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7 août 2014

Halo : Waypoint - Créations conservés - Fanfictions - LE PREMIER DEMON


Introduction : Lors d'un abordage sur une frégate covenante, le 27 novembre 2525, les spartans subirent leur première perte lorsque Sam-034 dû rester sur place. Quand les têtes nucléaires qu'ils y avaient apporté explosèrent, l'adjudant John-117 classa Sam comme étant "mort au combat". Seulement, il était loin de se douter que son meilleurs ami avait réussi à survivre, capturé par les covenants...

PROLOGUE

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2053 heures, 27 novembre 2525 (Calendrier militaire)/ vaisseau covenant en orbite autour de Chi Ceti 4.

             Le major John-117 regarda de nouveau le cadavre du covenant à tête de rapace dont le sang avait éclaboussé les murs du couloir. C’était la première fois qu’il rencontrait un représentant de ces ennemis si terribles qui avait anéanti Harvest et tant d’autre colonies, et il devait avouer qu’il s’attendait à quelque chose de plus impressionnant. Cependant, si la constitution de cet extraterrestre était frêle, son équipement avait donné du fil à retord aux trois spartans ayant abordé le vaisseau covenant.

             John se pencha vers le cadavre pour ramasser la protection que celui-ci portait au bras et d’où semblait avoir surgi le bouclier de protection. Il appuya sur l’un des trois boutons de l’appareil, mais rien ne se passa. Finalement, il décida de le fixer sur son propre avant-bras afin de ne pas le perdre et de le ramener au Dr Halsey. Même si cette protection était hors service, elle pouvait permettre d’en apprendre beaucoup sur la technologie covenant.

             Se détournant du corps qui continuait de se vider de son sang, le major ordonna à ses spartans, Kelly et Sam, de continuer la progression dans le vaisseau. Ils pénétrèrent dans une petite salle avec une grande fenêtre épaisse d’au moins cinquante centimètres, surplombant une vaste salle qui dominait trois niveaux de ponts. Un cylindre traversait toute la longueur de la pièce et une lumière rouge battait à l’intérieur, comme un liquide allant et venant. John vérifia que la caméra intégrée de son armure enregistrait correctement les données.

             Sous la fenêtre, de leur côté, se trouvait un objet à la surface lisse et couverte de petits symboles lumineux aux formes variées, le tout ressemblant à un panneau de contrôle.

      -   Ca doit être la source des radiations, dit Kelly en indiquant la pièce en contrebas. Leur réacteur… ou peut-être un système d’armement.

             Soudain, un extraterrestre s’approcha du cylindre de l’autre côté de la vitre, et aperçut John. Un éclat argenté apparut autour de lui, et il se mit à hurler et à s’agiter pour donner l’alerte, avant de se précipiter à la recherche d’une cachette.

      -   Des ennuis, fit le major.

      -   J’ai une idée, annonça Sam alors qu’il avançait en boitant. Donnez-moi ces têtes nucléaires.

             John tendit la tête nucléaire qu’il portait, et Kelly fit de même. Une fois qu’il eut rassemblé les engins, Sam expliqua son plan :

      -   Nous tirons sur cette fenêtre, enclenchons les minuteurs des têtes nucléaires, puis les jetons dans cette salle. Ca devrait suffire pour ouvrir le bal.

-         Faisons-le avant que les renforts n’arrivent, déclara John.

Les trois spartans se retournèrent et ouvrirent le feu sur la fenêtre en cristal. Elle se craquela de tout son long et se brisa en éclat avant de céder.

      -   Jetez-moi ces têtes nucléaires, dit Sam, et fichons le camp.

      -   Trois minutes, annonça John en enclenchant les minuteurs. Cela nous laissera juste assez de temps pour remonter et s’enfuire.

             Puis, lentement, le major se retourna vers Sam. Il resta une longue seconde à le regarder à travers la visière de son casque, ressentant déjà la dureté des mots qu’il allait devoir prononcer. Jamais il n’aurait cru qu’un ordre pouvait être aussi difficile à dire, pourtant il devait le faire :

      -  Tu resteras ici pour les contenir. C’est un ordre.

      -  Qu’est-ce que tu raconte ? demanda Kelly.

      -  Sam le sait bien.

             Sam acquiesça.

      -  Je pense être capable de les retenir pendant ce laps de temps.

             Il regarda John, puis Kelly. Il savait que c’était dur pour eux. Les spartans étaient plus qu’un simple groupe de combat d’élite. Ils étaient une véritable famille, réunie par la force, mais unie par la peine et l’endurance d’un long et dur entraînement. Ils étaient un tout.

             Sam montra alors la brûlure dans sa combinaison, causée par leur combat contre le covenant à tête de rapace. Un trou de la taille d’un poing y était visible et on apercevait même ses chaires noircies et craquelées. Ils sourit, mais c’était la douleur qui lui faisait serrer les dents.

      -  Ce n’est rien, dit Kelly. Nous allons pouvoir te soigner en un rien de temps. Et dès que nous remonterons…

             La bouche de la spartan s’ouvrit peu à peu alors qu’elle prenait conscience de l’obstacle que constituait cette brûlure.

      -  Exactement, murmura Sam. Repartir va me poser un problème.

      -  Le trou dans ta combinaison, fit John en touchant le vide créé par l’arme covenant, nous n’avons rien pour le refermer.

      -  Si je quitte ce vaisseau, la décompression me tuera, déclara Sam en haussant les épaules.

      -  Non, grogna Kelly. Non… on doit tous survivre. Nous n’abandonnons pas nos coéquipiers.

      -   Il a reçut ses ordres, dit John à Kelly.

      -   Vous devez me laisser là, dit doucement Sam à Kelly. Et ne me dis pas que tu vas me donner ta combinaison. Les techniciens de Damascus ont mis quinze minutes pour nous équiper. Je ne saurais même pas par où commencer pour quitter cette chose.

             John jeta un coup d’œil sur le pont. Il n’y avait pas encore d’ennemis en vue, mais l’endroit n’allait certainement pas tarder à en être rempli. Il repensait aux paroles de l’adjudant-chef Mendez : Un chef doit toujours être prêt à envoyer à la mort les soldats placés sous ses ordres. Lorsqu’il avait entendu ces paroles, il ne pensait pas que ça lui serait aussi difficile. Et maintenant, il lui fallait obéir à l’enseignement de son instructeur.

      -  Ne discutez pas de temps à discuter, dit Sam. Nos nouveaux amis ne vont pas attendre que nous ayons réglé ça. Voilà, c’est décidé.

             Il activa les minuteurs, et un compte à rebours de trois minutes apparut dans le coin leurs écrans tête haute.

      -   Maintenant, partez !

             John prit la main de Sam et la serra.

             Kelly hésita, puis le salua.

             John se retourna et la prit par le bras.

      -  Allez, spartan. Ne nous retournons pas.

             Sam regarda ses deux coéquipiers s’éloigner vers le point de sorti du vaisseau covenant. Ils partir sans se retourner, et refermèrent les portes pressurisées derrière eux. Même s’il savait sa mort imminente, Sam voulait se battre comme un lion jusqu’à la fin. Et il avait bien l’intention d’avoir la satisfaction de voir la peur dans les yeux des covenants avant de partir en poussière avec le reste de ce bâtiment. Il arma son fusil d’assaut MA5B et guetta la moindre mouvement. Lorsque son premier ennemi pénétra dans la pièce, celui-ci eux à peine le temps de le voir avant d’être criblé de balles.



CHAPITRE PREMIER



2055 heures, 27 novembre 2525 (Calendrier militaire)/ vaisseau covenant en orbite autour de Chi Ceti 4.

             Les cadavres covenants s’accumulaient dans la salle alors que Sam résistait de toute ses forces aux assauts répétés des extraterrestre. Il y avait là une nouvelle sorte de covenant : de petits être d’environ un mètre cinquante aux pieds, aux mains presque hypertrophiées, et portant des combinaisons de combat équipées de masques respiratoire ainsi qu’un réservoir dans le dos. Ces petites saletés attaquaient en masse en poussant des grognements aigus tels des chiens, mais heureusement pour Sam, ils étaient de constitution relativement fragile, leurs corps tombant par dizaines pour répandre leur sang bleu gélatineux.

             Cependant, le nombre d'attaquants était en train de montrer son avantage, car Sam engagea son dernier chargeur pour fusil d’assaut. Il s’efforça de rendre utile chaque balle, tuant presque à chaque tir, mais il savait qu’au bout du compte, son arme serait à sec. Le spartan jeta à coup d’œil au compte à rebours. Il restait encore 2 minutes.

             Profitant d’un instant de relative tranquillité entre deux assauts ennemis, Sam décrocha de sa ceinture un couple de grenade et en retira les goupilles. Après un décompte de trois secondes, il les lança dans le couloir d’où provenait les ennemis et une grande explosion souffla la vague d’ennemis suivante qui approchait.

             La fumée ampli soudain la pièce, rendant la visibilité quasi nulle à plus d’un mètre. Voyant qu’il ne lui restait plus que quelques balles, Sam décida de se ruer sur ses adversaires pour engager un féroce corps à corps. La vision thermique de son armure lui procurait un avantage sur les petits êtres, qui furent terrifiés par l’aisance avec laquelle le spartan tuait avec sa seule force. Les corps des grognards volaient dans les airs sous les coups de cross de Sam et leurs cris remplir le couloir enfumé.

             Soudain, une grande forme humanoïde apparut dans le couloir en face de Sam, puis plusieurs autres. A peu près de même taille que Sam, c’est à dire plus de 2 mètres 50, ces êtres restaient immobiles, et semblaient attendre tranquillement le spartan. A moins qu’ils n’attendent que la fumée se dissipe, pensa Sam. Je dois garder l’avantage. Voyons voir s’ils peuvent voir à travers ça.

             Sam saisit alors une grenade fumigène accrochée à sa ceinture et la laissa vomir son épais contenu dans l’étroit espace confiné du vaisseau. Les formes devant lui s’agitèrent soudain, comme perturbées, puis avancèrent. Sam put entendre des sortes de grognements graves alors que ces nouveaux ennemis approchaient. Leurs mouvements étaient étrangement sûrs, mais ce n’était pas le genre de détail qui pouvait le faire douter de lui. Sam se jeta sur le premier adversaire et le plaqua violemment contre le mur. Il sentit le contact d’une armure lisse lorsqu’il lui brisa la nuque d’une seule main.

             Il s’apprêta à faire de même avec le second, mais celui-ci était déjà sur lui et lui saisit les bras. Un troisième le frappa à la tête sans être gêné par la fumée. Le coup fut d’une telle force que Sam fut étourdit malgré la protection qu’offrait son casque. Incapable de faire quoi que ce soit, il se laissa emmener hors du brouillard épais qu’il avait créé. Une fois éloigné de la brume, il put observer ses adversaires.

             C’étaient des être à la musculature imposante, vêtus d’armures complètes de couleur blanche, la seule chose qu’on pouvait voir d’eux était leur bouche composée de quatre mandibules dentées. L’un d’eux portait une armure dorée, et Sam comprit là qu’il s’agissait de leur commandant. De toute façon, je suis déjà mort.

        -  Tu t’es bien battu, humain, annonça le covenant dans un français presque parfait.

             Sam était abasourdi. Ces extraterrestre parlaient sa langue avec tant de facilité. Mais le SRN avait déjà annoncé qu’ils avaient une grande connaissance de notre technologie et de notre langage. Seulement, pourquoi se sont-ils efforcé de l’apprendre ?

       -  Le sangheili que tu as tué était l’un de mes meilleurs gardes du corps. Cet acte prouve ta valeur.

       -   Arrête de bavarder, connard, et tue-moi,  avant que ton vaisseau explose.

       -   Explose ? fit le grand extraterrestre avec étonnement. Explique-toi, humain.

       -  Mes potes et moi, on a amené de jolis jouets qui vont joyeusement pulvériser votre saleté de vaisseau dans exactement… 1 minutes et 20 secondes.

       -   Commandant, fit l’un des covenants en armure blanche. Nous avons trouvé des engins atomiques. Les ingénieurs Huragok confirment qu’ils sont activés.

       -   Il nous faut quitter le vaisseau au plus vite, fit le commandant. Emmenez cet humain avec nous aux nacelles de survie.

       -   A vos ordres, commandant.

             Sam n’arrivait pas à quitter l’emprise des deux grands covenants qui le tenaient. Mais d’un autre côté, il savait qu’il valait mieux qu’il les laisse l’embarquer plutôt que de leur fausser compagnie sur un vaisseau en instance de destruction. Ceux que le commandant covenant avait nommé « sangheilis » se dépêchèrent donc de le porter jusqu’à un long couloir dont l’un des côtés était rempli de nacelles, chacune faisant au moins cinq mètres carré. Sam et ses gardiens pénétrèrent dans l’une d’elle alors que le commandant covenant et ses autres soldats prirent d’autres engins.

             Les nacelles furent propulsées à l’extérieur du vaisseau par un puissant champ magnétique qui les envoya rapidement à plusieurs kilomètres du bâtiment de guerre. Pourvu que le Commonwealth détecte ces nacelle !

             Une puissante onde secoua la nacelle lorsque le vaisseau covenant explosa en mille morceaux. Il n’y avait pas de hublot dans cet appareil, mais Sam pouvait être sûr que les têtes nucléaires avait pulvérisé leur cible. Ma mission est remplie. J’ai protégé les têtes nucléaires …et j’ai même réussi à survivre. Maintenant, reste à savoir si c’est seulement pour mourir ailleurs…

CHAPITRE DEUX

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0213 heures, 28 novembre 2525 (Calendrier militaire)/ nacelle de survie covenante, localisation inconnue.

             Cela faisait plusieurs heures que la nacelle flottait dans le vide spatial. Ses propulseur lui avaient permis d’atteindre la face cachée de la Lune afin d’éviter d’être détecté par les vaisseaux humains. Sam tentait d’enregistrer le plus de données possibles, mais la mémoire de sa caméra était presque épuisées, et il préféra stopper l’enregistrement pour pouvoir utiliser plus tard les quelques minutes de bandes qu’il lui restait. Les deux grands combattants covenants qui se trouvaient avec lui avaient immobilisé ses quatre membres au moyen d’anneaux lumineux étranges qui, une fois activés, ne pouvaient plus être déplacés d’aucune façon. Leur technologie est vraiment incroyable. Et ces deux gars ont l’air d’être de sacrés combattants, à en juger par leur anatomie et leurs armures. Ils doivent faire partie d’une caste d’élite, et je doute que cinq humains normaux puissent rivaliser avec un seul d’entre eux.

             Soudain, un bip léger se fit entendre dans l’enceinte de la nacelle, et les élites s’approchèrent immédiatement d’un large panneau de contrôle qui occupait tout un quart de la surface intérieur. Ils eurent un échange de grognements avec l’un des leur dans leur langage, puis ils coupèrent la liaison. Quelques minutes plus tard, la nacelle fut secouée et l’écoutille s’ouvrit sur l’intérieur d’un vaisseau covenant. L’un des élites appuya sur un bouton de l’un des anneaux qui retenait Sam, et il put bouger… mais ses mouvements étaient considérablement ralentis. Un système de poids magnétique réglable. Même en utilisant toute ma force, je bouge trois fois moins vite que d’habitude. Il va vite falloir que je trouve un moyen de me débarrasser de ça, sinon je serais bien incapable de me défendre.

             Les deux élites conduisirent Sam à travers le vaisseau, qui d’après les dimensions et l’armement qui s’y trouvait, devait être un croiseur de combat lourd. Le spartan réactiva sa caméra, choisissant avec soin les éléments à enregistrer tout en gardant de la réserve. Ils captura les images de centaines d’appareils légers monoplaces aux formes étranges, ainsi que d’autres, plus gros et apparemment conçus pour le combat dans l’espace. Il enregistra également suffisamment de longueurs de couloirs et de ponts pour que les techniciens du CSNU puissent établir une estimations de la structure de ce genre de vaisseaux covenants… dans l’éventualité où ces bandes arrivaient à leur parvenir.

             Sam fut mené jusqu’à ce qui semblait être le centre de commandement du vaisseau. Contrairement aux bâtiments de guerres humains qui avaient leur pont de commandement à l’avant, celui-ci devait se trouver au centre du croiseur. De nombreux élites s’y trouvaient, ainsi que quelques grognards afférés à transporter de l’équipement informatique et militaire à travers la salle. Au milieu de la pièce s’élevait une large plate-forme entourée de panneaux de contrôles holographiques, où un élite en armure dorée semblait attendre l’arrivé du spartan et de ses gardiens. Ces derniers amenèrent Sam jusqu’à ce commandeur, et ils se mirent à parler dans le langage de l’humain :

       -  Ainsi, fit le commandant, voici l’humain qui a tenu en échec tant de troupes de l’Alliance. Etait-il seul ?

      -  Je pense, mon commandant. Nos troupes n’ont pas fait état d’autres humains semblables. Et s’il y en avait d’autre sur le vaisseau, ils ont dû être pulvérisés avec.

      -   Très bien. Mais il est quand même regrettable que le commandant Hilsamee ait disparu avec son bâtiment.

             Le commandant élite se tourna alors vers Sam. Il émit un long grognement sourd, comme un amusement, puis claqua des mandibules.

      -   Quel est ton nom et ton rang, humain ?

      -   Sam-034. Combattant spartan.

      -   Combien d’autre soldats comme toi existe-t-il ?

      -   Aucun. Je suis le seul de ma section.

      -   Pourquoi ?

      -   Je suis comme un prototype. Une unité de test avant la production de masse. On m’a envoyé détruire ce vaisseau sur Chi-Ceti 4 afin d’éprouver mes compétences. Mais vu que j’ai échoué, mes supérieurs abandonneront certainement le programme.

             Sam ne voulait pas donner de renseignements sur les spartans. Si jamais ils connaissaient véritablement nos effectifs et capacités, ils nous traqueraient sans pitié pour nous exterminer jusqu’au dernier. Ils ont largement les moyens et les effectifs pour nous éliminer sans aucun problème. Notre seul chance est de rester cacher et de frapper dans l’ombre. J’espère que John et les autres pourront mener la vie dure à ces salopards.

        -   Emmenez-le à la prison du vaisseau, fit le commandant. Et qu’on m’établisse une liaison avec Grande Bonté. Je vais demander nos ordre concernant notre prisonnier.



CHAPITRE TROIS



0213 unités de temps,  297ème jour de la première ère de la Reconquête / croiseur de combat Ascendant Justice, vaisseau-amiral de la flotte covenante, secteur A-31 du troisième segment de la galaxie, planète n°844154.

