre, il fut accueillit par une rafale de fusil de combat qui lui transperça le crâne.

Restait encore le dernier soldat qui, profitant de l'attaque de son confrère, dégaina et tira sur Jaffar qui tenait son adversaire immobile à terre pendant que Liz l'abattait. La balle quitta le canon en direction du casque de l'assassin, prête à faire mouche.

Elle ricocha. Une lueur jaune électrique parcourut le casque avant de s'éteindre. Et alors que le tireur cherchait à comprendre, il mourut d'un coup de couteau dans le cœur.


Jaffar laissa tomber à terre le corps sans vie de son adversaire et scruta ses deux compagnons.

-Où est Justin ?

-À la porte Ouest, lui répondit Liz. Ces ordures avaient encerclés le camp, et ils ont forcés les habitants à se replier par là. Il devrait avoir finit.

-Quand on parle du loup … annonça Knut.

En effet, le Spartan à l'armure blanche revenait vers le groupe.

Suite à cette impressionnante scène de bataille, les spartans ramassèrent leurs affaires et se dirigèrent vers la sortie Est, sous les regards médusés des villageois. L'un d'eux les interpella.

-Hé ! Où allez-vous ?!

-Vers Eridium. Répondit Liz d'une voix lasse. Les tuer tous. Il y a là-bas quelque chose que nous cherchons. Et nous rétablirons le pipe-line en même temps.

La spartane rassembla ses longs cheveux et les enfila son casque.

-On porte la poisse. Partout où on passe, ils viennent. On ne doit pas rester plus longtemps ici.

Elle se tourna vers Jensy.

-Gardez espoir. Survivez. Si les Légions Révolutionnaires et l'Armée des Libérateurs tombent un jour, vous saurez que nous sommes encore en vie. À l'abri dans sa coquille, la perle est l'esclave des courant. Conclua-t-elle avant de partir avec son groupe disparaître dans les nuages de poussière du désert qui les séparait de leur objectif.

Chapitre 6 : Le calme avant ...

Les gravillons de béton brisé roulèrent sous les pas de l'imposante silhouette qui escaladait les débris d'un ancien tronçon de l'autoroute Nord d'Eridium. Arrivé en haut de la portion de voie effondrée qui se dressait face au désert, reliques de l'ancienne route qui reliait la ville à la capitale, le Spartan plaça sa main en visière et scruta l'horizon.

Son armure rouge aux épaulettes et bottes marrons portait les stigmates de ses vieux combats. Griffures, impacts de balle, sang caillé. Les soldat de la Légion portaient tous cette même armure, mais rares étaient ceux qui jouissait assez longtemps de son enveloppe protectrice pour la voir se dégrader.

La sentinelle fut rapidement rejointe par un de ses compagnons. Les deux soldats regardèrent dans la même direction : l'horizon. Béluga, la géante bleue qui éclairait Nibélehm, était en passe d'apporter sa lumière à l'autre face de la planète. Les larges rideaux de poussière ocre floutaient la courbe d'habitude si nette de ces plaines désertes et stériles.

L'un des Spartans soupira dans son casque.

-On a vraiment plus rien à faire depuis que les Libé ont quittés cette ville.

-Pire. Enchaîna le second. On se fait chier !

-J'en viens à souhaiter une attaque …

Le Spartan reçut un coup de crosse sur le haut du casque, qui fit résonner le son métallique dans son armure.

-Parle pas de malheur. Ça fait 12 ans que la Mort me rate, mais ça pourrait bien me tomber sur le coin de la gueule dans peu de temps.

Son interlocuteur le fixa.

-Et tu me dit de pas parler de malheurs ?! Tu t'écoute ?

-Ouais, ouais …

Le vétéran ôta son casque et laissa la lueur bleue de l'étoile emplir ses pupilles.

-Je sais pas... J'ai comme un pressentiment.



À quelques kilomètres, dans les ruines de l'autoroute Est, une sentinelle de la Légion rampait sous les décombres. Le souffle court, il bondit par-dessus des canalisations éventrées et rétablit son équilibre sur une plaque de bitume. Il marqua une courte pause. Quelques secondes pour reprendre sa course effrénée. Quelques secondes de trop. Un bruit sourd résonna sur les piliers de soutènement de la route, suivit du son d'une balle percutant un mur.

La balle écrasée par sa propre inertie retomba sur le bitume en tintant, accompagnant un cri de douleur. Le soldat, surpris, porta sa main à son épaule ensanglantée et se baissa pour se mettre à couvert derrière les tuyaux. Mais, encore sous le coup de la douleur, il perdit l'équilibre et tomba lourdement au sol.

Le cliquetis d'une sécurité d'automatique qui se levait parvint à ses oreilles, accentuant sa panique. Il leva les yeux vers celui qui se tenait devant lui. Ou plutôt Elle.

-Regardez-moi ça. C'est à genoux à la première balle et ça se permet de créer le chaos dans la galaxie. Pathétique.

Liz pointa son arme sur le tête du légionnaire encore à terre. Derrière elle arrivait le reste de l'équipe.

Le soldat blessé recula, telle une bête blessée, lentement, laissant une traînée sanguinolente derrière lui, jusqu'à ce que son dos ne rencontre un mur. Aucune issue. Le groupe se rapprochait de lui. Ils avaient neutralisés ses trois compagnons, mais ils ne semblaient pas vouloir le tuer.

Le Spartan en armure noire s'agenouilla et se pencha sur sa proie. Le légionnaire voyait à présent la visière du casque de reconnaissance de son bourreau, ses yeux noirs en transparence, et la croix gravée sur la visière par-dessus son œil gauche.

-Qu'est-ce qu'on en fait, à votre avis ? Demanda Jaffar.

-Ce qui était prévu. Répondit Liz.

-Alors je m'en charge.

Jaffar attrapa dans le bas de son dos un de ses couteaux de combat et le pointa sur sa proie pétrifiée de peur. Liz s'agenouilla à ses côtés, laissant Knut et Justin surveiller le périmètre.

-Vous étiez seulement quatre ? Commença Liz en questionnant le légionnaire.

L'intéressé ne répondit pas et était déterminé à ne pas répondre. Plutôt mourir que révéler des informations à ces Spartans errants. Mais ils n'avait toujours pas l'intention de le tuer.