             Le commandant Orna Fulsamee était septique quand à ce qu’avait affirmer cet humain. Il était difficile de croire qu’il soit le seul soldat de son genre parmi ces pathétiques créatures. Cela faisait plusieurs mois que l’Alliance les observait en menant de nombreuses opérations d’espionnage sur leurs colonies extérieures. La quasi totalité de leur technologie était désormais connu de l’armée covenante, et pourtant, jamais ils n’avaient entendu parlé de ces « spartans ». Il existe deux solutions possibles : soit ce combattant est effectivement un prototype unique formé en réponse à nos attaques, et les banques de données publiques des humains  n’ont pas encore été informées de son existence, soit sa création est un secret. Et dans ce cas, cela laisse imaginer le pire. Il pourrait s’agir d’une section de combat d’élite conservée dans l’ombre pour les opérations les plus difficiles, dont les effectifs pourraient être de quelques dizaines comme quelques centaines.

              Ces pensées firent frémire le puissant sangheili l’espace d’un instant. D’après les témoignage des deux sangheilis ayant survécu à l’explosion du Consciencieux, cet humain aurait brisé la nuque d’un vétéran sangheili aussi facilement qu’un cou de kig-yar. La race d’Orna ne connaissait pas le mensonge, mais il était toujours possible que les esprits faibles exagèrent les faits. Cet adversaire dépassait de loin tout ce que l’Alliance connaissait des humains.

              Plusieurs opérations d’assaut visant à tester l’efficacité de combat au sol des humains avaient été organisées ces derniers cycles, et les résultats étaient assez mitigés : seul, le combattant standard n’était pas beaucoup plus dangereux qu’un Ungoy, mais lorsqu’ils se retrouvent en groupe et organisés par leurs officiers, ils pouvaient être d’une grande efficacité. Les humains se basent principalement sur les tactiques de groupe pour prendre l’avantage, au lieu de se fier à leurs compétences personnelles et leur équipements.

             Mais il était grand temps de contacter Grande Bonté. Le grand Commandeur ne pouvait se permettre de laisser sa flotte inactive pendant trop longtemps. Il y avait là une bonne vingtaine de croiseurs de combat qui escortaient son vaisseaux personnel, l’Ascendant Justice, en orbite au-dessus de cette colonie mineur des humains. Les troupes envoyées au sol n’avaient rencontré aucun signe de vie, ce qui voulait dire que la planète avaient été évacué entre la destruction du Consciencieux et l’arrivée de la flotte du commandeur, laissant la possibilité qu’une force d’attaque ennemie soit en route.

             Orna se dirigea vers son poste de commandement et activa la liaison avec Grande Bonté et le sanctuaire des prophètes. En tant que Commandant Suprême des armées de l’Alliance, il pouvait s’entretenir personnellement avec les hauts hiérarque à tout moment afin d’obtenir les ordres et les informations nécessaire à l’accomplissement de sa fonction. D’un claquement sourd des mandibules supérieures, il fit signe aux autres sangheilis présents dans la pièce de le laisser seul. Les opérateurs et lieutenants s’exécutèrent sans un mot, et Orna se retourna alors vers l’écran principal, qui montrait désormais le visage du prophète de la Vérité  :

      -  Grand prophète ! commença respectueusement le sangheili. Nous avons confirmation que le Consciencieux a été détruit.

      -   C’est fâcheux, fit Vérité. Le commandant Hilsamee était une figure importante de l’académie. Sa disparition nous attriste, ainsi que tous ses élèves.

      -   Votre sainteté, deux des vétérans du commandant Hilsamee ont réussi à évacuer le Consciencieux avant son explosion, et ils ont ramené avec eux un étrange humain.

      -  Comment un humain pourrait-il être étrange, commandeur ? Ce ne sont que des sauvages qu’il nous faut purifier dans la mort, tous aussi faible de corps et d’esprit.

             Orna chercha un instant le moyen d’expliquer convenablement le problème que représentait le combattant spartan. Il savait que contrarier les prophètes à propos des humains n’était pas vraiment dans ses moyens. Les hiérarques refusaient d’imaginer que ces créatures puissent avoir une quelconque supériorité ou possibilité d’évolution vers une civilisation aussi évoluée que l’Alliance. Il faut que je trouve un moyen de contourner ce tabou sur les humains.

      -   Grand prophète, à vrai dire, ce n’est pas l’humain en lui-même qui est étrange, mais plutôt son équipement. Il est équipé d’une armure complète d’une grande résistance et possédant apparemment de nombreuses capacités pour le combat. A en croire les deux survivants du Consciencieux, il aurait abordé le vaisseau seul et aurait tenu en échec toute sa garnison jusqu’à ce que les combattants sangheilis l’interceptent.

             Le visage du prophète de la Vérité se figea au fur et à mesure que le commandeur énonçait les faits. Ses traits devirent presque livides, mais Orna mis cela sur le compte de surmenage constant des hiérarques qui passaient leurs journées à scruter les chemins de l’avenir afin de guider les membres de l’Alliance. Après quelques lourdes secondes de silence, Vérité reprit la parole :

      -   Avez-vous parlé à cet humain ?

      -   Bien sûr, votre sainteté.

      -   Lui avez-vous demandé à quelle section de combat il appartenait ?

      -   Oui. Il a dit faire partie d’un programme de formation spécial, nommé le « spartan ». Il a soutenu qu’il était le seul représentant de cette section, en tant qu’unité de test. Un prototype, en quelque sorte.

             Vérité considéra un instant ces information en fermant les yeux, dans une position de transe. Il explore l’avenir. Que les forrerunners soient bénis pour nous avoir permis de rencontrer ces guides divins.

       -   Il vous faut rentrer à Grande Bonté au plus vite, fit le prophète en quittant brusquement sa transe. Mettez l’humain en détention isolée à la prison de votre croiseur, et affectez un groupe de combat sangheili pour le surveiller. Que tous les covenants de bas étage ayant vu l’humain, ou susceptibles de l’avoir vu, soient éliminés au plus vite. Son existence doit rester un secret absolu jusqu’à votre arrivée.

      -   Il en sera fait selon vos ordres, votre sainteté, fit Orna en coupant la communication.



CHAPITRE QUATRE



 0852 heures, 28 novembre 2525 (Calendrier militaire)/ croiseur de combat covenant, localisation inconnue.

             Cela faisait maintenant six heures que Sam était en détention et sous haute surveillance. Une bonne dizaine de guerriers élites ne le quittaient pas des yeux de l’autre côté de la barrière énergétique qui isolait sa cellule. C’était d’ailleurs plus un espace de confinement plutôt qu’une véritable geôle car dénuée de tout mobilier ou de tout équipement pour le maintient du prisonnier. Il n’y avait que l’espace vide de cinq mètres carrés aux murs froids et métalliques sans aucune aspérité.

             Pour l’instant, les covenant n’avaient pas tenté d’examiner son armure MJORLNIR, par peur qu’elle soit piégée, mais ça ne devrait pas tarder. Et justement, ça me pose un problème : si jamais ils commence à l’analyser, il faudra que je la fasse exploser pour les empêcher de mettre la main dessus. Mais je n’ai pas appris à mettre en surcharge le noyau à fusion de ce genre d’équipement. D’autant plus que ce genre de système doit posséder des code de sûreté intégré, et je ne le connais pas. Je pourrais toujours essayer de détruire les partie importantes avec mes poings, mais ça ne ferait que retarder leurs recherches…

             Soudain, Sam ressentit un infime changement dans la pesanteur interne du croiseur, ainsi qu’un ralentissement des moteurs. Il semblait arriver à destination. Le spartan sentait son heure approcher à grand pas, puis se ressaisit.

             C’est alors que la porte d’entré de la prison s’ouvrit et un groupe de sept élites en armures aussi noires que le jais pénétrèrent dans le secteur pénitencier. L’un d’eux annonça immédiatement :

      -  Vous pouvez vous retirer, frères. Nous allons escorter l’humain jusqu’au sanctuaire. Oubliez tout ce que vous avez vu ici.

             Alors que les premier gardiens quittaient la pièce, les nouveau arrivant désactivèrent la barrière énergétique de la cellule de Sam avant de l’entourer pour lui passer des espèces de menottes magnétiques. Sam estima que les poids artificiels créé par les anneaux devaient être entre 60 et 80 kilos. J’aurais peut-être mieux fait de ne pas employer ma force brute contre cet élite sur le vaisseau. Ils savent quelle puissance je peut développer, et ils ont calibré les charges en conséquence. A moins que ces anneaux se re-calibrent automatiquement sur la force du porteur…

             C’est donc en traînant les pieds et en transpirant sous l’effort que Sam suivit les élites à travers le croiseur. Ils atteignirent finalement le hangar à navette, étrangement vide de toute autre présence, et au milieu duquel se trouvait un appareil que le spartan n’avait encore jamais vu : on aurait dit un chasseur Longsword, mais deux fois plus gros et aux courbes nettement arrondies. Le groupe monta dans l’appareil qui quitta le hangar quasi instantanément pour se diriger vers une forme ronde que Sam prit tout d’abord pour une petite lune… avant de voir clairement de quoi il s’agissait. Oh putain…

             A quelques dizaine de kilomètre en face de la navette, entourée de plusieurs centaines de croiseurs covenant, se trouvait une gigantesque structure en forme de demi-sphère. Percée de quelques ouvertures d’accès pour les vaisseaux, dont la plus grande se trouvait au sommet, la structure s’étendait par sa base en une longue pointe couverte d’antennes. Le tout devait faire an moins trente kilomètre de diamètre et cinquante kilomètres de haut. Sa surface métallique brillait d’un faible éclat argenté sous le soleil blanc qui se trouvait à une unité astronomique très précise de l’assemblage gargantuesque. Comment est-ce possible de créer une telle station spatiale ? Ces créatures possèdent vraiment des moyens bien supérieurs aux nôtres. J’espère juste que c’est la seule installation de ce genre…

             La navette pénétra dans la structure démesurée par l’un de ses orifice, traversant une série de barrière énergétique sans s’arrêter avant de se retrouver à l’intérieur de la structure. Là, Sam tomba en admiration devant ce qui semblait être une gigantesque ville, avec en son centre ce qui semblait être un monument d’une hauteur telle qu’il atteignait presque l’ouverture supérieure de la demi-sphère. Sa forme général était comme un genre de trépied surmonté d’une colonne composée de trois immenses plaques. Il dominait l’étendu de bâtiments divers dont la taille semblait ridicule à côté.

             Mais ce n’était pas vers ce monument que l’appareil se dirigeait, mais plutôt vers un point précis de la périphérie. Un grand temple aux formes apaisantes était visible de loin, et la navette atterrit sur une plate-forme située non loin. Là, les élites firent descendre Sam afin de le mener vers un ascenseur gravitationnel. Le groupe descendit dans les profondeur du sanctuaire. Ils arrivèrent finalement à un secteur pénitencier, beaucoup plus grand et mieux équipé que celui du croiseur.

             Sans un mot, les élites placèrent le spartan dans une cellule et lui firent signe de s’asseoir. Puis l’un d’eux écarta les mains de Sam d’environ un mètre et appuya sur un bouton des menottes magnétiques. Aussitôt, le poids artificiel devint tel que tout mouvement fut impossible pour Sam. En silence, ses gardiens activèrent la barrière énergétique de sa cellule avant de quitter la prison, le laissant seul dans son immobilisme.

             OK, Sam. C’est maintenant ou jamais. Trouve une solution pour sortir de là, et vite. D’abord, il faut qu’on se débarrasse de ces menottes. Si j’ai bien enregistrer ce qu’à fait cet élite, pour désactiver les poids artificiels il suffirait d’appuyer sur le bouton de gauche…

             Sam essaya alors d’atteindre le bouton de l’un des anneau avec la main qui le portait. Mais il faillit se casser le poignet en le tournant autant, et renonça rapidement à cette méthode. Il faut que je rapproche mes deux mains. Seulement, ils ont bien prit soins de les écarter, les salauds. Et pas qu’un peu. Mais si j’utilise toute ma force…

             Le spartan prit alors une profonde respiration, et concentra toute sa volonté dans ses bras, tentant de les rapprocher. Mais la résistance des menottes étaient énormes. C’était comme s’il chacune de ses mains traînait un char scorpion accroché à un câble en acier. Heureusement, l’accroche étant magnétique, les anneaux ne frottaient pas contre les mains de Sam, et la seule douleur qu’il ressentit fut celle de ses muscles qui bouillonnaient dans ses bras. Pendant un long moment, il tenta en vain de déplacer ses membres. Il était sur le point d’abandonner cette idée… lorsque sa main droite réussi à gagner presque un centimètre de terrain.



CHAPITRE CINQ



1243 unités de temps,  297ème jour de la première ère de la Reconquête / Sanctuaire des prophètes, Grande Bonté.

             Osul Firnulee marchait d’un pas sûr à travers le sanctuaire intérieur des prophètes. Il connaissait chaque recoin de cette structure qu’il arpentait tous les jours depuis plus de trente ans quand il n’était pas en mission. Nullement impressionné par les dimension et l’architecture de ces lieux sacrés, le grand sangheili traversa rapidement les nombreux couloirs menant à la grande salle du Conseil. Tout le long du chemin, les innombrables élites escortes qui gardaient ce temple s’inclinèrent respectueusement devant lui, et devant ce qu’il représentait.

 Il était le Grand Ossona, le plus haut dirigeant de la sainte Inquisition des prophètes, chargé d’entretenir la foi des membre de l’Alliance, mais surtout de traquer les hérétiques et les purifier. Les ossonas étaient les seuls sangheilis autorisés à accéder aux saintes archives forrerunners entreposées dans le sanctuaire et à converser avec les prophètes sans aucune retenue. Ils possédaient leurs propres troupes de combats totalement indépendantes de la hiérarchie militaire de l’Alliance, bien que ces forces soient réduites et nécessitent souvent l’appuie de l’armée régulière. Investis des pouvoirs de décision des prophètes, les ossonas pouvaient juger même le plus grand général sangheili dans l’instant et le faire exécuté s’ils le jugeaient nécessaire pour servir les dessins de l’Alliance. Et Osul était bien connu pour ne faire preuve d’aucune pitié contre les hérétiques.

             Lorsqu’il pénétra dans la salle du Grand Conseil, il vit que Vérité, Pitié et Regret l’attendaient, apparemment depuis peu. Aucun élite escorte n’était présent dans la salle, ce qui signifiait que cette petite réunion était d’une haute importance et nécessitait une grande discrétion. Osul était habitué aux opérations secrètes, qui constituaient la base du maintient de la Foi , car si les troupes de l’Alliance connaissaient le nombre d’hérésies étouffées dans l’œuf grâce à l’Inquisition, leurs croyances pourraient être durement ébranlées.

             Dès qu’il fut à distance respectable des prophètes, Osul demanda tout de suite de quoi il était question cette fois-ci. Vérité de dépêcha de lui répondre :

     -  Nous avons un problème, Grand Ossona. Les informations que vos soldats ont récupéré concernant la section de combat SPARTAN se sont avérées exactes.

     -   Ce n’étaient donc pas de fausses rumeurs diffusées par les humains pour maintenir l’espoir parmi leurs troupes ?

     -    Non, en effet. Et nous en avons une preuve tout à fait convaincante : le Commandeur Fulsamee à capturé l’un de ces super-combattants. Il est actuellement détenu dans la prison du sanctuaire juste sous nos pieds.

             Osul resta un moment estomaqué. Il se souvenait très bien de ces renseignements récupéré sur l’une des colonies humaines. Ils parlaient d’enfants enlevés à leurs parents à l’âge de six ans pour subir un entraînement militaire toute leur vie et en faire des machines de guerres, disposant du meilleur armement et équipement de leur civilisation. Ces renseignements étaient assez incomplets, car issus d’une légère fuite des états-majors humains et non d’une source officielle. L’existence de tels guerriers chez leurs ennemis pourraient rendre la sainte croisade vers le Grand Voyage incroyablement plus rude.

     -    Que voulez-vous que je fasses ? fit Osul.

     -  Prenez quelques-un de vos rôdeurs et une équipe d’expertise Huragok, puis allez cherchez le spartan pour le mener au bloc médical de la prison. Que les ingénieurs examinent son armure dans tous les détails et qu’ils établissent un rapport sur la constitution physique de cet humain. Ensuite, soutirez-lui tous ce qu’il sait de sa section de combat, même s’il vous faut le torturer trois cycles entiers. Il nous faut savoir ce qui les rend tellement dangereux.

     -    A vos ordres, votre sainteté.

             Osul se dirigea alors vers la sortie de la salle lorsque Vérité l’interpella une dernière fois :

     -    Grand Ossona !

     -    Oui, très saint ?

     -    Nous ne pouvons pas nous permettre de nous encombrer de témoins, à l’exception, bien sûr, du Commandeur.

     -  Comme d’habitude, fit Osul dans un claquement de mandibule témoignant de sa compréhension.

             Le Grand Ossona prit alors la direction du secteur pénitencier. Entre-temps, il ordonna à un sangheili escorte de faire venir cinq Huragoks et sa première escouade de rôdeurs.

             Les rôdeurs étaient les soldats personnels des ossonas, mais ils remplissaient bien d’autres fonctions. Souvent, ils étaient les yeux et les oreilles de l’Inquisition, et parfois ils servaient d’agent de liaison entre deux ossonas ou entre un ossona et les prophètes. Bien qu’ils soient choisis parmi les guerriers sangheilis aux plus grands talents et à la plus grande foi, ils participaient rarement aux combats contre les hérétiques, et se contentaient d’observer. Leurs armures teintés du violet symbolisant l’autorité des inquisiteurs, ils inspiraient crainte et respect au sein des troupes de l’Alliance, bien que beaucoup ne les connaissent que par ce que disent les rumeurs.

             Lorsqu’Osul arriva au dernier ascenseur avant la prison du sanctuaire, ses troupes l’y attendaient déjà avec les Huragok. Et tandis qu’ils descendaient lentement à travers les fondements du temple, le Grand Ossona songea à la façon dont il allait torturer cet humain.  Il était spécialiste en interrogatoire de choc, sachant obtenir des aveux complets de n’importe quel hérétique. Ses techniques permettaient de détruire l’esprit aussi facilement que le corps, brisant les conviction sous des souffrances contrôlées, qui pouvaient durer plusieurs cycles d’affilé sans jamais tuer le sujet. Osul en était sûr, il allait pouvoir s’amuser avec ce cobaye.

             Une fois en bas, le groupe pénétra à pas lents dans la prison. Mais après quelques pas, Osul remarqua qu’il n’y avait aucune barrière énergétique activée sur aucune des cellules. Pendant un instant, il crut que les geôliers s’étaient contenté de poser des menottes magnétiques, car à dire vrai, personne n’avait jamais put les enlever seul. Mais lorsqu’il vit sur le sol de l’une des cellule deux paire de menottes désactivées, il fut figé sur place, incapable de faire le moindre mouvement, les yeux rivés sur ce qui était le meilleur équipement de détention de l’Alliance.

     -  Co… comment ? murmura-t-il ?

             L’Ossona observa alors la cellule à la recherche d’indices. La barrière énergétique semblait avoir été surchargée, comme pouvait le témoigner le panneau de contrôle de l’alimentation qui avait littéralement explosé. Pourtant ce système de confinement utilisait des réserves énergétiques formant des boucliers capables de supporter plusieurs centaines de tirs de plasma sans faiblir. Entre-temps, les rôdeurs s’étaient approchés, et ils remarquèrent également les anneaux d’immobilisation hors service. Eux aussi bouches bées, le groupe resta un long moment tel une fresque, puis l’un des rôdeurs dit finalement :

     -  Seul un démon pourrait avoir fait ça.



CHAPITRE SIX



1245 heures, 28 novembre 2525 (Calendrier militaire)/ Station spatiale covenante, localisation inconnue.

                 L’architecture du temple covenant était principalement basée sur les formes arrondies et courbées, n’hésitant pas à atteindre des dimensions impressionnantes destinées à intimider la population et leur rappeler qu’ils n’étaient rien face à la toute puissance de la Foi. Mais le sanctuaire était aussi très sombre et peu éclairer, afin de traduire les ténèbres qui entouraient les croyances et les rendaient incompréhensibles pour le commun des mortels.

                 C’était dans ces nombreuses parties d’ombre que Sam progressait furtivement, évitant avec soin les innombrables élites qui gardaient ce lieu sacré. Le détecteur de mouvement intégré à son armure lui était d’une grande utilité pour détecter les patrouilles sans avoir à s’exposer, mais ses plaques de protection luisaient beaucoup trop à son goût. Au moindre rayon de lumière, je serais aussi brillant qu’un miroir de poche. Si seulement je pouvais enlever mes protection externes…

                 Mais il savait qu’il lui était impossible de démonter ces parties encombrantes tout seul. Acceptant cet handicap à sa discrétion, il continua sa progression, tentant de rejoindre les niveaux supérieurs du temple, et particulièrement la plate-forme à navette. Son équipement spécial lui permit de gravir plusieurs centaines de mètres de murs, pourtant sans aspérités, grâce aux puissantes accroches magnétiques implantés dans ses gants et au niveau de ses genoux. Cela lui évita les nombreux ascenseurs gravitationnels qui étaient bien trop éclairé et exposés aux yeux de tous, en plus d’être sévèrement gardés.

                 Après une longue escalade, Sam atteignit ce qui ressemblait à des jardins. Seulement, le style de ces lieux était assez sombre, en accord avec ses végétaux étranges donnant un aspect presque marécageux. Aucune fleure, aucune feuille, rien que des tiges plus ou moins grosses animées de spasmes leur donnant une certaine dimension animale. On pouvait voir ça et là quelques plans d’eau où grouillaient de petits poissons aux écailles noires. Etrangement, aucun garde n’y patrouillait. Qui peut bien apprécier de se promener dans un tel endroit ?

             La seule satisfaction que Sam eut à se trouver là fut qu’il trouva de la terre à appliquer sur ses plaques d’armure, afin de couvrir leur éclat. C’était plus une sorte de boue argileuse que de la véritable terre, ce qui augmentait son adhérence au métal des protections du spartan. Celui-ci se dépêcha de reprendre sa route vers la plate-forme à navette, qu’il pouvait d’ailleurs apercevoir de là où il se trouvait. Elle n’était pas très loin, et il pouvait déjà voir le chemin à prendre pour y accéder sans être vu. Gardant son sang-froid devant le danger qui l’entourait et menaçait de s’abattre sur lui à chaque seconde, il se remit en route.




             

                 Osul était très inquiet quant à ce qu’il allait devoir dire aux grand prophètes. Même si son rang lui garantissait la survie face à leur colère, sa crédibilité devant le Grand Conseil risquait de se voir grandement affaiblie. Même s’il savait qu’il n’était en rien responsable de l’évasion du spartan, les prophètes pouvaient lui en tenir rigueur.

                 Cette fois-ci, il n’y avait que Vérité dans la salle du Conseil. Osul avait souvent été seul avec lui, principalement lors des missions à caractère très particulier. L’Ossona ne comptait plus le nombre d’assassinas qu’il avait effectué pour lui, qu’il s’agisse de simple grognards témoins d’une investigation secrète ou d’un commandant sangheili s’étant écarté du chemin de l’Alliance. La première fois, cela lui avait été très douloureux de tuer l’un de ses frères de race, mais au fil des missions, sa sensibilité avait peu à peu disparut. Il était devenu une arme inflexible.

      -   Grand prophète, fit Osul en s’avançant. Il semble y avoir eut une défaillance de sécurité dans la prison. L’humain s’est échappé avant notre arrivée.

      -   Comment ?

                 Le prophète était vraiment hors de lui. Il était rare que ces êtres de sagesse succombent à un sentiment aussi primitif que la colère. Cela signifiait que l’humain était d’une importance capitale.

      -  Il a réussi à se défère de ses menottes magnétiques, expliqua Osul. Puis il a surcharger la barrière énergétique de sa cellule pour ensuite disparaître mystérieusement.

      -  De toute façon, il ne pourra jamais quitter Grande Bonté.

      -  Dois-je ordonner aux escortes de le traquer ?

      -  Non, surtout pas ! fit Vérité en levant la main pour l’arrêter immédiatement. Il faut que son existence reste un secret absolu. Nous ne pouvons nous permettre que nos troupes se mettent à craindre les humains.

                 Vérité semblait vraiment avoir peur de ce que le spartan et ses semblables pouvaient créer comme dégâts au sein de l’Alliance. Leur potentiel doit être redoutable, tout comme les informations que nous avions recueilli l’affirmaient. Leurs attaques auraient alors deux conséquences dramatiques : d’abord ils affaibliraient les forces de l’armée sainte, ce qui entraînerait ainsi une destruction du moral de nos soldats.

     -   Contentons-nous de laisser les escortes le trouver, fit Vérité. Il ne pourra pas se cacher indéfiniment. Que l’un de vos ossonas reste ici pour attendre sa capture, et éliminer tous les témoins une fois que ce démon soit sous haute sécurité.

     -   Votre éminence, répondit Osul. Je peux très bien me charger moi-même de superviser sa capture.

     -   Votre présence n’est pas nécessaire. Nous ferons effectuer l’expertise de l’humain par quelqu’un d’autre.

                 Une boule se forma soudain dans la gorge d’Osul. Lentement, il inclina la tête en signe de dépit. Ca y est. Je suis écarté. Peut-être même vais-je être démis de mes fonctions, et redevenir un simple rôdeur aux côtés de ceux qui m’ont servi jusque là. Mais peu m’importe, car j’aurais toujours participé de mon mieux à la salvation de mes semblables.

     -   Le fait est que... nous avons une mission plus importante pour vous, Grand Ossona.



CHAPITRE SEPT



1312 heures, 28 novembre 2525 (Calendrier militaire)/ Station spatiale covenante, localisation inconnue.

             Les moteurs de la navette covenante se mirent brusquement en marche, et Sam s’écarta un peu plus des noyaux énergétiques pour éviter que les rayonnement électromagnétique n’endommage les circuits internes de son armure. Il avait eut la chance de trouver un espace vide où se cacher au milieu des machines de l’engin sans craindre la décompression, bien qu’il soit obligé d’y rester recroquevillé. Sa grande taille de spartan et son armure lui donnait une carrure imposante qu’il était difficile à ranger dans un tel endroit. Seulement, sans cette protection, je serais grillé par les noyaux énergétiques en moins de vingt secondes.

             La navette décolla sans heurte. Durant de longue minutes, Sam ne ressentit aucune vibration pouvant l’informer des mouvements de l’appareil. Il n’y avait que le vrombissement des moteurs et le grésillement des noyaux. Durant plusieurs minutes, Sam chercha à se représenter la distance parcouru depuis la plate-forme, et réalisa qu’ils avaient dû quitté la station spatiale covenant depuis un moment, et devaient en être éloigné d’au moins une centaine de kilomètres.

             Puis, sans avertissement, les moteurs s’arrêtèrent, et une légère secousse se fit ressentir lorsque des grappins magnétiques encrèrent la navette. Ils devaient avoir atteint le hangar d’un vaisseau. Sam attendit que son détecteur de mouvement ne décèle plus rien avant de quitter sa cachette. Dévissant la plaque de métal le séparant du cockpit de l’appareil, il put observer à travers la vitre se qui se passait dans le hangar. Seuls quelques grognards dormaient parmi les réserves énergétiques et les véhicules terrestres entreposés. Pas de danger apparent. Mais restons tout de même sur nos gardes. Il peut toujours y avoir de l’imprévu.

             Avec prudence, le spartan quitta la navette par l’ouverture de son ascenseur gravitationnel et atterrit sans bruits sur le pont du hangar. Aussitôt, il se précipita vers le plus proche coin d’obscurité qu’il trouva, au beau milieu de larges caisses entreposées non loin. La plupart était fermée, mais Sam en trouva finalement une ouverte. Elle contenait un large éventail d’armes covenants, ainsi que des réserves de munitions pour celles ne nécessitant pas des cellules énergétiques. Il choisit de prendre un pistolet plasma pareil à celui qui lui avait brûlé les côtés, ainsi que ce qui ressemblait à une carabine. L’arme était équipée d’une lunette de visée avec un zoom, et les détecteurs de Sam décelèrent une légère radioactivité dans les munitions. Ca doit faire mal, ce truc.

             Il y avait également de petites sphères de métal bleu de la taille d’une grenade. Ca doit sûrement en être, vue la quantité de plasma que mes détecteurs indiquent là-dedans. Mieux vaut en avoir quelque-unes pour une éventuelle situation désespéré. Bon. Maintenant, je ne suis plus désarmé, mais j’ai la dalle. Si je ne trouve pas rapidement de la bouffe sur ce vaisseau, les covenants n’auront même pas besoin de tirer un coup de feu pour me capturer. Il faut que je trouve les entrepôts. Ce sera toujours moins risqué que d’essayer de voler de la nourriture directement à la cantine du coin.

             Sam se dirigea vers ce qui, d’après la provenance des ondes produites par les moteurs, devait être l’arrière du croiseur. Les patrouilles covenants n’étaient pas nombreuses dans les couloirs, et il lui fut facile de progresser en s’aidant de l’obscurité partielle dans laquelle était plongé la structure interne du vaisseau. Il lui fallut plus d’une demi-heure pour atteindre les entrepôt sans se faire repérer.

             Des centaines de caisses métalliques étaient empilées les unes sur les autres et alignées sur plusieurs centaines de mètres avec plus ou moins d’organisation, formant un véritable labyrinthe. Il n’y avait pas beaucoup plus de sentinelles que dans le hangar, et la plupart étaient des grognards endormis. Seuls quelques rapaces patrouillaient parmi les longues étendues de caissons de ravitaillement. Sam tenta d’identifier les caisses d’aliments depuis sa position, mais elles se ressemblaient toutes. Il va falloir que je fouille en détail. Ca veut dire m’approcher de ces salopards.

             Le spartan s’engouffra alors dans le labyrinthe, l’arme à la main, essayant d’identifier le contenu des caissons. Seulement, les indications marquées dessus étaient écrites dans une langage étrange à l’alphabet géométrique que Sam était bien incapable de comprendre. Il va falloir que je les ouvre une par une…

             Sam força alors l’ouverture d’une caisse grâce à sa force colossale, et découvrit qu’elle contenait des réservoirs d’un gaz que ses senseurs identifièrent comme étant du méthane. Ca doit être ça que respirent les grognards. Ils dépendent donc de ces réserves pour survivre. Et vu le nombre de ces bestioles qui se trouvent sur ce vaisseau, ils doivent avoir besoin d’énormes quantités de méthane lorsqu’ils partent en mission. J’ai là une occasion en or d’éliminer un bon paquet de ces salauds…

             Sam se mit alors à ouvrir toutes les réserves de méthanes qui se trouvaient autour de lui, diffusant leur contenu dans l’énorme salle. Mais alors qu’il ouvrait son vingtième réservoir, son détecteur de mouvement perçut une présence en approche de sa position. Immédiatement, il se cacha dans un espace vide entre deux container et attendit de voir son ennemi. C’était un rapace qui, contrairement à ceux que Sam avait vu jusque là, portait un bouclier de couleur jaune. L’extraterrestre découvrit avec étonnement la vingtaine de réserves gazeuses sorties de leurs caissons, et renifla l’air avec méfiance. Mais il n’eut pas le temps d’analyser la composition de l’air ni d’alerter ses semblables du danger, car Sam s’était déjà glissé dans son dos et lui tordit le cou d’une seule main tandis que de l’autre il immobilisait le bras armé du covenant.

             Continuant son sabotage pendant approximativement une heure, Sam déversa des centaines de mètres cubes de méthane dans l’espace du vaisseau. Puis, à force d’ouvrir toutes les caisses qu’il trouvait, il découvrit finalement les réserves d’alimentation. A première vue, cela ressemblait à une étrange gelée visqueuse à la couleur bleu transparente que Sam aurait put prendre pour du gel hydrostatique, mais ses capteurs étaient formels : il y avait là-dedans une énormes concentration de nutriments, dont les éléments n’étaient pas trop différents des besoins alimentaires humains. Cette gelée était stockée en petites rations transportables, et Sam en prit une bonne dizaine qu’il rangea dans l’espace de stockage de sa combinaison. Ca aurait quand même été plus pratique si j’avais un sac…

             Mais ce n’était pas le moment de se plaindre de ce qu’on avait pas, et le spartan mis en route la deuxième partie de son plan.



CHAPITRE HUIT



1535 unités de temps,  297ème jour de la première ère de la Reconquête / croiseur de combat Vigilant, vaisseau de commandement du Grand Ossona, en route vers Hélion V.

             Osul n’arrivait pas à détourner ses pensées de l’humain. Depuis leur départ de Grande Bonté, le Grand Ossona cherchait un moyen d’expliquer comment cet ennemi avait put déjouer les meilleurs systèmes d’isolement de l’Alliance, et à échapper aux gardes si vigilants du temple des prophètes. Il y a quelque chose de diabolique dans tout ce qui le concerne. Son existence emplie de mystère, même pour les humains, lui donne une dimension mystique qui peut devenir très dangereux pour le moral des troupes de l’Alliance. Déjà, le simple fait qu’il ait mis en échec la garnison de toute une frégate et qu’il ait briser le cou d’un sangheili vétéran en un instant prouve qu’il est incroyablement plus redoutable que les humains normaux.

            Et je ne sais toujours pas à quoi il ressemble…

             Soudain, un bruit sourd retentit et toute la structure du croiseur trembla. Aussitôt, l’un des lieutenants assignés aux consoles de surveillance du croiseur se tourna vers Osul et annonça bruyamment :

       -  Grand Ossona ! Une énorme explosion s’est produite à l’arrière du vaisseau !

       -  Quels sont les dégâts ?

      -  La coque n’a subit aucun dommage, mais la section des entrepôts et les sections annexes ont étés presque complètement détruites.

             Osul eut un pressentiment inquiétant. Tous les ossonas et les prophètes lui connaissaient des capacités à avoir des impressions souvent exactes. Mais cette fois-ci, le sangheili préfèrerait se tromper. Cette explosion est trop importante pour être dû à une défaillance humaine ou mécanique. De plus, le fait qu’elle se soit produite au niveau des entrepôts dont les caisse de stockages sont presque indestructibles ne peut prouver qu’une chose : le spartan est ici.

      -   Lieutenant, ordonna Osul. Rassemblez tous les combattants sangheilis disponibles sur ce bâtiment, et dites-leurs de fouiller le vaisseau de fond en comble. Un hérétique nous a peut-être infiltré. Et que ma garde personnelle se rende avec moi sur le lieu de l’explosion.

             Six minutes plus tard, Osul était au milieu des décombres de l’entrepôt, entouré de ses cinq meilleurs rôdeurs, devant un spectacle désolant. La vaste salle toute entière était livrée aux flammes dont les fumées noires rendaient la visibilité presque nulle. Les caisses de ravitaillement avaient été soufflées par l’explosion qui avait creusé un trou de plus de trois mètres de diamètres, ce qui avait ouvert un passage au désastre jusqu’à l’armurerie située en dessous. Cette dernière pièce, dont les réserves énergétiques étaient moins protégées, semblait avoir été pilonnée par une division de chars apparition.

             Alors qu’il marchait au milieu des débris et des cadavres d’Ungoys, ou plutôt de leurs restes, les sangheilis découvrirent un grand nombre de caisse de ravitaillement de méthane, qui semblaient avoir été ouverte. Ainsi, voilà comment il a opéré…Ingénieux. De plus, pour ouvrir ces caisse, il a dû les forcer. Pourtant leurs serrures et verrous de sécurités sont en titane. Encore une preuve de sa force colossale…

             C’est à ce moment qu’Osul remarqua une inscription sur une caisse, apparemment gravée à la main grâce à un objet contondant. Le Grand Ossona était tellement désorienté qu’il ne se rendit pas compte qu’il lu l’inscription à haute voix :

      -  Je vous tuerez tous.

             Sous cette courte phrase, l’humain avait gravé une signature : S-034. Sans doute son immatriculation. Spartan 034. Maintenant, je connais le nom de ma douleur…

      -  Commandant, fit un lieutenant sangheili en pénétrant sur les lieux du désastre. Nous sommes arrivés.

      -   Bien compris. Que la garnison continu les recherches. Rôdeurs ! Suivez-moi !

             Si ce démon a réussi à échapper aux escortes du sanctuaire des hiérarques, alors ce n’est pas ce qui reste de la garnison de mon bâtiment qui va le retrouver. Mais de toute façon, il ne peut pas partir d’ici, désormais. Et si jamais il réussissait à tenir en échec mes troupes, je préfèrerait faire exploser mon vaisseau plutôt que de savoir ce fléau en vie.

             Osul mena alors ses rôdeurs jusqu’au hangar à navette. Là, il ordonna la préparation de trois groupes de sangheilis pour les accompagné sur leur objectif, puis il monta dans sa navette et se dirigea vers une planète presque entièrement bleue. La quasi totalité de la surface de l’astre était recouvert d’un océan unique, ponctué de quelques archipels dispersés.

Les navettes volèrent plein gaz vers l’une de ses îles, située aux environs de l’équateur, et aux dimension relativement modeste de quelques dizaines de kilomètres carrés. Cette petite terre était couverte d’une épaisse jungle tropicale avec, au centre, une unique montagne de taille énorme et au sommet enneigé. Les appareils de largage en firent plusieurs fois le tours avant de trouver ce qu’il cherchaient : une caverne située à la base du mont, entouré d’une petite clairière où ils atterrirent.

Rapidement, les troupes de l’Ossona débarquèrent pour avancer avec précaution vers la grotte. Même si les humains n’étaient pas présents sur ce monde, sa faune et sa flore pouvaient cacher des dangers insoupçonnables. Osul remarqua parmi les arbres tropicaux un groupe importants d’animaux semblables à de grands singes, mais à la peau écaillée. Ils se tenaient à l’écart du groupe de covenants, se contentant d’observer. Gardons-les quand même à l’œil. Ils sont sacrément nombreux, et constituent probablement l’espèce dominante de cet archipel. Si jamais ils nous attaquaient, mieux vaudrait y être préparé. Dépêchons-nous d’accomplir notre mission.