Liz fit un signe de main à Jaffar. Ce dernier répliqua en approchant le couteau de la plaie béante dans l'épaule de sa victime, qui commença à s'affoler.

-Je répète. Continua Liz. C'est tout ce que vous étiez dans la patrouille ?

Le légionnaire ne répondit toujours pas. Mais la pointe du couteau de Jaffar s'approchant dangereusement de sa blessure effrita sa loyauté.

-Ou.. oui ! On était que quatre.

-Vous êtes combien dans cette ville ? Continua Liz, l'air satisfait.

-Je ne sais pas exactement. Mille environ.

-Où est votre QG ?

Le Spartan déglutit. Cette information tenait du secret absolu pour sa section. Il prit le risque de ne pas répondre.

Liz soupira et fit de nouveau un signe de main vers Jaffar. L'intéressé leva le couteau, pointa la lame vers le bas, et l'abattit sur l'épaule déjà meurtrie de l'interrogé. Celui-ci retint un hurlement de douleur pendant que Jaffar extrayait lentement la lame de la chair de son épaule. Fibre nerveuse après fibre nerveuse, son épaule semblait prête à exploser.

Quand la lame fut sortie, Liz renchérit.

-Alors ?

-Non. Je préfère encore me faire tuer ici plutôt que par le chef. Cracha le légionnaire.

-Pas de soucis. Répondit Liz.

Jaffar pointa cette-fois-ci le couteau encore couvert du sang tiède de sa précédente scarification sur le buste du soldat, puis avança brusquement la lame, pénétrant l'armure et la peau du soldat, et plantant le bout de sa lame dans la partie osseuse du sternum. Le cerveau du soldat le sommait de réagir, mais son corps ne voulait pas bouger. Il était comme obligé de supporter sa torture sans pouvoir rien faire, alors qu'il n'avait même pas les poings liés.

Jaffar poussa plus loin, lentement. C'est quand la pointe eu finit de percer l'os que le torturé céda.

Poussant un cri, il supplia son bourreau d'arrêter. Liz pressa Jaffar de retirer sa lame.

-L'hôtel Weta, dans le centre-ville sur la deuxième avenue... C'est là qu'on est basés. Révéla finalement le légionnaire, à bout de souffle.

Les deux Spartans se redressèrent. Ils avaient leur information. Le légionnaire leva les yeux vers ses bourreaux.

-Je peux... partir ?

Liz leva le bras en direction de Knut. Ce dernier tira une balle de son fusil de sniper dans la tête du soldat sans sommation.

Leur travail dans cette ville n'était pas terminé. Laissant le cadavre encore chaud se vider lentement de son sang dans les ruines, le groupe prit la direction du centre-ville, le regard tourné vers l'avenir, voulant oublier le passé.

Chapitre 7 : Marche en aveugle

En deux jours, Eridium venait de subir plusieurs terribles évènements. Les bruits des armes avaient retentis le matin du premier jour, puis s'étaient tus à midi. Maintenant, à midi du deuxième jour, trois tirs de fusil de précision venaient de résonner sur les façades inertes des immeubles abandonnés.

Le crâne d'une troisième sentinelle venait d'être percé d'une balle. Depuis leur entrée en ville et leur séance d'interrogatoire, Knut avait abattu quatre Légionnaires. Le reste du groupe se contentait de suivre Liz, qui guidait ses compagnons parmi les ruines, tandis que les yeux de Knut et son fusil s'occupaient de lui ouvrir précautionneusement la voie.

Deuxième avenue du centre-ville, hôtel Weta. C'était l'information que leur avait fournit le légionnaire juste avant qu'il ne pousse son dernier soupir. Restait à savoir si cette information était exacte. Il aurait tout aussi bien pu les pousser vers un piège. Mais c'était leur seule piste, dans une ville de 7 kilomètres de diamètre. À l'aveuglette, c'était comme chercher une aiguille dans une botte de foin.

Quelques heures de marche éprouvante dans les débris de route et d'immeubles effondrés, et quelques morts, aussi, et le regard du groupe se leva.

"Centre-ville", indiquait le panneau de signalisation qui tenait toujours, accroché par son dernier rivet à un poteau de métal tordu.

-Les choses sérieuses commencent... Prévint Liz en montrant ce qui s'étendait devant eux. On a une large avenue droit devant...

-Le genre d'endroits dégagé où on poste des snipers. Continua Knut.

Marcher à découvert était suicidaire. C'était le cas partout dans cette galaxie, maintenant que la guerre civile y avait éclatée. Knut repéra une porte de service sur un des immeubles encore debout qui côtoyaient l'avenue. C'était leur porte d'entrée vers un lieu couvert, mais peu pratique pour se déplacer.

Liz relativisa. Si Julien avait été là, il aurait sûrement dit : "Ça fait partie de la mission". Et ils seraient entrés courageusement dans l'immeuble. Mais le sentiment général était plus las qu'enthousiaste. Ils avaient vus trop de chose pour prendre encore ça comme un jeu ou un simple devoir.

Jaffar s'engagea en premier dans l'immeuble. La porte menait à un escalier de secours qui montait sûrement le long de l'immeuble, en desservant chaque étage. Le problème était de savoir si ils pourraient se déplacer d'un immeuble à l'autre jusqu'à l'hôtel. Mais ils avaient l'habitude : ils avaient servis sous le nom d'escouade Flash, ils aimaient le risque procuré par l'incertitude, autrefois. Il devait bien rester une réminiscence de ce sentiment quelque part au fond d'eux. Alors ils s'engagèrent dans l'escalier, cernés par le béton froid et gris.

Ils montèrent ainsi plusieurs étages, et à chaque palier, ils rencontraient une porte verrouillée. Au bout de la sixième porte, Jaffar s'indigna.

-C'est pas vrai ! On va monter jusqu'au toit pour trouver une porte verrouillée ? Il faut qu'on en force une.

-Pas question de faire du bruit. Répliqua Knut. Si on se fait repérer, on aura presque mille légionnaires sur le dos.

Jaffar s'apprêtait à répliquer en haussant le ton quand un léger bruit électronique se fit entendre, captant l'attention du groupe. Le voyant rouge de la porte clignota lentement, puis passa au vert. L'étrange événement fit oublier aux deux spartans leur querelle, et Liz s'approcha lentement de la porte. Un ennemi les avait peut-être entendu et leur tendait un piège. Elle ouvrit la porte d'un coup de pied et se rua à l'intérieur fusil d'assaut en avant, afin de surprendre celui qui voudrait leur tendre une embuscade. Mais rien.

Le couloir tapissé d'une moquette poussiéreuse était désespérément vide. Le reste du groupe rejoignit leur éclaireur. La même question se posait : pourquoi la porte s'était-elle ouverte d'elle-même ? Jugeant qu'ils n'avaient pas le temps de se poser la question, le groupe avança dans les couloirs plongés dans le noir, leur vision augmentée ne les aidant que partiellement à se repérer dans cet endroit étroit. Après avoir marché quelques mètres, le spartans se trouvèrent face à une intersection, leur première grosse difficulté. Ils voulaient en finir le plus vite possible, mais ils ne savaient pas où aller.

Une flèche indiquant l'itinéraire d'évacuation d'urgence s'illumina en grésillant sur le plafond du couloir de droite, répandant une lumière rougeâtre dans le couloir sombre.

-C'est trop étrange... Lâcha Justin.

Le groupe était totalement désemparé. Tout ce qui leur arrivait était si étrange, et semblait les guider inexorablement, profitant de leur égarement. N'importe qui aurait rebroussé chemin, flairant le piège et la manipulation. Mais la curiosité étant une constante dans le groupe. Encore plus exacerbé chez Liz, qui pointa son arme dans le couloir et leva la main ouverte, avant de serrer le poing.

"Couvrez-moi, tirs de soutien"

Liz en tête, les quatre Spartans avancèrent dans le bâtiment. Sur leur chemin, les flèches s'allumaient une à une, les guidant à chaque intersection vers une destination encore inconnue. Les radars sur les affichage tête haute des soldats restaient désespérément calmes. Après plusieurs intersection, un escalier descendant se présenta à eux. Maintenant, la curiosité de chacun était piquée au vif, et tout les membres du groupe savaient qu'ils ne se pardonneraient pas d'avoir vérifié ce qu'il y avait au bout de ces flèches rouges qui s'allumaient en grésillant à chaque section de couloir. L'escalier en colimaçon s'enfonçait profondément dans les fondations de l'immeuble. Mais il était différent de l'escalier emprunté à l'aller. Il était plus étroit, et en regardant par-dessus la rambarde, on apercevait pas le fond de la cage d'escalier. Alors les Spartans descendaient dans le noir mordant, plongeant vers l'inconnu, suivant ces flèches rouges, leur seule source de lumière et guide dans cet endroit inquiétant. Mais cette situation ne déplaisait pas aux Spartans. Au contraire, cette plongée dans des profondeur insondables éveillaient en eux des sensations refoulés, oubliés.

L'excitation, l'adrénaline, le goût du risque. Depuis longtemps oubliés dans ce combat et cette existence âpre qu'ils vivaient depuis la chute de l'Ordre.

Pour la première fois depuis longtemps, le groupe se sentait vivant. Pas individuellement. Ils sentaient, ensemble, que cet endroit peu accueillant était sûrement un de ceux qui pouvait réveiller la flamme étouffée de l'équipe Flash.

Chapitre 8 : Addax

Les marches de l'escalier cessèrent finalement de se succéder. Brusquement, elles s'arrêtèrent sur un étroit palier. Une lampe rectangulaire brillait d'une lueur rouge intermittente au-dessus de la porte de fer à la peinture écaillée qui se présentait du groupe. Les flèches s'étaient éteintes derrière eux. Liz rengaina son arme et poussa sur la poignée.

Une odeur d'air tiède et renfermé se fit sentir. La salle devant eux était toute en longueur. Sur les murs s'étendaient des centaines d'appareils informatiques dont les voyants verts et rouges semblaient impassibles, seules sources de lumière dans la pièce. Le ronronnement calme et doux des ventilateurs emplissaient l'air renouvelé. Au fond de ce qui était plutôt un couloir clignotait le seul voyant bleu de la pièce. Liz tendit sa main devant elle. Justin passa devant, arme au poing. Chacun de ses pas soulevait un nuage de poussière ocre qui retombait lentement d'où il était venu. Arrivé devant le mur du fond, Justin signala d'un geste que tout semblait en ordre.

Le groupe le rejoignit près du voyant bleu. De près, on distinguait qu'il représentait un carré bleu, dans lequel se dessinaient deux yeux en forme de croix noires.

-Le Surintendant ? Murmura Liz.

Soudain, un son sortit de l'ordinateur. Une série de bips informatiques résonna dans le couloir. Deux sons qui se suivaient selon un schéma irrégulier se répercutaient, inlassables, dans la cage d'escalier plongée dans les ténèbres. Au bout d'une minute d'écoute silencieuse, sur leurs gardes, Jaffar lança une communication sur le canal d'équipe.

-C'est du binaire. J'ai de quoi transcrire ça, je vous le met sur vos écrans.

À chaque série de sons, des lettres commencèrent à apparaître, formant bientôt des mots.

-Intrusion non autorisée détectée... Système de sécurité défectueux... Intrusion non autorisée détectée... Système de sécurité défectueux...

-Je crois qu'on va avoir du mal à communiquer... Lâcha Knut. La tonalité des sons changea.

-Image caméra. Analyse... Signatures non connues. Activation des protocoles de communication.

-J'ai rien dis. Se rattrapa la sniper qui sentait les regards tournés vers lui.

Une voix synthétique sortit d'une enceinte disposée dans un angle du plafond.

-Veuillez vous identifier, s'il vous plaît.

-19105-64818-EL - S. Récita Liz par réflexe. Elle se rendit vite compte à quel point cette habitude était devenue stupide, maintenant. Ces numéros d'identification de l'UNSC ne représentaient plus rien en ces temps d'anarchie.

-Identification acceptée.

Les membres du groupe échangèrent un regard. Ils avaient peine à croire ce qu'ils venaient d'entendre.

-En vertu des protocoles d'urgence de l'UNSC, je me tiens à votre disposition, Spartan-265.