             Le groupe de sangheili pénétra donc dans la caverne qui s’enfonçait dans les profondeurs de la montagne. Au bout de plusieurs centaines de mètres, ils tombèrent face à une porte massive, obstinément fermée.

       -  Lieutenant ! fit Osul. Faites-moi sauter ça !

             Les soldats placèrent immédiatement une série de charges plasmatiques qui pulvérisèrent l’obstacle, laissant les guerriers de l’Alliance pénétrer dans un long couloir menant à une grande salle. Remplie de matériel délicat divers et aux fonctions inconnues, cette pièce ressemblait à un énorme centre médical.

       -  Par les anneaux ! s’exclama le lieutenant sangheili. Une fois de plus, les merveilles des forrerunners s’offrent à nous.

       -  En effet, répliqua Osul. Les saintes reliques n’ont pas menti. C’est bien ce que nous cherchions.

       -   Comment ? Vous savez de quoi il s’agit ?

       -   Oui : c’est un laboratoire de recherche génétique.



CHAPITRE NEUF



1535 unités de temps,  297ème jour de la première ère de la Reconquête/ complexe de recherche génétique forerrunner, Hélion V.

                 Osul était en admiration devant la technologie que leur avaient laissé les Dieux. Il y avait là des milliers de minuscules tubes cryogéniques conservés dans des chambres froides, ainsi que de nombreuses tables d’opération où devait avoir été étudiés de nombreux spécimens d’espèces très diverses. Malgré les milliers d’années écoulées depuis la disparition de ceux qui bâtir ce lieu, aucune poussière n’avait recouvert leur splendide ouvrage qui luisait comme au premier jour de sa création.

                 Le Grand Ossona savait que le lieutenant et ses hommes réclamaient une explication. Car même s’il s’agissait d’un temple forerrunner, cette relique ne constituait en rien une pièce maîtresse dans leur quête vers le Grand Voyage. Heureusement pour eux, le prophète de la Vérité n’avait pas classé cette mission comme secrète, ce qui les autorisait à connaître la raison de leur venu ici et, plus important, cela les autorisait à vivre.

-  Les prophètes ont recueillit des informations concernant cet endroit à partir des reliques découvertes sur le monde que les humains nommaient Chi Ceti IV. C’est ici que les forrerunners ont rassembler des échantillons d’ADN de toutes les espèces vivantes qu’ils ont rencontrée, animales comme végétales.

«  Parmi ces échantillons se trouve celui de la créature nommée Drinol, qui serait selon les saints écrits, une espèce animale extrêmement dangereuse et imposante, capable de renverser des chars blindés et de subir les tirs de toutes un peloton sans dommages. Les prophètes nous ont chargé de ramener son échantillon afin de recréer des Drinols dans nos laboratoires, et pouvoir les utiliser en tant qu’unité de combat de choc, à la manière des Legkolos.

                 Le lieutenant et ses soldats étaient impressionnés par la preuve de confiance que leur donnait le Grand Ossona en leur révélant ceci. Il était rare que des missions de ce genre soit menées avec des troupes régulières, mais Osul n’avait pas eut le choix. La moitié de ses rôdeurs étaient restés au sanctuaire des prophètes sur Grande Bonté afin de capturer le spartan… qui avait finalement embarqué à bord de son vaisseau. Si jamais je reçois la moindre preuve supplémentaire de sa présence sur mon croiseur, je le ferait s’autodétruire. Je perdrais peut-être un vaisseau-amiral, mais au moins je serait certain de la mort de ce démon.

                 En tout cas, il ne fallait pas traîner. Les prophètes attendait ces échantillons de sang avec impatience, et il n’était pas bon de vouloir tester leur tolérance quand au délais d’accomplissement de ce genre de mission. Ce n’était qu’une simple récupération de matériel sans aucun risques majeur. Osul ordonna donc au lieutenant :

       -  Commencez à embarquer les caisses de tubes cryogéniques aux navettes.

       -  Bien comprit.

                 Soudain, l’un des rôdeurs revint du bout du laboratoire en courrant. Les claquements rapides et secs de ses mandibules témoignaient d’une grande stupéfaction :

       -  Grand Ossona ! Il faut que vous voyez cela !

       -  Qu’y a-t-il ?

       -  Ce laboratoire n’est pas la seule pièce de ce temple. Suivez-moi !

                 Osul emboîta le pas à son garde du corps qui l’emmena devant une porte semblable à la premier. Mais contrairement à sa consœur, celle-ci n’était pas fermée, et ses deux battants s’ouvrirent lentement dans un léger glissement, laissant Osul sans voix.

                 Derrière cette porte se trouvait un autre laboratoire aux dimensions gargantuesques, presque aussi grand que la montagne dans laquelle il se trouvait. Là étaient entreposés des centaines de milliers de cuves, aux dimension variables, allant de celle d’un ungoy à celle d’un véhicule de transport Shadow. Elles s’étendaient à perte de vue dans cette énorme cavité éclairée par de puissant projecteurs situés au plafond. Remplies d’un liquide brunâtre, elles semblaient contenir des formes vivantes.

                 Osul et son rôdeur s’avancèrent vers les cuves les plus proches, et purent s’apercevoir qu’à l’intérieur de chacune se trouvait un être différent, alimenté par des tubes connectés directement à leur système sanguin, et respirant par des masques à oxygène. Il y avait là des espèces volantes, des créatures terrestres bipèdes, quadrupèdes, de tailles très variables et aux origines sans doute très lointaines. Mais malgré cette grande diversité, toutes ces créatures avaient un point commun : la grande altération de leur aspect d’origine.

                 En effet, leur peau semblait en pleine décomposition, sans doute dû aux milliers d’années qu’elles avaient passé dans ce liquide de conservation qui devait avoir ses limites. Toutes ces bestioles avaient acquis un teint verdâtre de pourriture et de moisissure écœurant. Voici donc le bestiaire dont ont été extrait les codes génétiques entreposés à côté. Les Dieux ne faisaient pas les choses à moitié…

                 Osul remarqua alors que chaque cuve était marquée d’un numéro de série dans la numérotation des forerrunners. Si le langage des Dieux n’était compréhensible que par les seuls prophètes, leur numérotation était moins compliquée et suffisamment accessible pour les autres race. Rares étaient ceux qui pouvaient déchiffrer les nombres forrerunners, car cela nécessitait beaucoup de temps pour maîtriser parfaitement leur interprétation. Mais la fonction du Grand Ossona et de ses rôdeur les obligeait à posséder cette capacité de compréhension. Servons-nous de ces numéros de série. Si nous découvrons celui du Drinol, nous n’aurons plus qu’à trouver l’échantillon correspondant afin de le cloner. Cela évitera ainsi d’avoir à emmener tous les échantillons et forcer nos laboratoires à tous les cloner jusqu’à trouver celui du Drinol. Les prophètes seraient énormément satisfait d’un tel gain de temps.

                 Les deux sangheilis avancèrent donc au milieu des cuves de conservation, cherchant leur objectif parmi les plus grosses. Il ne leur fallut pas longtemps pour repérer une énorme créature dont l’aspect menaçant n’était en rien affaibli par sa décomposition avancée.

                 D’une taille d’au moins trois mètre, elle présentait un corps massif porté par deux jambes comme des tronc d’arbres. Ses bras de deux mètres de long possédaient une musculature impressionnante, témoignant de son potentiel de destruction et ses poings massifs à trois doigts étaient surmontés au niveau du poignet par deux énormes griffes. Sa tête était tellement décomposée que son apparence d’origine avait presque entièrement disparut. Il n’y avait plus qu’un long cou putréfié terminé par une masse informe et repoussante, comme une énorme boule de pus. Tout dans cette créature respirant la force brut et la bestialité destructrice. Si nous arrivons à en faire un allié, je n’ose imaginer les dégât qu’il pourrait faire face aux humains…

                 Soudain, alors qu’Osul était en train de traduire la longue série de numéros forerrunners, un léger rire résonna dans la gigantesque cavité. Un rire mécanique, au timbre presque électronique. Les sangheilis cherchèrent l’origine de ce bruit étrange, et aperçurent une sphère lumineuse de la taille d’une tête de Legkolo qui volait dans les airs en se dirigeant leur direction. La voix mécanique se fit entendre à nouveau :

     -  Bonjour, chères entités. Je suis 666 Obvious Sorrow. Que cherchez-vous ici ?

CHAPITRE DIX



1542 unités de temps,  297ème jour de la première ère de la Reconquête/ complexe de recherche génétique forerrunner, Hélion V.

                 Osul et son rôdeur s’étaient immédiatement incliné devant la sphère mécanique qui venait de leur apparaître. Sa texture métallique était couverte de symboles abstraits, et teinté du même vert pâle que celui de la lumière qui l’animait. Le même vert que celui qu’arboraient les centaines de milliers de créatures en décomposition.

      -  Saint Oracle ! fit Osul. Nous ne faisons que prendre quelques échantillons génétiques. Avec votre sainte autorisation, bien entendu.

      -   Comment ?! s’emporta l’Oracle. Mais cet équipement ne doit pas quitter ce complexe !

      -   Pourquoi ?

      -   Ma mission consiste à entretenir cette installation, ainsi qu’à conserver les informations et le matériel qu’elle contient. Et cela jusqu’à ce que mes créateurs n’en ait plus besoin.

                 Osul avait apprit de la part des prophètes que les Oracles pouvaient être assez étranges dans leurs discussion, parlant de choses incompréhensibles ou parfois futiles. Il s’agit peut-être d’un test ? Les Dieux ne voudraient pas que n’importe qui accède à leur savoir.

      -  Votre sainteté… les forerrunners ont disparut depuis bien longtemps. Ils ne reviendront plus, désormais.

      -  Je suis désolé, mais votre affirmation est erronée. Je vais vous demander de quitter ce complexe, ou je vais devoir employer la force.

            A ces mots, des dizaines de sentinelles surgirent des ouverture présentent dans les parois de la pièces, et pointèrent leurs armes sur les deux sangheilis. Discrètement, Osul activa son signal de détresse, afin que ses autres troupes viennent l’aider. Alors qu’il portait la main à son fusil plasma, le sangheili annonça à l’Oracle :

      -  Sachez que je ne souhaite pas m’opposer à vos gardiens, Oracle. Mais j’ai reçut une mission, et je l’accomplirai.

      -   Votre obstination est typique des peuples primitifs. Tant pis. Mourrez si tel est votre souhait.

                 Soudain, la porte d’entrée du laboratoire s’ouvrit et le reste du groupe d’exploration sangheili courut en direction du Grand Ossona. Aussitôt, les sentinelles ouvrirent le feu, mais Osul eut le temps d’activer son camouflage optique et d’effectuer un saut périlleux arrière qui le fit atterrir sur la cuve du Drinol. Le rôdeur à ses côtés eut moins de chance, et il fut découpé en morceau par les rayons laser des sentinelles, son sang s’évaporant instantanément sous la chaleur des nombreux traits.

           Les autres guerriers de l’Ossona parcoururent aussi vite qu’il le purent les quelques deux cent mètres qui les séparait de la zone du combat. Une fois à portée de tir, il engagèrent les sentinelles de toutes la puissance de leurs armes, avec l’efficacité propre à leur race. Osul, voyant que les renforts étaient arrivés, ôta son camouflage afin d’activer son épée plasma et se rua sur la première sentinelle venue. Découpant ses ennemis avec une aisance redoutable et appuyé par les tirs de ses soldats, l’affrontement tourna rapidement à l’avantage des guerriers de l’Alliance, malgré les nombreux renforts que reçurent les engin mécaniques.

                 Après plusieurs minutes de combat acharnés, il ne restait plus des gardiens saints qu’une multitude de débris encombrant le sol de la vaste pièce. Personne n’avait osé ouvrire le feu sur l’Oracle qui était resté impassible devant cette ébauche de violence contre ses systèmes de défense. Artificiellement révolté face à cette résistance de la part d’organiques primitifs, il annonça d’une voix remplie de dépit :

       -  Pourquoi vous acharner à aller contre la volonté de mes créateurs ?

       -  Nous avons besoin du code génétique de cette créature, expliqua Osul en désignant le Drinol décomposé dans sa cuve. Si nous arrivons à le cloner, nous pourrions en faire une arme terrible qui écrasera nos ennemis.

       -  Mais cela est déjà fait, ne le voyez-vous pas ?

                 Osul ne comprit pas ce que voulait dire l’Oracle. L’espace d’une seconde, il regretta l’absence des prophètes à ses côtés pour l’aider à interpréter ces augustes paroles… puis se ressaisit. Si les prophètes l’avaient envoyé seul sur une mission aussi importante, c’était parce qu’ils avaient confiance en lui. Il devait donc se montrer digne de cette confiance en résolvant les énigmes de l’Oracle par ses propres compétences. Lentement, il s’approcha de la cuve de conservation et observa de plus prêt le corps du Drinol.

                 Soudain, il remarqua de minuscules tentacules se terminant par des crochets acérés au niveau de la tête et du torse de l’animal. Leur état était parfait, si on laissait de côté leur aspect moisi que leur donnait leur teinte verdâtre doublé de celle du liquide conservateur. C’est alors qu’il comprit ce que voulait dire le monitor :

      -     Toutes ces créatures sont parfaitement conservées, c’est ça ?

      -  Tout à fait. Sur l’ensemble des spécimens, je dirais que la moyenne du taux conservation depuis leur incubation est de l’ordre de 98%, ce qui est assez satisfaisant. Leur modifications expérimentales n’ont été en rien diminuées. Ils sont en parfaite santé physique et complètement aptes à combattre.

      -     Combattre ? Vous voulez dire qu’ils sont toujours vivants ?

      -     En effet. Il faut dire que l’implantation du Parasite offre à l’organisme une longévité à la durée encore inconnue.

      -     Comment !!!

                 Osul était tétanisé. La simple mention de ce nom l’avait cloué sur place. Le Parasite ? Alors ce laboratoire n’a jamais eut pour but de cataloguer et de conserver les codes génétiques des races connues par les forerrunners, mais de tester leur capacités d’accueil du Parasite…quelle monstruosité !

                 Le Grand Ossona recula lentement pour se ressaisir. Respirant à grandes bouffée l’air glacial du funeste laboratoire, il tenta de retrouver ses esprits. De toute façon, ces créatures sont endormies depuis des millénaires. Dépêchons-nous de traduire le numéro d’identification du Drinol et partons d’ici au plus vite.

      -  Lieutenant ! Avez-vous eut le temps d’acheminer les échantillons jusqu’aux navettes ?

      -  Toutes sans exception, Grand Ossona. Elle sont dans la soute de votre appareil.

      -  Bien. Je dois juste traduire cette inscription, puis nous pourrons partir.

      -  Mais non, fit brusquement l’Oracle. Vous ne partirez pas !

                 Osul regarda le monitor avec étonnement.

      -  Avez-vous encore d’autres gardiens à sacrifier ?

      -  Non, mais vu que les spécimens ici présents sont incapables de se reproduire et qu’ils possèdent des charges explosives de sûreté implantées dans leur corps, je peux me permettre de les utiliser contre vous.

                 Brusquement, les cuves commencèrent à se vider lentement de leur liquide de conservation, et des lumière se mirent à danser sur leur couvercle. Par les anneaux ! Que les Dieux nous protègent !

       -  Vite ! hurla le lieutenant sangheili. Sortons d’ici !

       -     Non ! répliqua violemment Osul. Pas avant d’avoir le code d’identification du Drinol.

       -   Puisque vous semblez appréciez cette espèce en particulier, fit le monitor, je vais l’activer en première.

                 Là-dessus, alors qu’Osul faisait de son mieux pour traduire rapidement l’inscription, l’immense créature à l’intérieur de la cuve commença à s’animer. De puissants spasmes parcoururent sont corps, et ses yeux s’ouvrire pour la première fois depuis des millénaires. Dès qu’elle vit ces petits être de chairs et de sang s’animer de l’autre côté de la vitre, elle s’élança contre celle-ci et la pulvérisa. Osul eut juste le temps d’effectuer un bond de côté afin d’éviter la charge de l’animal. Cinq chiffres. Il ne me reste plus que cinq chiffres à traduire…

                 Mais lorsqu’il se retourna vers la cuve, il s’aperçut que la partie où était inscrit le code d’identification avait été broyée par la charge du Drinol, rendant la traduction désormais impossible. Osul resta deux longues secondes immobile, face à ce désastre qui lui avait refermé une porte pour toujours. Puis, acceptant cet échec avec humilité, il se précipita vers la sortie, où l’attendaient déjà ses troupes.

CHAPITRE ONZE



1548 heures, 28 novembre 2525 (Calendrier militaire)/ localisation inconnue.

             Sam avait prit le temps de s’assurer qu’il n’y avait plus un seul covenant dans les environs des navettes. Ils avaient laissé les engins sans aucune surveillance, ce qui témoignait d’une certaine confiance. Nous ne sommes donc pas sur une planète du CSNU, sinon ils auraient fait preuve de beaucoup plus de prudence. Voyons voir quand même ce que m’indique mon ordinateur d’armure.

             Sam naviguât du regard sur l’interface tête haute de son casque, demandant à son ordinateur des renseignements concernant sa localisation. Celui-ci afficha immédiatement PLANETE ZAKREF III, SYSTEME ALPHA CENTORE. Une série d’indications, ainsi qu’un bref historique, apparurent à côté de ce nom. Elle a donc été répertoriée, mais pas colonisée. Sans doute à cause de la faible surface utilisable. Cela veut donc dire qu’il y a un satellite de surveillance en orbite de cette planète, et il a certainement détecté la flotte covenante. C’est peut-être ma porte de sortie : son signal d’alerte va obliger le CSNU à envoyer une flotte d’investigation pour savoir ce que les covenants faisaient ici. Si j’arrive à survivre d’ici là, je serait sauvé.

             Le spartan s’était donc abrité sous le couvert de l’épaisse jungle entourant la clairière, prenant un poste d’observation plutôt accueillant au sommet d’un arbre. Il avait fait bien attention à ne pas déranger les indigènes du coin en utilisant sa furtivité naturelle. Même si son armure le rendait quelque peu voyant, les animaux qui l’apercevaient avaient vite fait de le prendre pour une grosse pierre immobile et sans chaleur.