Cela faisait maintenant des années que les initiales UNSC n'avaient plus été prononcées en présence des Spartans. Ils étaient presque contents que ce Superintendant soit assez vieux pour avoir gardé de vieux protocoles d'identification, et assez chanceux pour ne pas avoir été reprogrammé en chien de garde par la Légion.

-Comment se fait-il que vous soyez toujours actif ? Demanda Liz à voix haute, supposant qu'un micro devait se trouver quelque part dans la pièce.

-Mon circuit principal se trouve dans la première avenue, au bâtiment 36. Son intégrité structurelle n'est plus qu'à 3%. Les circuits auxiliaires comme celui qui est actuellement en service ont donc prit le relai pour les tâches de maintenance, conformément aux protocole 05-695-536.

-Tu as un plan de la ville ? Demanda Jaffar, devançant Liz.

-Recherche dans les bases de données auxiliaires... Fichier trouvé : Eridium_Map_2556. Confirmez-vous le téléchargement ?

La date était depuis longtemps dépassée, et la carte serait de toute façon obsolète, mais c'était tout ce qu'ils avaient sous la main. N'ayant d'autres choix, Jaffar confirma. Le plan s'afficha en taille réduite sur les écrans tête haute des Spartans.

-Autre chose d'important ? Demanda Liz.

-Veillez définir le terme "important".

Knut succéda au soupir de Liz.

-Historique des fichiers.

Une liste s'afficha. Les plus anciens fichiers dataient de 2518, date de découverte de la colonie. Mais la plupart étaient marqués comme corrompus. Seuls ceux datant d'après 2609 étaient accessibles. Le groupe se concerta sur ce qu'ils devaient garder. Ils s'emparèrent donc des enregistrement des caméras, et de plusieurs rapports de capteurs signalant des anomalies, ignorant les relevés météo et les messages de propreté publique.

Quand ils eurent fini le transfert des fichiers, alors qu'ils tournaient les talons, Liz hésita un instant.

-Superintendant ?

-Mon identifiant est Addax.

-Addax... Mise en place du protocole SPECCONDITION/INTENDANT/05.

-Attention. La mise en place du protocole SPECCONDITION/INTENDANT/05 aboutira à la suppression complète des bases de données de la ville et à celle de l'Intendant. Toute mise en place de ce protocole en dehors des conditions énoncées dans le protocole SPECCONDITION/INTENDANT/CONDITIONS est passible de prison à perpétuité et à 5 millions de crédits d'amende, et à la peine capitale en temps de guerre. Confirmez-vous la mise en place du protocole ?

-Mise en place.

-Protocole activé. *sigh*

La lumière bleue sur l'ordinateur vacilla, puis s'éteignit, remplacée par l'inscription :

//OFFLINE//

Le groupe remonta les escaliers, torches allumées. Justin rejoignit Liz.

-C'était nécessaire ? Demanda-t-il.

-Oui. On ne prend... pas de risques.

Justin se tut quelques secondes.

-Oui... Sûrement.

Retournés de l'étages d'où ils venaient, l'équipe consulta la carte de la ville. Il y avait des bâtiments qui longeaient l'avenue jusqu'à l'hôtel Weta. Et celui-ci se trouvait dans l'angle d'une rue, là où se rejoignaient les trois grandes avenues de la ville. Un point central impossible à atteindre sans passer par un champ de tir désert sous les balles des snipers. Normalement.

Il suffirait ici aux Spartans de passer d'un bâtiment à l'autre pour atteindre le centre directement, et à traverser la rue pour atteindre l'entrée du Weta. Cinq mètres durant lesquels leur probabilité de mort monterait directement en flèche.

Ils suivirent donc le plan, débouchant dans des appartements vides, aux meubles renversés, pour passer à travers les fenêtres et atterrir dans le bâtiment suivant en un saut au-dessus d'une ruelle. Un parcours de santé. Au bout du troisième bâtiment, ils croisèrent un des snipers ennemis au détour d'un couloir. Mais celui-ci leur tournait le dos, occupé à scruter l'avenue à travers le viseur.

Pendant leur traversée, l'équipe regardait les vidéos des caméras de surveillance. Les quelques caméras encore en marche montraient les rondes des gardes, précieux renseignement.

Alors qu'ils se trouvaient dans le dernier bâtiment, la liste des vidéos lança le dernier enregistrement. Mais au lieu du calme sonore habituel qui accompagnait des enregistrements où seuls marchaient des groupes de quelques soldats, des cris de foule retentirent dans les oreilles des Spartans surpris, et bientôt horrifiés. La vidéo datait du 15 Juin 2609, date où la ville fut prise d'assaut par les Légions. La foule fuyait hors de la ville, les balles retentissaient, les explosions transperçaient les tympans dans un vacarme tourbillonnant qui embrouillait les sens. Les images montraient les guerriers à l'armure rouge sang, tuant les soldats à mains nues, faisait sauter des immeubles pour se frayer un chemin jusqu'au centre-ville. Les Spartan tiraient sur la foule, hommes, femmes, enfants, vieillards.

Knut ralentit le pas, puis s'arrêta. Il s'adossa au mur du couloir et se laissa tomber à terre, les mains sur la tête, recroquevillé. Ses sanglots accompagnaient les cris des civils sur le canal de l'équipe, arrêtée dans le couloir sombre. Liz aussi pleurait, en silence.

Sur l'écran, une caméra se fixa sur un soldat en particulier. Son armure était plus sophistiquée, sa présence plus imposante. Tenant à la main, un drapeau de la Légion, il le planta au sommet d'un immeuble effondré, sur une hauteur, ses paroles résonnant dans la ville, couvrant les bruits de l'horreur.

-Saladin... SALADIN !!!!!

Chapitre 9 : Assaut sur Weta

Liz jeta un œil par la fenêtre du deuxième étage. Le groupe était arrivé au coin du bâtiment qui formait le carrefour des trois rues principales de la ville. En lettres illuminées par des lampes au néon colorées, sur le bâtiment en face d'eux, s'inscrivait le nom Weta Hotel.

Trois gardes armés se tenaient devant la porte en verre à double battant. L'un d'entre eux avait ôté son casque et grillait une cigarette, adossé au porche, tandis que les deux autres, sur leurs gardes, surveillaient les environs. Dans les bâtiments, à travers les vitres légèrement teintées, il y avait du mouvement. Des gardes faisaient des allers et retours réguliers. Un grand poing rouge avait été peint à la bombe par-dessus l'enseigne de l'hôtel de luxe. Si ça ce n'était pas un quartier général.