             Cela faisait un bon quart d’heure que Sam observait l’entrée de la caverne dans laquelle s’étaient engouffrés les grand guerriers covenants. A un moment, la plupart d’entre eux étaient ressortis en portant de lourdes caisses métallique dont le contenu restait inconnu pour le spartan, puis ils étaient retournés à l’intérieur. Je ne sais pas ce qu’ils ont trouvé, mais ça doit certainement valoir le déplacement qu’ils ont fait jusqu’ici. Il peut s’agir d’armes ou d’équipement de combat, vu la quantité de caisses qu’ils ont trimbalé. Peut-être que je devrais aller voir ce qu’elles contiennent… mais si je retourne aux navettes et qu’ils reviennent, je serait on ne peut plus vulnérable. Et si je repars malencontreusement avec eux, je serais dans une posture encore plus dangereuse…

             Soudain, Sam entendu de nombreux tirs de plasma en provenance de la grotte. Il n’eut pas à attendre longtemps pour voir les élites covenants sortirent en courrant de la grotte, certains prenant le temps de se retourner pour couvrir leurs camarades. Ils ont rencontré des problèmes, apparemment. Et des gros, vu le nombre de soldats qu’il leur manque. Qu’est-ce qui peut bien obliger ces guerriers à se replier aussi vite ?

             La réponse vint sous la forme d’une énorme vague de créatures difformes et atrocement mutilées qui surgirent de la grotte telle une marée de crocs et de griffes, poursuivant les covenants qui tentaient de rejoindre leurs navettes au plus vite. Mon Dieu… qu’est-ce que c’est que ces choses ?

             C’est alors que les élites se séparèrent en deux groupe : ceux en armures bleu, commandé par celui en armure rouge, se tournèrent vers leurs poursuivant et ouvrirent le feu pour les ralentir. Ainsi couverts, ceux en armure violet, dont l’un possédait des armatures dorées, embarquèrent dans la navette spéciale pour décoller en quatrième vitesse, laissant leurs compagnons se faire débordés par le flux continu de monstres. En l’espace de quelques secondes, les derniers covenants présents sur la planètes furent mis en pièce de la plus horrible façon.

             Dans son arbre, Sam était sur le point de céder à la panique. Bordel, qu’est-ce qu’il faut que je fasse ? Pour l’instant, ils ne m’ont pas encore découvert, mais je ne pourrais pas rester indéfiniment immobile sur cet arbre. Les covenants ont abandonné deux de leurs navettes. Si j’arrive à atteindre la plus proche et à la faire décoller, je pourrais quitter cette île et attendre les secours sur une autre. Une occasion de tester mes nouvelles armes…

             Sam vérifia alors son équipement, augmenta la pression du gel hydrostatique de sa combinaison et calibra son viseur tête haute sur celui de la carabine covenante. Mettant l’arme de côté un instant, il saisit deux grenades covenants. Il est tant de voir les dégâts que ça peut faire…

             Le spartan activa les explosifs, puis les lança au beau milieu de la masse immonde et repoussante. Chacune touchèrent une créature et, contrairement à ce que Sam s’attendait, elles restèrent collées à leurs cibles, avant d’exploser dans une gerbe étincelante de plasma bleu. Les déflagrations emportèrent avec elle une bonne dizaine de ces monstres, et Sam décida de leur en envoyer encore deux avant de charger. Alors que les explosion ravageait les rangs ennemis désemparés, le spartan sauta de son arbre le plus loin qu’il put tout en délivrant des tirs meurtrier de sa carabine. Son arme tirait des traits fins de projectiles radioactifs, teintés d’un vert clair, tuant presque à chaque coup.

             Ainsi il commença à se frayer un chemin à travers la marée de créatures, mais ils y en avait de plus en plus qui commençaient à l’entourer. Au bout de quelques mètres, Sam n’avait plus que ses poings et ses pieds pour éliminer les obstacles pourrissants qui se dressaient entre lui et la navette. Une bestiole volante fit un passage au-dessus de lui, et il eut juste le temps de baisser la tête avant d’être décapité par les griffes acérés.  Et tandis qu’il enfonçaient ses poings dans les chairs décomposées des plus gros spécimens, ses pieds écrasaient à chacun de ses pas les individus plus petits qui tentaient de l’agripper.

             C’est alors qu’une énorme créature se plaça devant la navette covenante. Son corps semblait avoir subit de nombreux tirs de plasma de la part des élites sans pour autant l’affaiblir. Aucun autre animal en putréfaction n’osait l’approcher, créant un cercle tout autour d’elle de plus de deux mètres de diamètres. Ah… ça quand même, c’est une grosse bestiole…

             Le spartan ne perdit pas une seconde. Après avoir pulvériser d’un coup de coude la tête d’un ennemi arrivant dans son dos, il saisit son pistolet plasma ainsi qu’une autre grenade covenante. Il tira deux salves plasmatiques sur le cou du monstre qui se mit alors à hurler. Sam profita de cette ouverture pour jeter la grenade au fond de sa gorge avant d’effectuer un rouler-bouler entre ses jambes et atteindre finalement la navette de largage. L’énorme monstre explosa en une fontaine de chaires pourries qui éclaboussa le blindage du vaisseau alors que l’humain s’engouffrait dans l’ascenseur gravitationnel.

             Immédiatement, Sam se rua sur les commandes de l’appareils. Il y avait là une série de boutons aux symboles étranges ainsi qu’une paire de manettes. Dans l’ensemble, cela ressemblait à un tableau de bord humain. Le panneau de contrôle était déjà allumé, et Sam n’eut qu’à pousser une manette qui semblait contrôler la puissance, et diriger l’appareil avec l’autre. La navette décolla dans un vrombissement de moteur assourdissant et quitta l’île aussi rapidement que possible, laissant derrière elle cette vision de cauchemar.



CHAPITRE DOUZE



0927 heures, 2  décembre 2525 (Calendrier militaire)/ croiseur de combat du CSNU l’Intrépide, en approche de Zakref III.

             Tout le monde était relativement calme à bord du vaisseau. Personne ne s’attendait à rencontrer des forces covenantes dans ce secteur si longtemps après le signal de détresse du satellite de la planète. Il s’agissait plus d’une mission d’exploration que de contre-offensive, même si l’état-major avait prit la peine de mobiliser cinq croiseurs et sept frégate pour l’opération. C’était d’ailleurs la principale raison pour laquelle le capitaine Harold Welser avait dû attendre si longtemps pour faire quitter les docks de Médusa V à l’Intrépide : le temps de rassembler tous ces bâtiments de guerres qui ne serviraient finalement à rien. C’était comme si l’état-major avait volontairement retardé l’opération.

             Mais le capitaine n’était pas du genre à discuter les ordres de l’amirauté. Harold avait gagné ses galons durant la guerre civile dans la bordure orientale. Il avait hérité de l’Intrépide après la bataille de Fulsar II. A l’époque, il était lieutenant-opérateur responsable de l’armement du vaisseau. Lors de cette bataille, il avait réussit à abattre plus de cinq bâtiments de guerre rebelles, dont deux qu’il avait perforé d’une seule décharge de CAM. Cela avait attiré l’attention du Vice-amiral Whitcom  qui lui donna le commandement de l’Intrépide.

             Le capitaine regrettait ce bon vieux temps où les vaisseaux du CSNU pouvaient encore obtenir des victoires glorieuses. Depuis que les covenants étaient apparus, les rebelles restaient tranquilles dans leurs dernières planques, celles qu’on avait jamais retrouvées, et les nouveaux ennemis n’avaient jamais fait moins qu’annihiler toute résistance devant eux.

             La seule victoire que les humains avaient obtenue était celle d’un croiseur, le Commonwealth, contre une frégate covenante, grâce à l’abordage du vaisseau ennemi par une compagnie complète de TCAO pour y amener un lot de têtes nucléaires. Ces braves soldats s’étaient sacrifié pour la survie du Commonwealth.

             Le capitaine cessa ses égarements pour rester sur cette dernière pensée moyennement positive, et se concentra sur sa mission. L’Intrépide venait tout juste de sortir du sous-espace, à dix mille kilomètres de Zakref III, et se dirigeait lentement vers la planète. Harold demanda un rapport de ses lieutenants-opérateurs :

      -  Nos capteurs ne détecte rien d’anormal, annonça le lieutenant Patrics, opérateur aux systèmes auxiliaires.

      -  Moteurs à 75% de leurs puissance, fit le lieutenant Peter des machineries. A cette vitesse, nous atteindront la première lune dans cent-quatre-vingt-quatre secondes.

      -  Toutes les armes sont opérationnelles et approvisionnées, informa la lieutenant Hellen de l’armement.

      -   Excellente situation, synthétisa le capitaine. Que tous les vaisseaux restent en alerte jaune et en formation défensive. Les covenants peuvent toujours avoir laissé une sonde-espion derrière eux.

             L’Intrépide et sa suite continuèrent donc leurs route vers l’astre bleuté qui était, contrairement à ce que Harold s’attendait, était totalement intact. Un tel déploiement de forces aurait put ressembler à une mission punitive du temps de la guerre civile, mais contre les covenants, de tels effectifs étaient obligatoires si les humains voulaient une seule chance qu’au moins un de leurs vaisseaux s’en sorte. Cependant, les chances de rencontrer des covenants six jours après leur incursion sur cette planète étaient minimes.

             Soudain, alors qu’il passaient devant la première lune de Zakref III, le panneau de contrôle des communications se mit à émettre un bip strident et régulier. Immédiatement, le lieutenant Patrics fit son rapport :

      -  Capitaine, nous détectons le signal d’une balise du CSNU située à la surface de la planète. Mais son numéro de série ne correspond à rien d’enregistrer dans notre base de données.

             Harold était septique. Cette planète était de faible importance pour le CSNU, et personne n’y avait posé les pieds depuis son exploration il y a plus d’un siècle. Il aurait put s’agir de la balise du satellite qui se serait écraser à la surface, mais celui-ci était intact. Il était étrange que six jours après le passage des covenants dans ce secteurs, on y détecte une présence du CSNU. Mais le capitaine avait pour mission d’enquêter, et c’est bien ce qu’il comptait faire :

       -  Que tous les vaisseaux cessent leurs mouvement et s’apprêtent à sauter dans le sous-espace au moindre signe d’activité ennemie. Lieutenant Patrics, établissez-moi une liaison radio sur la fréquence d’urgence. Nous devons savoir de quoi il s’agit.

             Le lieutenant pianota alors un instant sur son clavier avant d’annoncer :

      -    Liaison établie, capitaine.

      -  Merci lieutenant. Intrépide à balise inconnue ! Ici le capitaine Harold Welser, officier en charge de l’opération d’exploration de ce secteur. Veuillez vous identifier.

             Harold et ses lieutenant attendirent trois longues secondes avant de réceptionner une communication faiblement parasitée. Une voix grave d’homme se fit entendre dans le poste radio :

      -  Et bien vous en avez mis du temps, les gars ! Ici le spartan Sam-034, section 3 de l’ONI, en mission spéciale. Dépêchez-vous de venir me chercher, ça fait cinq jours que je me fais chier sur ce cailloux.

             Les officiers de l’Intrépide étaient stupéfaits. De nombreuses rumeurs courraient à propos de super-soldats entraînés par la section 3, mais elles étaient tellement étranges que personne n’y croyait. On disait qu’ils étaient formés au combat depuis l’âge de six ans, qu’ils étaient plus haut de deux têtes qu’un humain normal et portaient des armures blindées. L’amirauté garderait le secret le plus complet sur ces combattants depuis leur création. Certains disent que ce serait ces super-soldats, ces « spartans » qui auraient fait explosé le vaisseau covenants sur Chi Céti IV, n’ayant perdu qu’un seul homme.

             Harold était septique. S’agissait-il d’un piège ? Les covenants pouvaient avoir capturé un marine pour les attirer à la surface tandis que leurs vaisseaux les prendraient à revers depuis l’orbite. Seulement, le fait que cet homme se prétende appartenir aux spartans avait installé un grand doute dans les convictions du capitaine. Lui qui s’attendait à ne rien découvrir, voilà qu’un inconnu disant faire parti d’un groupe de combat d’élite secret apparaît derrière les covenants.

       -  Comment diable êtes-vous arrivé ici ? demanda Harold.

       -  Je dirais que les covenants en avaient marre de me trimbaler et qu’ils m’ont abandonné là. Je devais leur causer trop de problèmes…

             L’inconnu employait un ton qui était loin de plaire au capitaine, du point de vue des règles de hiérarchie, mais qui lui inspirait tout de même une certaine confiance. C’était véritablement le ton d’une personne qui serait resté cinq jour seule à attendre des secours. Après s’être éclairci la gorge, Harold lui annonça :

      -   Indiquez votre position. Nous allons vous envoyer une navette.

       -   Il serait temps.



CHAPITRE TREIZE



0934 heures, 2 décembre 2525 (Calendrier militaire)/ croiseur de combat du CSNU l’Intrépide, en orbite autour de Zakref III.

             Même si aucune consigne n’avait été donnée, tout l’équipage de l’Intrépide restait en alerte dès que la nouvelle de l’arrivée du spartan. Une escouade complète de TCAO l’escorta depuis le hangar à navette jusqu’au pont de commandement. Les soldats étaient nettement impressionnés par la taille de Sam, qui faisait deux têtes de plus que le plus grand d’entre eux. Chacun de ses mouvements était étroitement surveillé, et personne autour de lui ne quittait la gâchette de son arme. Les membres d’équipage qu’ils rencontrèrent durant leur cheminement furent pétrifié par la vision du super-combattant, immobilisé dans une expression mélangeant l’admiration et la crainte.

             De nombreuses rumeurs avait couru a propos de l’existence de soldats génétiquement modifiés et entraînés depuis leur plus jeune enfance, ne connaissant que la guerre et les batailles. On disait qu’ils étaient capable d’arracher le blindage d’un tank scorpion à main nue et de se battre à un contre dix sans essuyer aucune perte. Peu de gens y avaient cru au départ, mais lorsque ce type de rumeurs s’étaient multipliés à travers tout le territoire du CSNU, les avis avaient lentement changé. Et aujourd’hui, ils rencontre finalement l’un d’entre nous.

             Lorsque Sam et son escorte pénétra sur le pont de commandement, tous les officiers rapprochèrent discrètement leurs mains de leurs armes de service. Seul le capitaine Welser resta calme face au spartan qui s’avançait à grandes enjambées vers lui. Sam se mit au garde-à-vous et releva la visière de son casque pour que tous voient son visage. Cela me donnera un peu plus l’air humain. Mieux vaut y aller en douceur avec eux. Au moindre mouvement suspect, leur peur pourrait les forcer à m’éliminer sur-le-champ.

       -  Spartan Sam-034 au rapport, capitaine.

       -  Repos, soldat. Avant de répondre à mes question, veuillez déposer toutes les armes dont vous disposez.

             Même si c’était une preuve d’un manque de confiance, Sam obtempéra. D’une série de mouvements lents, en prenant bien soin de ne pas approcher ses doigts des gâchettes de tir, il tendit aux TCAO les armes qu’il avait volé aux covenants. J’aurais préféré les donner aux docteur Halsey. Cela aurait put l’aider dans ses recherches…

       -  Maintenant, fit Harold, veuillez m’expliquer comment diable vous êtes arrivé sur cette planète !

       -   Et bien, capitaine, vous avez certainement dû entendre parlé du vaisseau covenant qui a été abattu au-dessus de Chi Céti IV, non ?

       -    En effet, j’en ai été informé. L’état-major a expliqué qu’une compagnie de TCAO a abordé le vaisseau ennemi pour y placer des têtes nucléaires. Malheureusement ils n’ont pas survécu à l’explosion.

             Les TCAO qui entouraient Sam se gonflèrent de fierté à la mention d’un tel acte de bravoure de la part de leur section.

        -   En vérité, expliqua Sam, ce sont les spartans qui sont à l’origine de cette victoire. Trois d’entre nous ont réussi à aborder la frégate. J’étais resté près des têtes nucléaires pour permettre à mes deux coéquipiers de quitter le vaisseau avant l’explosion.

             La fierté des troupes de choc se transforma soudain en une stupeur insondable, avant de devenir un sentiment de haine profonde envers le spartan qui leur volait cette victoire. Les TCAO sont des hommes fiers, qui comptent chacun de leurs succès. Et celle-là était d’une importance capitale, qui a gonfler d’espoir tous les membres du CSNU. Je doute qu’ils m’apprécient beaucoup après ça…

         -   Et comment avez-vous survécu à l’explosion ? demanda le capitaine d’un air méfiant.

         -   J’ai été capturé par les covenants. Pensant qu’ils n’auraient pas le temps d’évacuer le vaisseau, je leur ait dit pour la bombe. Deux d’entre eux m’ont embarqué dans une nacelle de survie et un autre vaisseau nous a récupéré quelques heures plus tard. Ensuite, ils sont venu sur cette planètes et j’ai décidé de leur fausser compagnie.

             Sam préférait ne pas parler de son passage sur l’immense station spatiale covenante. Cela aurait horrifié ses auditeur, et éventuellement décrédibiliser son récit. Ils ne sont pas près à connaître l’ampleur du danger que représentent ces extraterrestres. Si jamais ils savaient ce que j’ai vu. Cette station dépassait tout ce qu’on peut imaginer. Sans compter les centaines de vaisseaux qui se trouvaient tout autour…

             Tout autour de lui, les mines devenaient sombres et septiques. L’exploit officiel des TCAO leur semblait désormais plus crédible que cette histoire farfelue racontée par un monstre à demi humain dont on ignorait tout. Et cela, Sam le voyait très bien. Evidemment, ils ne sont pas au courrant de l’existence des spartans, et rien ne les oblige donc à me croire.

             Tant pis, il va falloir que je me serve de notre code d’identification d’urgence.

      -   Priorité Alpha de prise de commandement par ordre de la directive 624 de la Direction des Affaires Guerrières de la Navy. Code d’intervention 1266951-034.

             Tandis qu’il prononçait ces mots, Sam décrocha de son armure une petite plaque métallique couverte d’éléments électroniques, du genre des base de données transportables pour les unités informatiques. Le spartan la tendit au capitaine qui la prit avec méfiance. Certaines rumeurs parlaient de quatre TCAO qui seraient morts de la main d’un spartan dans un combat à main nue, la force du super soldat étant telle qu’il leur aurait brisé les os aussi facilement que s’ils avaient été en papier. Il est vrai que je pourrait lui briser la main si je ne faisait pas attention à ma force.

             Le capitaine inséra la plaque dans la borne informatique du pont de commandement. Aussitôt, une série de chiffres holographique apparurent au-dessus de la borne dans une teinte bleue claire. Harold n’avait jamais vu ces chiffres, mais il savait ce qu’ils signifiaient : c’était le code d’autorité absolue confiée par l’état-major du CSNU. Très peu de personnes possédaient ces autorisations, Son sang se figea soudain à cette vision et il se mit immédiatement au garde-à-vous face au spartan.

       -  Monsieur, je suis désolé d’avoir douté. Mon équipage et moi sommes à vos ordres.

       -  J’aurais préféré ne pas en arriver là, capitaine. J’ai juste besoin que vous m’emmeniez sur la colonie du CSNU la plus proche afin que je contacte l’état-major.

       -   Bien compris, monsieur. Que toute la flotte s’apprête à passer dans le sous-espace. Quelle est la colonie la plus proche ?

             Le lieutenant Patrics pianota un instant sur son clavier avant de répondre :

       -    Le système Tulsa est à 3,47 parsec d’ici, mon capitaine. Si tout se passe bien, nous y seront dans 43 minutes.

       -    Parfait. Calculez une trajectoire et communiquez-la au reste des vaisseaux de la flotte. Départ immédiat.

       -    Mon capitaine ! fit le lieutenant. Nous recevons un message prioritaire en provenance Médusa V ! Ils signalent une forte présence covenante, et réclame toute l’aide disponible dans le secteur !

             Le capitaine Harold était consterné. Chaque vaisseau qui se trouvait actuellement dans ce système était parti de Médusa V, constituant une flotte assez puissante pour mater une rébellion planétaire. Au final, ils n’avaient fait que récupérer un unique soldat et la flotte de défense de leur planète d’attache se retrouvait affaiblie. Même si le soldat sauvé était un spartan, cela ne justifiait pas le rassemblement de tant de bâtiments de guerre. Un seul aurait amplement suffit, mais l’état-major avait fait un excès de zèle qui s’avérait désormais très coûteux.

Quant à Sam, il ne savait plus quoi faire. Son petit numéro de section spéciale lui avait attribué le commandement de la flotte, et maintenant il devait faire un choix : avertir la Section 3 de sa survie au plus vite ou aider l’armée à repousser les covenants sur Médusa V. Ma première mission est de rejoindre mon équipe pour continuer le combat ensembles. Et puis, je n’ai pas subit toutes ces aventures pour retourner me jeter dans la gueule du loup. Qu’est-ce que cela pourrait bien changer que je sois sur Médusa V ? Et la flotte ? Est-ce qu’elle y changera quelque chose ? Aucune planète n’a jamais survécu à un assaut covenant. Cependant, j’ai pour ordre de protéger les membres du CSNU. La victoire que nous avons obtenue sur Chi Céti IV peut se répéter. Et avec un peu de chance, les autres spartans seront peut-être envoyés sur la planète, vu que Reach n’est pas loin.

         -   Que faisons-nous, Monsieur ? demanda le capitaine  Welser.

         -   Allons les aider.



CHAPITRE QUATORZE



0934 heures, 2 décembre 2525 (Calendrier militaire)/ croiseur de combat du CSNU l’Intrépide, en approche de Médusa V.

             La flotte venait tout juste de sortir du sous-espace, après 73 minutes de voyage. La situation de la planète ne semblait pas encore désespérée, car des combat se déroulaient toujours en orbite, de rares vaisseaux humains survivants donnant du fil à retordre aux covenants. Dès qu’ils furent à porté de communication des survivants, Harold lança immédiatement un appel :

             La puissante flotte humaine sortit du sous-espace à quelques dix-mille kilomètres à peine de la planète. On pouvait encore y voir en orbite des tirs zébrer l’espace, causant quelques explosions occasionnelles. Apparemment, les restes de la flotte de défense mettaient à mal des efforts des covenants. Le capitaine Welser s’empressa de demander une communication avec les survivants :

      -  Ici le capitaine Harold Welser, officier en charge de la mission d’exploration de Zakref III. Nous revenons renforcer la défense. Quelle est la situation ?

      -  Et bien c’est pas trop tôt ! s’exclama une voix affolée dans la radio. Il était temps que vous reveniez ! Ces salopards essayent de nous dézinguer depuis une heure !

      -   Veuillez vous identifier, monsieur, insista sévèrement Harold.

      -   Capitaine Codovan.

      -  Capitaine Conovan, j’ai besoin de savoir exactement ce qui se passe ici. Les effectifs ennemis, leurs armements et leur positionnement.

      -  Compris, monsieur. Nous avons deux croiseurs covenants dans le secteur. L’un est escorté par cinq frégates et s’occupe à nous traquer dans les débris de la bataille. L’autre a pénétré l’atmosphère et s’est positionné au-dessus de la ville de New Boston. Nos propres forces terrestres tente de résister à leur invasion, mais leurs troupes sont nombreuses et bien équipées.

     -   Merci de ces renseignements. Tenez bon le temps d’adopter une stratégie adaptée.

             Sur ces mots, Harold ordonna au lieutenant Patrics de couper la liaison avant de se tourner vers Sam. Celui-ci comprit que le capitaine attendait ses ordres. Cependant il n’était pas un stratège des combats spatiaux. Il était un fantassin, un combattant attaché à la terre ferme et aux affrontements en deux dimensions. Il me faut échapper à ce futur carnage. Apparemment, les autres spartans ne sont pas là. Ou pas encore… Cela vaudrait mieux pour moi que j’aille les attendre à la surface.

      -   Capitaine, faites préparez un Pélican et une escorte de chasseurs Longswords afin de m’emmener à New Boston avec une escouade de TCAO. Je vous redonne pleine autorité sur votre flotte. Faites de votre mieux pour occuper les vaisseaux ennemis en orbite.

      -     A vos ordres, monsieur.

             Sam se dirigea alors vers le hangar à navette et fit signe de le suivre aux TCAO qui se trouvaient dans la salle. Ceux-ci s’exécutèrent, mais leurs visages n’exprimaient en rien une quelconque joie d’aller au combat. Et même si son ouïe améliorée permit au spartan d’entendre les marmonnement agressifs des soldats à son encontre, il ne prit pas la peine de les blâmer, et se contenta de leur imposer le silence d’un geste de la main. C’est clair, ils ne m’aiment pas. Mais ils restent tout de même de bons soldats sur lesquels je vais devoir compter pour m’occuper des covenants. Mieux vaut ne pas leur en vouloir…

             Lorsqu’ils arrivèrent au hangar, les pilotes étaient déjà rassemblés sur le pont et recevaient leurs ordres de mission. Il y avait là cinq chasseurs Longsword qui se prépaient à escorter la navette Pélican jusqu’à la surface. Deux autres vaisseaux de largage avaient été préparer afin d’y emmener également une vingtaine de marines supplémentaires. Sans doute une initiative du capitaine. J’aurais préféré qu’il garde ses troupes de défense pour résister à un éventuel abordage, mais s’il juge qu’il peut se passer de ces hommes, autant en profiter.

             Sam s’avança vers les pilotes qui le remarquèrent aussitôt. Certains eurent du mal à cacher leur effroi en voyant son énorme armure, et durent accrocher leur regard aux yeux du spartan pour s’assurer de son humanité.

      -  Ecoutez-moi tous ! fit Sam de sa plus forte voix. A partir de maintenant et pour la durée de notre mission sur cette planète, vous êtes son mon commandement. Je ne tolèrerai aucune insubordination d’aucun d’entre vous, et je tiens à ce que ce soit bien clair.

             En lâchant ses mots, Sam se tourna légèrement vers les TCAO sans toutefois trop insister son ordre du regard. Ils doivent bien comprendre qui commande. Même s’il ne savent rien de moi, ils ont entendu suffisamment de rumeurs pour me craindre. Et de toute façon, une fois les combats commencés, ils verront par eux-même ce dont je suis capable. Espérons seulement qu’ils ne déconneront pas…

       -   Allez ! On grimpe !

             Les soldats se dépêchèrent de monter dans les appareil et les pilotes prirent place à leurs commandes. Une première vague de Longsword quitta le hangar afin de sécuriser la zone, puis ce fut au tour des navettes de largage, suivie par une deuxième vague de chasseurs. Le convois se dirigea à pleine vitesse vers la surface de Médusa V, et la ville de New Boston. Même s’ils étaient bien loin de la flotte covenante, celle-ci ne tarderait certainement pas à les détecter.

             Debout au milieu de la soute du Pélican, Sam observait les mines nerveuses des troupes de choc. Ils n’avaient encore jamais affronté les covenants dans un combat terrestre, et ne savaient probablement pas à quoi ils ressemblaient. Serrant leurs armes avec anxiété, ils se préparaient mentalement à affronter ce nouvel ennemi. Ces hommes ont surtout affronté des rebelles dans les abordages de vaisseaux et assaut de repères pirates. Des adversaires souvent peu entraînés et moyennement équipés. Et maintenant ils doivent combattre ces extraterrestre à la technologie si terrifiante.

             Prenant conscience de l’importance de cette pensée, Sam se plaça au fond de la soute, juste à côté du poste de pilotage, et se tourna vers les TCAO. Enlevant son casque pour les laisser voir son visage humain, il leur annonça :

      -  Soldats ! Ce jour et un jour important pour vous. Car c’est le jour où vous allez affronter pour la première fois ce nouvel ennemi impitoyable et encore inconnu que sont les covenants. Ne vous méprenez pas sur eux : leurs troupes, composées d’une alliance de plusieurs races extraterrestre surprenantes, sont bien entraînées, et disposent d’une technologie redoutable. Les sous-estimer serait une erreur très grave pouvant entraîner la mort de vos camarades ainsi que l’échec de notre mission. C’est pourquoi une fois que nous serons sur le champ de bataille, vous ne tenterez rien sans mon ordre. Suivez mes conseils et tout se passera bien. Est-ce que c’est bien clair ?

      -   Chef ! Oui, chef ! répondirent les TCAO en cœur.

      -   A vos ordre, commandant connard, fit l’un des soldats.

             Sam s’attendait à ce qu’une forte tête apparaisse. Il y avait toujours des petits rigolos dans chaque escouade de combat, qu’il s’agisse de troupes de choc ou de simples marines. L’ordinateur de son armure, qui contenait la liste de tous les soldats du CSNU, l’identifia comme le première classe Jasson O’Brian. Celui-là, il va falloir que je le calme rapidement si je ne veux pas me retrouver avec une rébellion en plein combat.

             Sam s’avança tranquillement du soldat, un léger sourire au coin des lèvres, et s’arrêta un instant devant lui. Le TCAO semblait défier le spartan d’un regard arrogant, les deux mains posées sur son arme. Sam resta de longue secondes immobile, ne laissant rien transparaître de ses sentiments, puis sans avertissements, il saisit d’une seule main le repose-tête du siège du soldat et l’arracha à la coque du vaisseau. Cette pièce était faite d’une épaisse plaque de métal surmontée d’un revêtement de cuir, permettant aux troupes de ne pas se cogner la tête contre la cloison de l’appareil lors d’une entrée dans l’atmosphère.

             Le spartan avait agit tellement vite que Jasson n’avait même pas eut le temps de lever son arme. Et maintenant, il était trop tard pour le faire.

      -  Eh ! fit Jasson. Rendez-moi ça !

             Sans sourcilier, Sam coupa en deux le repose-tête du tranchant de la main, protégée par son armure. Soudain, le première classe se mit à trembler, tandis que ses coéquipiers observaient avec stupéfaction la formidable puissance du spartan.

      -   Et comment je vais faire pour l’entrée dans l’atmosphère ? pleurnicha presque Jasson.

      -   Et bien tu fera comme les gamins quant ils ont la trouille durant un atterrissage forcé : la tête entre les genoux.

             Les autre TCAO s’esclaffèrent soudain en voyant leur camarade planquer sa tête entre ses genoux, tremblant de tout son corps. Sam échangea quelques regards amicaux avec eux, les TCAO le regardant désormais avec confiance et respect, puis il remit son casque sans toutefois laisser la visière baissée. C’est mieux. Ils ne me considèrent plus comme un ennemi, mais comme un chef. Et un chef sais se faire respecter par la crainte, mais aussi par les plaisanteries. Maintenant, ils sont prêts.



CHAPITRE QUINZE



0942 heures, 2 décembre 2525 (Calendrier militaire)/ navette de largage Pélican en approche de New Boston, planète Médusa V.

             L’entrée dans l’atmosphère s’était passé sans encombre. Les covenants ne semblaient pas considérer que trois seules barges de débarquement puissent compromettre leurs plans sur ce monde. Seulement, ils étaient bien loin de savoir ce que contenaient ces vaisseaux. L’escorte de chasseurs Longswords avaient reçu l’autorisation de Sam pour rejoindre l’orbite et aider la flotte. Ils seront certainement plus utiles là-haut…

             Alors qu’ils traversaient l’épaisse couche nuageuse recouvrant cette partie de la planète, les Pélicans continuaient de trembler sous la pression causée par leur rapide descente quasi verticale. Une fois les nuages dépassés, Sam put observer la ville de New Boston qui subissait les assauts terribles des covenants sous une pluie torrentielle. Des explosions éclairaient la cité dont le courrant semblait avoir été coupé tandis qu’on pouvait déjà apercevoir les plus gros blindés des deux factions faire mouvement ça et là.

             A l’image de l’ancienne ville de Boston, située sur Terre, New Boston avait été construite au bord de la mer qui constituait la limite Ouest de la cité. Elle consistait en une métropole très développée au niveau du littoral, entouré d’une banlieue résidentielle à l’architecture très moderne, avec au Nord les imposants chantiers navals.

             Le croiseur covenant n’était pas exactement au-dessus de la ville, mais seulement à quelques kilomètres à l’Est de celle-ci, et on pouvait voir sous son énorme corps une véritable armée en train de se déployer pour encercler New Boston. De nombreuses pièces d’artilleries aux formes étranges étaient déjà étalées dans une grande plaine un peu plus au Sud, et déversait sur la ville une avalanche de plasma, abattant les buildings aussi facilement que de simples arbres. La cité était en ruine, et Sam doutait beaucoup qu’elle survive, mais il ne devait pas penser à l’échec. Imaginer que l’échec est possible, c’est accepter cette possibilité, et donc aller vers elle, et vers la mort. Nous défendrons cette ville quel qu’en soit le prix.

             L’espoir était toujours là. D’autant plus que les forces de défenses de toute la planète commençaient à affluer vers New Boston. Les premiers bataillons d’infanterie commençaient à harceler les troupes covenants, tandis que des navettes débarquaient déjà des renforts au milieu des ruines de la ville. Les assiégeants devenaient les assiégés. Seulement, cela ne nous explique pas ce qu’ils sont venu faire ici. Ils auraient put se contenter de vitrifier la planète, mais ils acceptent de sacrifier un nombre considérable de soldats dans un assaut terrestre. De plus, même avec leurs compétences et leurs équipements, je doute que le contenu de ce seul croiseur puisse éliminer toutes les troupes de marines postées sur ce monde.

             En effet, Médusa V était un important centre de construction naval qui produisait une importante part des vaisseaux de guerre de ce secteur spatial. De ce fait, cette planète disposait d’une importante flotte de défense, mais aussi de nombreuses divisions d’infanteries et de blindés pour se défendre de toute attaque d’envergure de la part des rebelles. Seulement, les covenants disposaient de moyens beaucoup plus grands et de troupes de bien meilleures qualités, et ce monde n’était pas encore prêt à subir l’un de leurs assaut.

             Les Pélicans débarquèrent au milieu de New Coplay Square, l’un des derniers endroits où il y ait suffisamment d’espace pour atterrir. Sam descendit le premier de l’appareil et donna immédiatement ses instructions :

       -   OK, les gars ! Je veux de la discipline et de l’efficacité. Tout le monde reste groupé et en alerte. Troupes de chocs, vous prenez la tête avec moi. Marines, la première escouade reste au centre de la formation et la seconde ferme la marche. En avant !

             Les soldats se mirent alors en route, se dirigeant vers la partie Est de la cité, où les combats étaient les plus violents. Progressant lentement à travers les décombres, ils ne rencontrèrent presque aucune présence humaine, ne se heurtant qu’à de rares civils qui voulaient savoir ce qui se passait. Mais ces simples gens s’enfuirent tous à la vue de Sam, dont l’apparence était quelque peu effrayante, il faut bien l’avouer. De toute façon, je ne suis pas ici pour me faire des amis.

             Tout en continuant de marcher vers l’ennemi, Sam testait toutes les fréquences radios pour contacter les forces des marines qui restaient dans la ville :

       -  Troupes de défense de New Boston, ici groupe de renfort Alpha, répondez !

       -  Ici compagnie D, groupe de renfort, fit une voix après quelques minutes. Quel est votre position ?

             Sam consulta son ordinateur intégré qui lui afficha une carte complète de la ville, ainsi qu’un marqueur indiquant sa position actuelle.

       -  Nous sommes à l’embranchement de Boylston Street et de Brookline Avenue. Quelle est la situation ?

      -  Nous avons établi une ligne de défense au niveau de St Paul Street avec la 121ème compagnie blindée. Si vous arrivez à nous rejoindre, ça pourrait nous être utile, car les covenants semblent déterminer à nous enfoncer. Ils sont en train d’acheminer des chars antigrav vers notre position, et ça risque de chauffer.

             Un deuxième marqueur apparut sur la carte digital de Sam. Les marines se trouvaient à peine à 1km200 à l’Est. Les rejoindre ne devrait pas poser de problème. C’est plutôt résister contre une compagnie de char covenants qui risque de poser quelques problèmes…

       -  Compris, fit-il dans la radio. On arrive.

             Immédiatement, il se tourna vers les marines et troupes de choc qui le suivaient, et activa les haut-parleurs de son armure.

       -  Soldats ! Les troupes de cette ville ont établi un front défensif une dizaine de rue plus loin. Ils font état d’un grand nombre de blindés ennemis qui convergent vers eux. Nous devons les rejoindre avant ces chars afin de leur filer un coup de main. Alors on se dépêche !



CHAPITRE SEIZE



0947 heures, 2 décembre 2525 (Calendrier militaire)/ navette de largage Pélican en approche de New Boston, planète Médusa V.

             Le lieutenant Anderson devenait de plus en plus nerveux. Tous les rapports d’éclaireurs faisaient état d’une importante force ennemie en marche vers cette partie précise de la ligne de front. Une force composer d’environ mille fantassins divers et une centaine de chars antigravs. De nombreux appareils volants aux formes étranges semblaient avoir été rassemblés dans un parc à un kilomètre d’ici, en attendant de venir harceler les marines avant l’assaut.

             Cela faisait maintenant quatre heures que les combats avait commencé sur Médusa V, et le lieutenant avait déjà eut quelques occasions de voir les combattants covenants. Il avait été surprit de voir cet amalgame de diverses races totalement différentes les unes des autres combattre côtes à côtes. Il avait également été surpris par leur puissance de feu. Les gilets de protection des marines ne servaient presque à rien contre le plasma surchauffé de ces étranges armes. De nombreux soldats étaient hors de combats pour cause de graves brûlures. Et il y avait aussi ces armes bizarres qui tiraient des cristaux violets semblant détecter les cibles pour se diriger automatiquement vers elles. Ces projectiles se fichaient dans la peau des victimes et explosaient une ou deux secondes après, causant de très graves hémorragies internes condamnant la cible à une mort lente et certaine. Ce sont de terribles armements. Et nous n’avons certainement eut qu’un aperçut de leur technologie…

             Les troupes du lieutenant avaient aménagé une ligne de défense avec les carcasses de véhicules qui encombraient les rues. C’étaient des barricades de fortunes, mais elles étaient suffisamment résistantes pour encaisser les tirs d’infanterie. Par contre, Anderson doutaient que de si frêles protection puissent résister à des tirs de blindés.