Liz s'accroupit de nouveaux sous la fenêtre. Le reste du groupe faisait de même, Jaffar ayant jeté dans un coin le corps sans vie du sniper qui occupait la place de Liz quelques minutes auparavant. Tous jetaient des regards furtifs et inquiets vers Knut. Son état s'était stabilisé depuis, mais le groupe préférait tout de même garder un œil sur lui. Au fond d'eux, ils savaient que pour lui, à la tristesse et au désespoir succédait toujours le courage. C'était pareil pour chacun, dans une certaine mesure, et plus dure était la plongée dans les abysses ténébreuses des sentiments de désespoirs, plus forte était leur détermination.

Liz leur présenta la situation en dessinant succinctement avec son doigt le plan du terrain dans la poussière qui couvrait le parquet. Sur le TEAMCOM, ils se mirent d'accord sur la marche à suivre. Lorsque tous furent prêts, ils se relevèrent et dégainèrent leurs armes. Le cliquetis du métal résonnait à leurs oreilles comme les prémices du combat. Alors qu'ils commençaient à se retourner vers leur objectif, Knut tendit son bras, main à plat en centre du cercle de spartans. Les autres regardèrent ce signe, las. Le symbole de l'unité de l'équipe. Ils ne l'avaient plus effectués depuis longtemps, depuis la mort de leur chef.

Knut ferma brusquement la main en la ramenant à lui. Il avait l'air confus d'avoir fait ce geste. Liz tendit la main à son tour.

Les autres membres hésitèrent, et chacun posa sa main sur celle des autres. Les quatre spartans ne bougèrent pas pendant quelques secondes, comme si aucun d'entre eux ne souhaitait briser cet instant.

-Nous formons toujours une équipe... Dis Liz d'un ton qui se voulait rassurant. Les autres membres de l'équipe acquiescèrent, mais le manque de conviction se lisait dans leurs mouvements.


Le garde jeta sa cigarette consumée jusqu'au filtre sur la route couverte de gravillons. Il regarda le ciel et s'apprêtait à remettre son casque quand il vit quelque chose luire dans le ciel. Intrigué, il plissa les yeux pour mieux distinguer cette chose qui passait devant le soleil, et quand l'objet en question rebondit à terre, ses réflexes ne lui permirent que de crier.

-Grenade !

Le porche fut instantanément enveloppé dans un tonnerre de flammes et de morceaux de métal qui ricochaient contre les murs de béton, déchiquetant les armures des légionnaires comme du carton, et les tuant sur le coup.

-Go !

Les quatre spartans embusqués sautèrent un à un par la fenêtre. Dès qu'ils touchaient le sol bitumeux qui s'affaissait sous le choc, ils plongeaient dans le nuage de poussière créé par leurs explosifs. Ils sentirent des balles transpercer l'air autour d'eux, suivant des trajectoires anarchiques. Les snipers tiraient malgré le manque de visibilité. Pour le moment tout allait comme il fallait.

Justin asséna un violent coup de pied dans les portes, qui s'arrachèrent de leurs gonds et frappèrent lourdement le sol. Le groupe fit irruption dans le hall. Ce dernier était une autre conception de la classe : tapis rouges, tentures, tables en marbre, comptoir en acajou. À la place des verres et des ornements, des armes et des munitions, et à la place du comité d'accueil, six légionnaires médusés qui assistaient abasourdis à l'irruption des quatre intrus dans un fracas assourdissant.

Instantanément, l'un d'eux fut criblé de balles, et les autres ripostèrent par un tir de barrage qui emplit l'air chargé de poussière de métal.

Liz et Justin bondirent vers des fauteuils à droite tandis que Jaffar et Knut effectuèrent deux larges enjambées vers le bar, et renversèrent deux tables pour s'en servir de couverture. Ils patientèrent tous quelques secondes, et le barrage se tut. Les chargeurs étaient vides. Un signal clignota sur les ATH de l'équipe et tous firent feu sur les bleusailles qui rechargeaient. En quelques instants, la salle fut couverte de sang, et l'équipe fonça dans un des couloirs qui se présentaient à eux.

Les soldats qu'ils venaient d'affronter étaient des débutants. Commencer un tir de barrage tous en même temps, sans alterner les tireurs pour ne pas ralentir le rythme lors du rechargement, c'était la mort certaines, surtout que cela les avait empêchés de se mettre efficacement à couvert. La première vague ne leur avait pas posée de problèmes, mais le pire restait sûrement à venir. Il ne pouvait pas y avoir que de la bleusaille, pas alors qu'une bataille contre les libérateurs avait eu lieue.

Le groupe courait dans le couloir, quand leurs radars détectèrent plusieurs présences dans un couloir adjacent. Ils allaient rencontrer d'autres ennemis. Liz envoya un signal à l'équipe et ouvrit une porte de chambre, brisant la serrure d'une main. L'équipe se réfugia dans la chambre : Knut sauta par-dessus le lit et posa son fusil de précision de façon à aligner tout soldat voulant entrer, Liz se mit à couvert derrière un large fauteuil de cuir, tandis que Jaffar et Justin encadrèrent la porte fermée. L'équipe retint son souffle quand les contacts ennemis se rapprochèrent. Les pas pressants se firent entendre dans le couloir. Une dizaine d'hommes, qui passèrent sans remarquer la porte endommagée. Lorsque leurs poursuivants furent assez éloignés, l'équipe sortit rapidement de la chambre, Jaffar prenant soin de lancer une grenade vers le groupe de soldats.

Quand l'équipe tourna à l'angle pour emprunter des escaliers, une détonation accompagnée de cris se fit entendre dans le couloir. Ils grimpèrent les marches quatre à quatre, suivant la large cage de cet interminable escalier. En haut de ceux-ci, deux soldats apparurent. Liz tira une balle dans la tête d'un des deux tandis que Jaffar dégainait ses pistolets et criblait son adversaire de balles. Ce dernier s'effondra, mais une grenade dégoupillée accompagna son cadavre quand il tomba lourdement sur le sol. Le groupe s'arrêta net.

-À terre !