             Le lieutenant savait que, sans renforts, lui et ses hommes étaient foutus. Au début de l’affrontement, il disposait de cinq cent marines forts et bien entraînés, mais plus de la moitié d’entre eux étaient morts ou incapables de se battre. Par contre, les dix tank scorpions que possédait sa compagnie étaient toujours intacts, mais ils n’allaient pas tarder à tomber à court de munition, et particulièrement au niveau des obus. Juste au moment où des munitions anti-char seraient le plus utiles…

             Bien sûr, les troupes de défense de toutes la planètes convergeaient vers New Boston, mais ils ne pouvaient pas arriver directement ici. Et la plupart des navettes de transport qui atteignaient la ville préféraient renforcer le front Sud, croyant que le Nord était à l’épreuve de tout. Le seul espoir pour Anderson et ses troupes provenait de ce groupe de renfort qui s’était manifester sur la liaison COM il y a quelques minutes. Le lieutenant pria silencieusement pour qu’ils soient correctement équipés contre des chars.

             C’est alors qu’il aperçu de nombreuses silhouettes surgire des bâtiments situés derrière de la ligne de front. La fumée causée par le bombardement permanent l’empêchait de voir clairement les nouveaux arrivants, mais il repéra une silhouette beaucoup plus grande et beaucoup plus imposante que les autres. Qu’est-ce que c’est que ça ?

       -   Soldats ! fit le lieutenant à ses hommes postés à ses côtés. Nous avons de la visite. J’espère que ce sont les renforts mais tenez-vous prêts à tirer quand même.

             Les marines se mirent alors en position, braquant leurs fusils vers les formes inconnues. Le lieutenant saisit son fusil de sniper et activa le zoom de sa lunette pour observer le géant qu’il avait aperçut. Il semblait porter une armure, car il n’était pas visible sur la vision thermique, mais les autres formes autour de lui étaient clairement humaines. Ils amènent un prisonniers ?

             Soudain, un obus de plasma s’écrasa non loin du groupe en approche, et l’écran de fumée fut soufflé par l’explosion. Le lieutenant put alors voir très distinctement l’énorme combattant spartan qui avançait vers lui et ses hommes, appuyé par un groupe de troupes de chocs et deux escouades de marines. Nom de Dieu… alors les rumeurs sont vraies. Ils existent !

             Le spartan s’arrêta devant le lieutenant et le salua brièvement avant d’annoncer :

       -  Lieutenant, si vous ni voyez pas d’inconvénient, je prends le commandement de la défense de la ville.

             Anderson tenta de répondre, mais aucun son audible ne sortit de sa gorge. Il se contenta alors de hocher la tête en signe d’approbation.

       -   Parfait, fit le spartan avant de s’adresser aux marines qui se trouvaient sur la ligne de défense. Ecoutez-moi tous ! A partir de maintenant, je prends en charge cette opération. Obéissez à mes ordres sans discuter, et une plus grande part d’entre vous survivrons. Je veux des snipers postés sur les toits des bâtiments en retrait. Que les hommes équipés de lance-roquettes se postent en embuscade au niveau des étages inférieurs, accompagnés chacun d’une escorte de trois soldats. Les blindés, repliez-vous deux rues en arrière et attendez mes ordres. Le reste des troupes, tenez la position et renforcez au mieux vos barricades.

             Les hommes ne perdirent pas un instant et exécutèrent les ordres du super-combattant. La plupart d’entre eux savaient de quoi il était capable, et sa présence redonnait de l’espoir. Sans compter qu’il était accompagné par un bon groupe de soldats, dont les effectifs ne seraient pas de trop pour défendre le front. Les troupes de choc prirent place avec le spartan au milieu de la ligne, tandis que les deux escouades de marines se placèrent sur leurs flancs. En quelques minutes, tout le monde était en place.

             Le lieutenant Anderson, plus habile au fusil de sniper qu’à autre chose, s’était posté sur le toit d’un immeuble en ruine, qui offrait une vue parfaite sur presque toute la longueur de St Paul Street. Il tenta de contacter d’éventuelles navettes de largage en approche, mais aucun renfort ne semblait disponible. Ca ne fait rien. Maintenant, nous avons le plus puissant des tanks avec nous…

             C’est alors que les premiers covenants apparurent au loin. Anderson pointa son sniper sur les arrivants, et vit alors la véritable marée de grognards qui courrait en direction de ses hommes. Il y avait au bas mot un millier de ces petits combattants, équipés de pistolets plasma et de ces lanceurs d’aiguilles. Derrière eux se trouvait un bon nombre d’autres extraterrestres à la forme humanoïde mais beaucoup plus grands qu’un humain, portant des armures complètes et éclatantes. Ils semblaient diriger les autres, leur hurlant des ordres de leurs bouche ornée de deux affreuses paires de mandibules.

             Anderson avait déjà eut l’occasion de voir en action plusieurs de ces grands salopards. Ils étaient équipés de boucliers corporels qu’il fallait d’abord affaiblir avant de pouvoir les blesser, et portaient des armes beaucoup plus destructrices que celles des grognards. Leurs terribles fusils à plasma déversaient de véritables pluies plasmatiques dont une seule décharge pouvait perforer un marine. Ils font sans doute partie de la race des élites des covenants. Un seul d’entre eux peut venir à bout d’une escouade complète de troupes régulières. Leurs équipements et leurs tactiques sont incroyablement développés. Ils sont capables de coordonner leurs troupes comme une meute de loup à la chasse. J’espère qu’ils ne sont pas aussi nombreux que ces grognards. Je préfèrerai nettement faire affronter un million de ces petites saletés à mon bataillon plutôt qu’une seule escouade de leur espèce.

             Et derrière cette véritable armée qui avançait vers eux, Anderson pouvait déjà apercevoir les longues colonnes de blindés qui s’apprêtaient à les pulvériser.



CHAPITRE DIX-SEPT



0948 heures, 2  décembre 2613 (Calendrier militaire)/ ville de New Boston, colonie de Médusa V.

                 L’armée covenante avançait droit vers la ligne de front humaine, et Sam observait tranquillement les milliers de combattants ennemis à travers les macro-jumelles de son casque. Les élites étaient placés bien en retrait derrière la multitude de grognards servant de chair à canon, et se trouvaient juste avant les colonnes de chars. Ces véhicules étaient très étranges, car leurs canons étaient très courts et étonnamment gros. Ils étaient également équipés de deux fusils plasma de coque pour pouvoir s’occuper de l’infanterie, et leurs puissants aéroglisseurs les maintenaient constamment à une trentaine de centimètres au-dessus du sol. Leur forme massive laissait présager une grande résistance, ce qui n’était pas pour rassurer le spartan.



                 Alors que l’ennemi approchait, un plan se dessina lentement dans l’esprit de Sam. L’armée covenante se base sur le principe de la double épée : leur force d’attaque est composée de deux partie bien distincte qui peuvent chacune se charger seule de l’ennemi. Nous avons donc le choix entre nous concentrer sur une partie précise de l’armée avant de s’attaquer au reste, ou répartir nos tirs sur l’ensemble de l’armée.

         Dans ce cas précis, la première épée covenante comporte tous les grognards, qui fonceront sur nous en masse pour nous faire gaspiller des munitions et nous avoir à l’usure grâce à leurs effectifs écrasants. La deuxième épée quant à elle, comporte les élites et les tanks, qui vont déchaîner un enfer de plasma sur nous tout en ayant une excellente garde rapprochée d’infanterie nous empêchant de les approcher. Le tout compose une machine de guerre terrible, mais qui doit bien avoir sa faiblesse.

         Notre seul espoir est soit de rapidement rendre inutile l’une de ces deux épées, soit de les diviser. Peut-être même que nous pouvons faire les deux…

     -  Lieutenant ! fit le spartan. Voici le plan de bataille : Que vos équipes antichar placent des charges explosives dans les bâtiments des deux côtés de la rue à trois cent mètres de notre ligne, et attendent mon ordre pour les déclencher. Je veux que vos hommes déversent rapidement la moitié de vos réserves de carburant juste devant le front.

    -   Bien comprit, chef !

                 Le lieutenant s’empressa de faire suivre les ordres. Malheureusement, l’ennemi n’étaient plus qu’à un kilomètre. Il fallait donc faire vite. Sam pria pour que les covenants ne voient pas ce que manigançait leur adversaire. C’est alors que l’armée ennemie arrêta soudainement sa progression. Qu’est-ce qu’ils font ? Peut-être qu’ils n’ont pas l’intention d’attaquer ? Pourtant leur stratégie n’a pas l’air d’être celle d’une guerre d’usure. Et de plus, je doute qu’ils aient le moindre scrupule à sacrifier tous leurs grognards.

                 Sam zooma alors sur les chars covenants, qui pointaient lentement leurs canons vers le ciel. Oh non ! Ne me dites pas que ce sont des…

                 Mais le spartan ne s’était pas tromper. D’énormes boules de plasma furent tirés par les chars covenants, et celles-ci commencèrent à décrire de longues courbes en direction des défenses humaines.

     -  Et merde ! Ce sont des pièces d’artilleries ! Tout le monde à couvert !

                 Immédiatement, ce fut la débandade. Les centaines de marines tenant la position coururent s’abriter dans les ruines alentour. Heureusement, la première salve de l’artillerie ennemie n’était pas calibrée, et les tirs atterrirent plusieurs dizaines de mètres devant la ligne de front. Mais la satisfaction d’échapper au pilonnage s’effaça du visage de Sam lorsqu’il vit les énormes explosions plasmatiques qui pulvérisèrent littéralement les quelques véhicules traînant sur la route. Quelle puissance ! Même une base conventionnelle ne résisterait pas à une seule salve de cette artillerie.

                 Par chance, les explosions étaient trop loin des flaques de carburant pour les enflammer, et le piège était toujours en place. Et contrairement à ce que Sam s’attendait à voir, la seconde salve covenante tomba encore plus loin de la ligne défensive désormais abandonnée, continuant de nettoyer la rue en réduisant les décombres et carcasses de véhicules à l’état de cendre quand cela ne les vaporisait pas sur le champ. Ils jouent sur la psychologie : en même temps qu’ils dégagent le passage pour leur infanterie, ils font étalage de leur puissance de feu et épargnent notre ligne de front pour montrer qu’ils se moquent bien qu’on soit à couvert ou non.

                 Ils s’attendent certainement à nous écraser avec leur seule infanterie sans avoir à nous bombarder. Mais il se pourrait bien qu’ils changent d’avis. Nous devons donc nous occuper de leurs blindés avant de mettre en échec les fantassins.

                 -  Lieutenant ! fit Sam. Ordonnez à vos chars de contourner l’armée ennemie pour prendre leurs chars à revers. Qu’ils attendent mon ordre pour attaquer.

       Puis le spartan se tourna vers les marines qui étaient partis de l’Intrépide avec lui.

                 -  Sergent Mallow ! Je veux que vous et vos hommes empruntiez les égouts pour vous placer derrière l’ennemi. Rejoignez notre détachement blindé et apportez-leur tout le soutient possible.

                 -  A vos ordres, chef !

       Les marines partirent immédiatement à la recherche d’un accès aux souterrains. Et alors qu’il regardait ces braves soldats quitter le secteur pour une bien périlleuse mission, Sam s’aperçut que le pilonnage covenant avait cessé.

                 -   Allez les gars ! On se replace sur le front !

       Le spartan sortie alors des ruines, suivit par les troupes de choc orbitales et plusieurs dizaines de marines. Le reste des forces de défense, voyant le super-combattant reprendre position, quittèrent la protection des bâtiments pour se replacer derrière les frêles couverts des carcasses de voitures civiles. Déjà, les milliers de grognards fonçaient vers les humains, courrant sur leurs courtes pattes. Ceux le plus en avant allaient aussi vite qu’ils le pouvaient pour éviter d’être piétiner par leurs camarades, hurlant pour faire monter leur adrénaline et contenir la douleur de leurs muscles en surchauffe.



       Le sol tremblait sous les pas de ces innombrables combattants, et les marines qui se trouvaient à côté de Sam commençaient à succomber à la peur devant cette marée qui fonçait droit sur eux. Ils sont nerveux, c’est clair. Nous devons attendre avant de décimer l’infanterie, mais si nous ne tirons pas, les covenants vont se douter de quelque chose. Laissons donc nos troupes faire quelques tirs.



               -         A toutes les troupes sur la ligne de front, ouvrez le feu, mais modérez vos tirs.

       Les marines délivrèrent sans attendre une redoutable pluie de plomb qui faucha les grognards comme du blés. Les survivants piétinaient les cadavres ou trébuchaient dessus, se retrouvant parfois à terre et se faisant piétiner à leur tour par leurs congénères enragés. Les nombreux morts ne changeaient rien à la détermination des grognards, qui ne voyaient rien d’autre que les humains devant eux. Mais les armes de ces petits extraterrestres avaient une trop courte portée pour être efficace d’aussi loin. Il leur fallait avancer encore un peu avant de répliquer. Il faut juste que le piège soit en place au moment où ils seront capables de tirer.

                 -    Chef ! fit le sergent Mallow dans la liaison COM. Notre équipe est en place avec le détachement, en attente d’ordres, chef.

                 -     Reçut. A toutes les unités antichars, feu à volonté sur les blindés ennemis !

       Plusieurs dizaines de traînés de fumée filèrent depuis les bâtiments des deux côtés de la rue, pour percuter les chars covenants dans une série d’explosions flamboyantes. Les lourds véhicules étaient certes résistants, mais pas au point de résister à autant d’explosifs. Chaque cible nécessitait deux tirs de roquette bien placé afin de rendre l’âme, libérant une formidable quantité de plasma lorsque ses réserves étaient touchées. Mais les chars ennemis étaient nombreux, et seuls une vingtaine succomba avant que les équipes de démolitions tombent à court de munition. Il nous reste cependant nos propres chars, avec les marines postés derrière leurs lignes. Nous pourrions les utiliser tout de suite, mais ce serait les envoyer au massacre pour nous éviter le pilonnage.

      Pendant ce temps, les grognards continuaient d’avancer implacablement, et les premiers d’entre eux se trouvèrent suffisamment près pour tirer. Leur avancée ne s’arrêta pas pour autant, la première ligne étant entraînée par le flux derrière eux. Ils poursuivirent alors leur progression acharnée vers les humains, délivrant en pleine course quelques rafales d’une pitoyable précision. Cependant, il ne leur restait plus qu’une dizaine de mètre à parcourir jusqu’aux humains…

       Sam saisit alors une fusée éclairante accrochée à sa ceinture et l’alluma d’un mouvement étrangement calme par rapport à la situation. Puis il attendit un long instant, avant de la lancer vers les flaques de carburant étalées devant les défenseurs. L’objet décrivit une courbe harmonieuse dans les airs pour apporter sa flamme au liquide incandescent qui créa instantanément un véritable mur de feu.

       L’obstacle aveugla les grognards les plus proches, qui eurent un bref mouvement de recule. Suffisant pour être rattrapés par leurs congénères et jetés à terre avant d’être écrasés sous des centaines de combattants enragés. Ceux-ci n’eurent pas le temps de voir les flammes et s’y jetèrent sans réfléchir, se transformant subitement en torches vivantes. Certains d’entre eux n’eurent pas beaucoup le temps de souffrire de leurs brûlures, leurs réservoirs de méthanes dorsaux explosant sous la chaleur, dispersant tripes et boyaux au quatre coins de la ligne de front.

                 -   Snipers ! hurla Sam dans la liaison COM. Visez les élites ! Tirez pour tuer !

       Des une volée impressionnante de balles traçantes traversèrent les centaines de mètres séparant les tireurs des grands extraterrestres aux armures bleue, transperçant leurs boucliers corporels pour atteindre les chaires, perforant ces puissants guerriers de part en part. Certains d’entre eux, aux armures de couleurs plus vives, semblaient posséder des boucliers plus résistants, nécessitant plusieurs tirs pour être pénétrés, mais dans l’ensemble, ce fut un véritable carnage.

      Voyant leurs frères tomber par dizaines, le reste des élites se mit à couvert derrière les chars qui pointèrent de nouveau leurs canons vers le ciel. Et merde ! C’est bien ce que je craignais : ils vont passer au plan B et nous pilonner à mort. Mais on va tourner ça à notre avantage.

                 -   Equipes de démolition ! Activez les charges !

      Les bâtiments situés des deux côtés de la rue entre les chars et l’infanterie de grognards disparurent brusquement dans  une violente explosion qui souleva un énorme nuage de fumée. Une bruit assourdissant de fin du monde accompagna l’effondrement des hauts buildings, et lorsque l’écran de poussière de dissipa, un énorme barrage de ruines s’étendait sur toute la largeur de la rue. Il était tellement haut que les chars ennemis n’eurent plus aucun angle de vue sur la ligne de front humains. Malgré cela, ils firent feu quand même, tirant au jugé et se fiant au hasard.

       Et justement, cette trop grande confiance en la chance fut une grossière erreur. En effet, au lieu de toucher les défenses humaines qui ne s’étendaient que sur une mince ligne en travers de la rue, les obus plasmatiques se dispersaient un peu partout autour des soldats du CSNU. Les explosion parsemèrent le champ de bataille, touchant rarement les humains, dépassant parfois leurs position, et ravageant souvent les rangs des grognards. Les pauvres petits extraterrestre dont les effectifs étaient compactés devant le mur de feu furent décimés par les tirs de leurs alliés qui semblaient peu se soucier de leur sort.

       Pendant ce temps, les snipers continuaient de s’occuper des combattants d’élites covenants, leur position sur-élevée leur donnant un excellent angle de tir par-dessus le barrage de gravas. Il n’y avait pas assez de couvert pour tous les élites, et les feux croisés des tireurs humains eurent raison d’un grand nombre de ces redoutables guerriers, qui n’avaient pas l’équipement pour rivaliser avec des snipers. C’est le moment idéal pour refermer le piège.

                 -   A tous les chars ! Attaquez ! Escouades de marines en soutient. Ne gaspillez pas vos munitions. Snipers ! Ne laissez pas les élites interférer.

       C’est donc avec un effet de surprise total que les puissants chars scorpions déboulèrent d’une rue adjacente pour prendre les blindés covenants à revers, leurs canons ayant une superbe vue des blocs moteurs ennemis, ainsi que des nombreux élites qui se cachaient derrière les véhicules. Un déluge d’obus s’abattit, chaque tir détruisant un tank extraterrestre, tandis que les mitrailleuses lourdes en tourelle se chargeait d’éliminer l’infanterie. Celle-ci se dispersa aussitôt afin d’éviter d’être anéantie par les explosions, mais se retrouva dans la ligne de mire des snipers. Pris sous un feu nourris devant et derrière leurs positions, les élites covenants tombaient comme des mouches. Lorsqu’ils ne furent plus qu’une petite poignée de combattants, ils décidèrent de charger héroïquement les chars humains. Une action aussi héroïque que désespérée, et totalement suicidaire. Quant aux tanks ennemis, ils mirent trop de temps à effectuer leur demi-tour, leur lenteur les laissant à la merci des scorpions qui eurent rapidement raison de leurs homologues extraterrestre. Rapidement, il ne resta plus rien de l’arrière de l’armée covenante.