La grenade explosa, et un terrible grincement se fit entendre. Le haut des escaliers s'effondra, coupant la route du groupe. Ils rebroussèrent chemin, contraints d'emprunter la voie d'où venait la précédente vague d'ennemis. En courant le long du couloir, Justin activa les options de communication de son casque.

-Je capte leurs transmissions. C'est un peu le bordel sur leurs lignes. Les meneurs donnent des ordres contradictoires. Ils sont aussi surpris que prévu. Communiqua-t-il au reste de l'équipe sur le TEAMCOM.

-On va où maintenant ? Demanda Jaffar.

-En haut. Le chef de cette section doit sûrement se trouver dans les étages supérieurs. Dit Liz.

Ils croisèrent un nouvel escalier qu'ils empruntèrent, mais ne rencontrèrent cette fois pas de résistance.

Maintenant au premier étage, les choses sérieuses allaient commencer.

Chapitre 10 : Les choses sérieuses

Justin, accroupit, dos contre le mur, empoigna sa dernière grenade et passa l'index dans l'anneau. Il tourna la tête vers Liz, qui opina. Il tira sur la goupille, compta deux secondes, passa sa main dans le couloir et jeta l'explosif depuis l'angle. Des cris d'exclamation, la panique, une explosion. L'effet typique d'une grenade.Tout se passait normalement.

Liz se leva et surgit de l'angle du couloir, son arme crachant ses balles sur les deux soldats survivants, qui ne le restèrent pas longtemps. Elle fit signe aux autres de venir et ils bondirent par-dessus les cadavres pour continuer le long du couloir.

Knut jeta un œil par la fenêtre du quatrième étage. Les légionnaires commençaient à rappliquer dans les rues. Ils avaient progressé vite, mais leurs ennemis n'avaient pas non plus perdus de temps pour appeler des renforts. Une vitre explosa, traversée par une balle de sniper. Les spartans se baissèrent, marchant accroupis sous les fenêtres, les balles fusant rageusement au-dessus de leurs têtes. Arrivés au bout du couloir, Justin enfonça la porte d'un coup de pied, Knut dégaina et tira à travers la fenêtre, touchant à l'épaule le sniper qui les avait suivis.

Le groupe progressait rapidement dans l'immeuble depuis une dizaine de minutes, abattant un par les groupes qui se dressaient contre eux. Aucun ne leur avait donné du fil à retordre, tous étaient des débutants. Ils couraient dans les couloirs tapissés, et avalaient les étages à une vitesse qu'aucun ennemi n'avait prévu. Jaffar avait prit la tête du groupe. Il tourna brusquement au bout d'un couloir, suivant le plan d'Adax jusqu'à ce qui semblait être la salle où se trouverait leur cible, au sixième étage. Le spartan en armure noire se retrouva nez-à-nez avec deux soldats, qui semblaient un peu perdus.

En quelques secondes, il avait tiré son couteau, avait porté deux coups dans le torse du premier soldat, lui transperçant les poumons et régurgiter du sang à l'intérieur de son casque, avait transpercé le bras gauche du deuxième l'empêchant de tirer, l'avait retourné d'un coup de poing de revers, et lui avait planté le couteau entre les omoplates. Sans plus de cérémonies, les spartans se remirent en route. Le prochain escalier se dressait devant eux. Ils entamèrent leur montée, mais se rendirent rapidement compte d'un problème : une barricade formée de tables et de chaises les attendait en haut. Quatre soldats, menés par un autre plus gradés ouvrirent le feu. Les balles ricochèrent sur les boucliers énergétiques des Mark VIII, faisant scintiller l'air autour d'eux. Les légionnaires semblaient surpris, mais continuaient de tirer. Liz et Jaffar ripostèrent, forçant deux des tireurs à se mettre à couvert, Knut mit son arme en joue et plaça une balle dans la tête d'un troisième. Encore un soldat tirait sur Justin. Son bouclier faiblissait, mais le spartan blanc, contre toute attente, se jeta vers l'avant, montant les marches de cinq en cinq, vers l'abri ennemi ne s'attendant visiblement pas à voir une telle masse destructrice courir vers eux à une vitesse folle, les soldats, dont l'un était revenu en position de tir, ne pensèrent pas à jeter de grenades et continuaient à épuiser leurs munitions. Sur le TACTEAM, les autres voyaient sont indicateur de bouclier baisser de plus en plus vite. Mais Justin avait décidé de continuer.

Son indicateur arbora une teinte bleutée fluorescente, son bouclier s'illumina de toute part et l'indicateur freina la descente de sa jauge. En cinq grandes enjambées, il était en haut des escaliers, ses ennemis médusés continuaient de tirer, alors que la terrifiante cible se trouvait à un mètre d'eux. Il plia les jambes, terminant son sprint, et bondit par-dessus la barricade, se saisissant du fusil d'un des assaillants en plein vol, avant de vider les dernières balles du chargeur dans le dos du propriétaire de l'arme. Il atterrit, ramassé sur ses jambes, et jeta l'arme vide au commandant ennemi. Ce dernier se protégea le visage avec les main, déviant le projectile, mais négligeant de protéger son torse, qui fut frappé par un poing d'un puissance titanesque. Le plastron de son armure vola en éclat, ses os se brisant sous le choc, et son corps sans vie fut projeta sur un des deux derniers soldats.

Le bouclier de Justin se coupa violemment, l'alarme rouge clignotant sur son affichage. Son dernier adversaire pouvant tirer s'apprêtant à appuyer sur la gâchette. Mais une rafale traversa sa tête, l'arrêtant dans son geste. Liz laissa tomber un chargeur, et le reste du groupe monta les escaliers. Une fois les quatre spartans en haut, ils laissèrent tomber la pression, et récupérèrent les munitions des légionnaires. Justin restait debout, consultant son ATH.

-Tu l'as déchargée ? Demanda Liz.

-Non. Il me reste encore un peu de puissance dans la batterie auxiliaire. Pas assez pour faire ça une deuxième fois. Répondit Justin.

Les spartans se relevèrent, les armes chargées. Jaffar avait récupéré un couteau supplémentaire.

Ils commencèrent à avancer vers le fond du couloir, mais avant de tourner à l'angle, Jaffar prit le couteau par la pointe et le lança d'un coup sec, celui-ci allant se ficher dans le crâne du dernier soldat, qui faisait le mort sous le cadavre de son commandant.



En ville, l'escouade de reconnaissance Bêta reçut une transmission prioritaire.

"Bêta, retour immédiat vers la base ! C'est le bordel, ici, nos gars se font éliminer un par un !"

Le chef d'escouade renvoya son signal positif et fit signe à ses hommes de laisser en place le cadavre du légionnaire, apparemment torturé. Il n'aimait pas ça. D'abord un des leurs retrouvé mort, et maintenant cette attaque surprise de la base. Tout devenait compliqué d'un coup. Il fit signe à l'escouade d'avancer mais ne pressa pas le pas. Un de ses hommes le rejoignit en tête de file.

-Commandant, on ne devrait pas aller à la base le plus vite possible ?

Le gradé lui jeta un regard neutre.

-Pour quoi faire ? Ils ont peut-être réussit à passer les premiers gardes, mais ils feront une autre tête face à Crusher.





-C'est quoi ce type bizarre ?

Knut faisait référence au soldat qui leur barrait la route. D'après le plan, il leur suffisait d'arriver au bout du couloir, de tourner à gauche et de prendre la première porte pour entrer dans la salle la plus grande de l'hôtel, et donc probablement là où se trouvait le chef de la section. Mais l'homme qui leur barrait la route n'allait sûrement pas leur faciliter la tâche.

Il arborait une armure rouge et marron, typique de la Légion, à laquelle il manquait les protections des bras, laissant voir des muscles saillants. Il portait un casque de type EOD, un modèle peu courant, auquel on avait retiré les respirateurs. Son apparence agressive était magnifiée par ce qu'il tenait en main : une arme massive qu'il portait à deux mains. Un tuyau flexible cerclé de métal la reliait à un réservoir, apparemment blindé, que le soldat massif portait attaché à son dos par un harnais noir. L'arme en elle-même laissait apparaître de complexes mécanismes, mais en particulier un bec droit, protégé par deux plaques de métal latérales, au bout duquel brillait une petite flamme.

Sur les deux protections et sur le plastron du soldat étaient inscrits en lettres noires écrites rageusement au marqueur épais : BRUN !!!

Ce qui suscitait l'incompréhension dans l'équipe. Liz émergea de sa stupeur devant ce soldat, qui paraissait au final plus grotesque qu'effrayant.

-C'est pas un M7057, ça ?

-Un quoi ? Demanda Jaffar.

Le couloir s'emplit d'une chaleur insupportable quand le bec projeta sur la flamme au pyrosène de minuscules gouttes de carburant, provoquant une gigantesque flamme qui brûla les tapisseries du couloir. Le groupe fit marche arrière et les spartans se placèrent des deux côtés du couloir transversal.

-Un lance-flamme. Répondit Liz.

-Ah, ben j'ai compris, alors. Fit Knut.

Le groupe le regarda sans comprendre.

-Il s'est gouré dans ses lettres. Il a inversé U et R. Brun, Burn, vous saisissez ?

Un silence plana sur le TEAMCOM. Jaffar le troubla.

-On peut pas perdre contre une buse pareille...

Chapitre 11 : Du feu de Dieu

Le flots de pyrosène enflammé se tut quelques instants, que l'équipe se plut à combler rapidement. D'un seul geste, les quatre spartans surgirent des angles du couloir dans lesquels ils s'étaient réfugiés et ouvrirent une véritable marées de balles de tout les calibres, qui emplirent le couloir où l'odeur âcre du combustible flottait encore, imprégnant les bouts de tapisseries brûlées.

En quelques instants, l'armure du soldat tinta du bruit des innombrables balles qui la touchaient. La salve meurtrière n'avait pas encore atteint leur cible que les chargeurs tombaient déjà, le choc amorti par la moquette roussie produisant un son calfeutré inaudible dans le vacarme des balles fusant à une vitesse proche de mach 1. Le signal de Liz clignota sur les ATH de l'équipe, qui cessa le feu. À l'autre bout du couloir, le soldat avait à peine bougé.

L'armure encore fumante des impacts des balles, le soldat avança d'un pas qui fit trembler le sol en parquet, marquant encore plus le fait qu'il ait parfaitement résisté aux tirs, et qu'il semblait n'avoir encaissé aucun retour de choc.

-À couvert !

Les spartans roulèrent derrière les murs au moment où la flamme noya de nouveau le couloir de sa chaleur meurtrière. Liz, accroupie au bord de l'angle, put sentir la chaleur de l'extérieur avant que la couche cristalline de sa combinaison ne se cristallise automatiquement sous les impulsions des capteurs thermiques sentant le danger. Derrière elle, debout, se tenait Justin. En face d'eux, dans la même configuration, Jaffar et Knut soufflaient après cette attaque éclair durant laquelle ils avaient tous retenus leur souffle.

-Il m'a l'air bien blindé, celui-là. Commenta Knut.

-On peut lui envoyer plus lourd que ça ? Demanda Liz en se tournant vers Justin.

Il hocha la tête négativement, tout en empoignant son lance-roquette, bien moins imposant lorsqu'il était vide de munitions. Ils allaient devoir trouver une solution. Dans le coin du couloir, les pas lourds du soldats s'approchaient. Chacun savait qu'ils ne tiendraient pas longtemps si cette machine de guerre les rejoignaient. Mais il paraît que la cavalerie arrive toujours à temps.

À ce moment, ce n'était pas exactement le cavalerie qui arrivait, mais une troupe de soldats ennemis. Menés par un légionnaire arborant un casque d'un modèle différent des autres, un petit groupe de 5 soldats surgit derrière Liz et Justin.

Rapide, Knut leva son fusil et tira une balle qui traversa le casque de l'officier avant qu'il ne puisse donner un ordre. Les soldats sous son autorité hésitèrent un instant, puis tirèrent. Liz et Justin roulèrent de l'autre côté du couloir pour éviter les cinq rafales qui les visaient. Knut activa le TEAMCOM.

-J'ai une idée... Éliminez-les. Je vous dirais après.

Les salves reprirent. L'une d'elle percuta les boucliers de Liz qui scintillèrent, deux autres ceux de Justin. Liz leva son arme et toucha à l'épaule un des tireurs, l'empêchant d'utiliser son arme. Justin se leva brusquement et sprinta vers le groupe, soutenu par Liz qui continuait de tirer. Lorsque le spartan massif arriva près des soldats, deux d'entre eux étaient tombés, et un troisième avait une balle fichée dans le bras droit. D'un geste vif, le tranchant de la main de Justin percuta le cou d'un des soldat, lui brisant nettes trois cervicales. Pendant ce temps, deux autres soldats étaient tombés sous les tirs de Liz et de Knut. De son immense empan, Justin empoigna le casque du dernier soldat, et projeta sa tête contre le mur proche. Le panneau en bois d'acajou vola en morceaux sous le choc, comme la visière du soldat dont le cartilage nasal s'enfonça dans le lobe frontal de son cerveau sous le choc.

Alors qu'il se retournait, Justin aperçu les trois autres membres de l'équipe qui le rejoignaient. Knut ouvrit le canal de communication.

-Ok, voilà ce qu'on va faire.

-

Crusher atteignit le bout du couloir. Ses tympans usés avaient entendus des bruits suspects, des tirs. Relevant son arme, il franchit l'intersection, tourna la tête à gauche, sans rien voir, puis à droite. Il repéra les quatre ennemis, en train de s'affairer au fond du couloir, sur les corps de camarades morts. Le soldat grogna et jeta un œil sur son réservoir de pyrosène : il y avait encore de quoi faire partir deux étages en fumée. Largement de quoi éliminer quelques importuns. Il tourna son arme vers ses ennemis au fond du couloir, prêt à sentir la chaleur.

-

La flamme jaillit de la lourde arme. Le plan de Knut entra en action, et tous espéraient qu'il allait marcher. Il était impossible de passer avec les flammes qui emplissaient l'intégralité du couloir relativement étroit. Il fallait vraiment que le plan marche.

-

Maintenir le levier de déclenchement de son lance-flamme activé était, avec la sensation des flammes à plus de 800°C près de sa peau, ce qu'il aimait le plus. Pyromane dans l'âme. Mais quelque chose allait gâcher son plaisir. Il décela, à travers l'odeur de combustion, celle de la chair brûlée, avant de voir surgir des flammes le cadavre calciné d'un légionnaire. Surpris, il relâcha le levier et leva son arme pour éviter de recevoir le corps enflammé. Il aimait le feu et la chaleur, mais pas assez pour se brûler grièvement.

-

-Maintenant ! Cria Knut.

N'attendant pas que le nuage noir se dissipe, Jaffar bondit en avant, et en deux enjambée, arriva au contact du soldat. Il dégaina une de ses lames et bondit sur l'imposant soldat, qui faisait une tête de plus que lui. Mais Jaffar avait déjà affronté des ennemis plus grands. Son entraînement avait fait de lui un soldat sans peurs. La cible baissa l'arme qu'elle tenait levée pour se protéger du cadavre de son allié qui lui avait été lancé par Knut, après qu'il lui ait servi à arrêter les flammes. Elle balança ses bras sur le côté pour écarter le corps, créant une ouverture dont le spécialiste du corps-à-corps comptait profiter. D'un coup de lame vertical, il entailla le bras nu de sa cible, et trancha net le tuyau qui reliait le réservoir à l'arme, profitant d'une articulation en caoutchouc traité entre les anneaux de renforcement en métal. Le combustible se répandit, maintenant inoffensif, sur le tapis brûlé. Mais le chasseur ne comptait pas s'arrêter là. Rengainant son couteau d'une main, il frappa la cible au visage de l'autre. Elle laissa tomber son arme, qui fissura le bois du sol sous son poids. Puis Jaffar enchaîna d'un crochet du droit qui vint fissurer la visière de son adversaire. La masse de muscle, abasourdie, reculait.

Les coups du spartan en armure noire pleuvaient comme le légionnaire ne l'avait jamais vu. À peine avait-il le temps d'encaisser un coup qu'un autre le frappait. Son corps tout entier était à la merci des poings vengeurs de son adversaire. Si rapide, il ne pouvait pas bouger. Il reculait, pas après pas, moins dans une tentative de retraite que sous la contrainte des coups de son assaillant. Chaque parcelle de la peau de sa tête, de son visage, de ses bras, de son torse, se couvrait peu à peu d'hématomes. Une veine s'ouvrit sur son front, sous les chocs répétés de la peau sur l'intérieur de son casque, faisant couler son sang dans ses yeux. Il ne sentait même plus les poings de son adversaire, ses récepteurs nerveux saturés des informations de douleur qu'ils recevaient. Soudain, un coup plus fort que les autres le frappa. Le dessous de la semelle de son bourreau apparut nettement devant ses yeux. En une demi-seconde, sa visière vola en fragments qui vinrent se ficher dans la peau de son visage déjà meurtrie. Il sentit le métal froid s'écraser et imprimer ses formes sur la peau de son visage, brisant le cartilage de son nez et percutant son front avec une violence inouïe. L'os de son front geint, puis céda.



La porte à double battant s'ouvrit d'un coup, la serrure fermée à double tour se brisant sous le poids du cadavre qui la traversait. Jaffar avait administré un coup de pied retourné d'une puissance tellement énorme que la lourde carcasse de sa victime avait décollée du sol pour ouvrir la porte de son poids. Il avait obligé son adversaire à reculer jusque devant la porte de la salle où ils devaient se rendre, et à l'ouvrir.

Devant eux s'étendait une pièce carrée d'une dizaine de mètres. Sur ses murs, de riches étoffes brodées et décorées étaient étendues, tranchant avec les gigantesques bases de données et serveurs installés partout dans la pièce. La salle de balle surplombée de trois lustres en cristal était maintenant parcourue d'un réseau anarchique de câbles. À l'autre bout de la pièce, penché sur un bureau qui faisait face à une gigantesque baie vitrée offrant une vue imprenable sur la carcasse maintenant effondrée du plus grand immeuble de la ville, se trouvait leur cible.

L'officier leva la tête. Il portait un casque autrefois réservé aux agents de sécurité, une large visière panoramique frappée d'un symbole de l'UNSC, qui avait été remplacée par un poing rouge bordeaux. Le général se redressa et croisa les mains dans son dos.

-Ainsi, vous voilà déjà...