      De l’autre côté du barrage de ruines, le combat n’était pas encore fini, mais n’en était pas pour le moins déjà gagné. Les grognards, affolés par la perte de temps des leurs, ainsi que par l’effondrement derrière eux leur coupant toute retraite, les petits extraterrestres paniquèrent. Il courraient au hasard, respirant leurs réserves de méthanes par grandes bouffées qui les rendaient encore plus affolés. Mais le mur de feu s’était était par manque de carburant, et les plus courageux d’entre les grognards décidèrent de charger les humains. Quelques brefs échanges de tirs eurent rapidement raison de ces quelques téméraires.

      Sam voyait qu’il restait tout de même un grand nombre de ces petits êtres trouillards qui pouvaient reprendre leurs esprit et charger à nouveau. C’est pourquoi il quitta le couvert de la ligne de front et avança vers l’ennemi, se tournant un bref instant pour ordonner aux hommes derrière lui :

                 -   Il est temps de les achever ! Soldats ! Avec moi !

      Poussant des cris de rage contre l’envahisseur extraterrestre, les centaines de marines suivirent le spartan au combat, courrant vers la multitude de grognards en débandade. Délivrant un tir nourris et précis de son fusil de combat, Sam se jeta sur les premiers ennemis qu’il rencontra, et engagea contre eux un corps à corps féroce. Sortant son large couteau de combat qu’il magnait avec virtuose, il entreprit de saigner à blanc les extraterrestres. Les troupes de choc de l’Intrépide suivirent son exemple et se mirent à combattre les grognards de toute la force de leurs poings. L’un d’eux brisa la nuque d’un ennemi d’un coup de crosse bien placé, ce qui ôta le masque respiratoire du grognards, laissant apparaître son horrible faciès à la mâchoire sans lèvres et aux dents pointues.

      Sam n’avait aucun mal à étriper ses adversaires qu’il dépassait d’au moins deux fois leur taille, et les covenants ne mirent pas longtemps à le fuir comme la peste, paniquant aussitôt que leur regard croisait la visière miroitante de ce combattant invincible. Tout le monde craint quelque chose. La défaite, la mort, l’oublie, cela dépend de ses convictions. Ces covenants n’ignorent pas la peur, mais désormais, ils craindront autre chose. Désormais, et par-dessus tout, ils craindront la colère des spartans.

CHAPITRE DIX-HUIT



1024 heures, 2  décembre 2613 (Calendrier militaire)/ ville de New Boston, colonie de Médusa V.



             Sam observait les marines qui parcouraient le champs de bataille pour ramasser les armes sur les cadavres covenants. Il y avait parmi ces innombrables corps un arsenal incroyable de haute technologie, qui pouvait être d’une très grande utilité aux défenseurs humains dans les prochaines heures. Cependant, Sam était certain que quelque chose n’allait pas. Pourquoi les covenants ont-ils agit comme ça ? Une telle stratégie n’a aucune explication. Ils savent parfaitement que les forces terrestres de toute la planètes sont en route pour les affronter, et même leur haute technologie ne pourra les préserver d’un tel nombre. Pourtant ils ont envoyé une énorme force militaire attaquer cette ville au lieu de défendre leur zone de débarquement.

             C’est comme s’ils voulaient vraiment conquérir cette planète et qu’il commençaient par cette ville. Seulement, leurs effectifs seraient à peine capables d’occuper la région, sans compter les énormes pertes que nous venons de leurs causer.

             Peut-être leur arrogance les aveuglait au point de leur faire croire que rien ne pourrait stopper leur armée ? Cette défaite devrait les obliger à reconsidérer la chose, voire à demander des renforts à leur flotte en orbite. Il y a de fortes chances que plusieurs de leurs vaisseaux ne tardent pas à débarquer dans le coin. Cela nous donne cependant suffisamment de temps pour mieux organiser notre défense.

             Sam convoqua alors le lieutenant Anderson par radio. Lorsque l’officier arriva, il tenait fièrement son fusil de précision. Il avait eut la satisfaction d’éliminer un grand nombre de ces combattants d’élite covenant qu’il craignait tant, et un grand sourire parcourait son visage respirant l’espoir. Il est en bonne condition. Tout comme le reste des marines. Cette bataille est de celles qui marquent les esprits, que ce soit celui des vainqueurs ou des vaincus. Dommage qu’aucun covenant n’ai survécu. Il aurait eut le privilège d’annoncer à ses camarades la branlé qu’ils se sont prit. Espérons que les élites étaient en contact radio avec leurs supérieurs…

     - Lieutenant, commença Sam. Je vous ai convoqué pour que nous discutions en profondeur de la défense de la ville.

     - Bien, chef. Mais les renforts commencent déjà à arriver et je doute que les covenants se risquent à nous attaquer de nouveau après avoir prit une telle raclée.

             En effet, de nombreuses navettes de largages Pélican provenant des plus proches bases militaires avaient finalement atteint la ville, et débarquaient dans les rues des centaines de marines tous prêts au combat. Certains appareils transportaient également des véhicules sous leurs attaches magnétiques, que ce soit des jeeps ou de nouveaux chars lourds. La ville commençait à devenir une véritable forteresse. Mais cela n’effaçait pas les craintes de Sam.

     -  Nous ne devons pas abaisser notre garde. Les covenants ont fait une erreur tactique, et nous leur avons fait payé cher, certes. Mais maintenant ils seront sur leurs gardes, et n’auront aucune pitié. Tout à l’heure, ils auraient très bien put massacrer notre ligne de défense avec leur artillerie, mais ils ont voulu nous prouver leur supériorité. C’est pour cela que nous avons prit l’avantage. La prochaine fois, ils n’auront aucune pitié.

     -   Je comprends parfaitement, chef. Je vais demander aux hommes de ne pas se reposer sur leurs lauriers.

     -   Il nous faut établir un nouveau front à la sortie de la ville, afin de priver les covenants de tout couvert lorsqu’ils ré-attaqueront. Que toutes les troupes fassent mouvement vers la périphérie Est de New Boston. Laissez un bataillon complet en faction dans le centre-ville afin d’éviter que l’ennemi effectue un débarquement derrière nos lignes. Nous partons immédiatement.

     -    Bien comprit.

             Le lieutenant fit passer les ordres sans tarder, et l’armée humaine se mit en route avec l’énergie des vainqueurs. Ils étaient impatients de tuer d’autres covenants, et Sam pouvait voir dans leurs yeux ce sentiment de satisfaction issu de la bataille. Mais une trop grande confiance en eux pourrait les perdre. Nous devons nous assurer de garder leurs esprits sereins et attentifs.

             Durant le déplacement vers la nouvelle ligne de front, Sam contacta le capitaine de l’Intrépide alors qu’il était assis dans le siège passager d’un warthog :

     -   Capitaine Welser ! Ici Spartan-034. J’ai besoin d’informations sur la bataille en orbite.

     -   La situation est assez tendu, chef. Nous avons perdu plus de la moitié de nos bâtiments de guerre, mais non sans détruite trois frégates covenants et endommagé leur croiseur.

     -   Ont-ils tenté de pénétré dans l’atmosphère de la planète ?

     -   Négatif, chef. Ils continuent de concentrer leurs efforts sur nous.

     -   Si jamais ils essayent, stoppez-les à tout prix. Nous avons déjà assez à faire avec un seul croiseur.

     -  Chef, je crois que vous ne saisissez pas bien la situation : nous sommes à plusieurs milliers de kilomètres de Médusa V. Un affrontement prolongé face aux vaisseaux covenants serait du suicide, et nous nous contentons d’effectuer de courts raids afin d’affaiblir progressivement leurs forces.

             Sam resta un moment muet, cherchant dans son esprit à visualiser la stratégie spatiale du capitaine, ainsi que celle des covenants.

     -   Et ils ne tentent pas de vous poursuivre ? demanda le spartan après de longues secondes.

     -   Négatif. Ils restent en position géostationnaire à neuf-cent kilomètres au-dessus de New Boston, et n’ont pas bougé depuis le début de la bataille.

             Sam comprenait de moins en moins ce qui se passait. Ils envoient un unique croiseur débarquer ses troupes à la périphérie d’une ville quelconque de Médusa V, alors qu’il pourrait parfaitement le faire en plein milieu de la ville, et gardent tous leurs autres vaisseaux en orbite simplement pour empêcher notre flotte d’approcher. S’ils faisaient débarquer toutes leurs troupes, ils nous faudrait des mois pour les déloger de la planète, même avec l’ensemble des soldats disponibles sur la planète et à bord de nos vaisseaux.

             Pourtant, ils ne le font pas. Même après la terrible défaite qu’ils viennent de subir. Cela veut dire qu’ils ne se soucient absolument pas de prendre la ville ou non. Tout ceci… n’est qu’une diversion.

             Ils doivent avoir un autre objectif, plus important à leurs yeux que la vie de milliers de soldats. Cette attaque de New Boston n’est destiné qu’à rassembler toutes nos forces terrestres au même endroit de la planète… ou plutôt du même côté. Cela expliquerait pourquoi ils cherchent à empêcher notre flotte d’approcher pour éviter qu’elle ne découvre la supercherie. Espérons qu’il n’est pas trop tard pour les arrêter…

             -  Capitaine ! fit Sam dans la liaison COM. Envoyez immédiatement un drone espion explorer l’autre côté de Médusa V. Je veux un rapport aussi rapidement que possible.

             -   A vos ordres, chef.

            Les minutes qui suivirent cet ordre furent parmi les plus longues de la vie de Sam. Tandis que le warthog qui le transportait tressautait sur les nombreux débris qu’il traversait, l’esprit du spartan tentait d’entrevoir toutes les possibilités de cette terrible manœuvre de diversion. Malgré les efforts persistant de son mental pourtant surhumain, aucune hypothèse logique ne surgissait de son intense réflexion. Lorsque la voix du capitaine Welser se fit de nouveau entendre dans la liaison COM, Sam était sur le point d’exploser d’impatience.

      -   Chef ! Je ne comprends absolument pas. Nous avons un nouveau croiseur covenant dans le système !



CHAPITRE DIX-NEUF



1105 heures, 2  décembre 2613 (Calendrier militaire)/ navette de largage Pélican, région de Armida, colonie de Médusa V.



             Sam vérifia une dernière fois son armement et les équipements de son armure. Il ne pouvait pas se permettre d’être en dessous de ses capacité maximale pour cette mission. Assis à l’arrière du Pélican, entouré uniquement des caisses de munitions et d’armes qu’il avait fait monter, le spartan se préparait au pire.

             Le destroyer covenant détecté par le drone espion avait pénétré l’atmosphère de Médusa V et s’était placé exactement aux antipodes du croiseur attaquant New Boston, dans une région désolée et aride à plusieurs centaines de kilomètres de toute installation humaine. Ses puissants brouilleurs avait empêché l’envoie de messages d’alerte le temps que ses chasseurs spatiaux détruisent les satellites de communication, et maintenant ils se croyaient à l’abris de toute attaque.

             Il aurait été simple d’avertir les forces de défenses planétaires du nouveau débarquement ennemi qui semblait représenter la véritable mission covenante. Mais Sam avait préférer profiter du sentiment de sécurité dans lequel devaient baigner les extraterrestres de ce côté de ce monde. Il avait ordonné au capitaine Welser de ne parler à personne de ce nouveau vaisseau avant la fin de la bataille, afin que son opération reste discrète, et il avait redonner la défense de New Boston au lieutenant Anderson qui semblait tout à fait capable de tenir la ville.

             La furtivité allait être l’atout le plus important pour le spartan, qui avait appris à épouser les ombres et incarner le silence, chose idéal pour progresser sur cette face non éclairé de la planète. C’est pourquoi il avait retiré ses plaques d’armures pour ne garder que sa combinaison de combat noir, afin d’éviter de briller comme un miroir de poche. Cependant, Sam n’avait pas vraiment de plan précis. Vu qu’on possède très peu d’informations, mieux vaut se préparer à tout. De toute façon, je n’ai pas l’intention de ma farcir l’intégralité de l’équipage d’un destroyer. Mais il faut absolument découvrir pourquoi les covenants ont prit autant de précaution pour que nous ignorions leur véritable objectif sur cette planète.

             Sam choisit un équipement axé sur le combat rapproché, car s’il devait être détecté par les forces covenants, ce serait au beau milieu de leurs positions. Il prit donc un fusil d’assaut MA5B, dont les chargeurs contenant 60 balles de 7mm 62 pouvaient contenir les nombreux grognards qu’il n’allait pas manquer de rencontrer.  Un fusil a pompe lui sembla l’arme idéale pour pénétrer rapidement les boucliers énergétiques des élites et les éliminer rapidement. Dans un étui accroché à sa cuisse, il rangea un pistolet M6D qui pouvait s’avérer utile comme arme de dernier recourt, et il saisit également un couteau de combat pour l’éventualité d’un corps à corps. Sa ceinture pouvait accueillir huit grenades, et il ne se priva pas pour en emporter le maximum.

             Cet équipement lui permettait de faire face à un large éventail de dangers potentiels tout en l’encombrant au minimum, lui laissant l’agilité nécessaire pour se faufiler discrètement à travers les lignes ennemies. Maintenant, il faudrait juste que j’arrive à les atteindre, ces lignes. Dans le désert, ce ne sera pas forcément évident.

             Heureusement, la zone où s’était placé le destroyer covenant était un énorme canyon aux passages plus ou moins étroits et serpentés. Le Pélican fit bien attention à rester sous le plancher de détection radar, et déposa Sam à deux kilomètres à peine de sa cible. La spartan ordonna à l’appareil de rejoindre la base la plus proche et d’attendre ses ordres dans l’éventualité où le brouillage covenant ne serait plus en service. Puis il se mit en route.

             Il mit plusieurs minutes à atteindre son objectif, faisant bien attention de rester silencieux et indétectables par d’éventuels capteurs de mouvements. Contrairement à ce qu’il s’attendait, les troupes covenants ne s’étaient pas étendu autour de leur zone de débarquement. L’ascenseur gravitationnel du destroyer se trouvait au centre d’une large zone découverte en plein milieu du canyon. Bizarrement, il n’y avait que quelques élites qui gardaient l’ascenseur. Mais leurs armures argentées aussi brillantes que la pleine lune laissait présager qu’il s’agissait là de combattants très dangereux. Si je pouvais choisir, je préfèrerai éviter d’avoir des emmerdes avec ces gars là.

             C’est alors que Sam vit plusieurs autres de ces élites argenté prêt de l’entrée d’une grotte. Ce canyon possédait de nombreuses galeries naturelles, et Sam en avait déjà vu quelques-uns durant son cheminement parmi les roches, mais celle-ci semblait avoir un grand intérêt pour les covenants. Ils doivent certainement chercher quelque chose ici. J’espère juste qu’ils ne vont pas libérer d’autres monstre comme la dernière fois. J’en ai eut assez d’une fois.

             Sam chercha alors un moyen pour pénétrer dans la grotte. Apparemment, les sentinelles appartenaient à la même escouade, et il serait impossible d’en neutraliser une seule sans se mettre toutes les autres à dos. Il fallait donc éviter l’affrontement, surtout aussi tôt. Le spartan escala donc la paroi du canyon et contourna les élites par le haut. Le ciel nocturne était voilé d’un épais manteau nuageux qui obstruait totalement la lumière des deux lunes de Médusa V, camouflant l’humain dans un royaume d’ombres où il était maître. Sans un bruit, faisant bien attention à assurer ses prises sur la paroi rocheuse, il descendit lentement vers l’entrée de la grotte. Celle-ci commençait par un tunnel de plus de trois mètres de haut, et Sam s’y engouffra en s’agrippant au plafond afin de passer par-dessus les têtes des élites.

             Une fois à l’intérieur et suffisamment éloigné des sentinelles, il se laissa tomber sur le sol en ne faisant pas plus de bruit qu’une feuille morte. Les covenants n’avaient pas prit la peine de placer des torches pour éclairer le tunnel, probablement parce qu’ils ne comptaient pas s’éterniser ici, et Sam profita de ces ténèbres pour avancer sans retenu vers les tréfonds de cette caverne. Cependant, même ses yeux génétiquement modifier pour voir dix fois mieux dans l’obscurité ne pouvaient percevoir quoi que ce soit en l’absence totale de lumière, et il activa donc ses lunettes de vision nocturnes.

             Le tunnel descendait en pente forte vers les profondeurs géologiques de la région sur une longueur presque interminable. Sam se demanda un instant s’il n’avait pas loupé un embranchement avant de remarquer qu’un peu plus loin, les parois du tunnel étaient renforcées par des plaques de métal ornés de symboles étranges. Il observa un long moment cet alphabet extraterrestre, mais ne réussit pas à trouver la moindre ressemblance avec les inscriptions covenantes qu’il avait rencontré jusque là. Serait-ce possible que cela provienne d’une autre civilisation ? Ou serait-ce seulement le langage originel de l’une des races covenantes ? Si c’est cela, il s’agit probablement de celle des élites, vu la garde qu’il assigne à cet endroit.

             C’est alors qu’une explosion retentit dans les profondeurs du tunnel.



CHAPITRE VINGT



1542 unités de temps,  302ème jour de la première ère de la Reconquête/ complexe de recherche génétique forerunner, Hélion V.

             -   Sandamee ! hurla Osul dans le nuage de poussière qui s’était levé. Je vous ai dit de ne pas dépasser trois charges ! Si jamais la sainte structure est endommagée, je vous tiendrais pour responsable !

      Sandamee, le sangheili assigné aux explosifs baissa la tête en signe d’humilité. Il avait fait un excès de zèle pour abattre l’énorme obstacle que constituait l’imposante porte en adamantium barrant la route des soldats de l’Alliance. Malgré la connaissance du grand Ossona des technologies forerunners, toutes ses tentatives pour ouvrir la porte avaient échouée. Les dieux semblaient avoir verrouillé l’accès à ce sanctuaire, et la solution forte était la dernière possibilité. Osul répugnait à employer des explosifs pour abattre une œuvre forerunner, mais il était prêt à l’accepter pour accomplir sa mission.

       L’Ossona repensa à sa dernière opération consistant à récupérer le code génétique du Drinol. Même s’ils étaient certains de l’avoir ramené à Grande Bonté, celui-ci était au milieu de centaines de milliers d’autres échantillons sanguins. Heureusement, Osul avait une partie du code d’identification de l’ADN du Drinol, et il ne restait plus que quelques centaines d’échantillons susceptible d’être celui que les prophètes recherchaient. C’était une réussite, certes, mais pas aussi totale qu’elle aurait put l’être. Sans compter les braves guerriers sangheilis qui avaient perdit la vie durant cette opération. Osul ne comptait pas laisser cette mission finir de la même façon. D’autant que cette fois, il était impossible que ses soldats rencontrent le parasite dans cette installation.

       Osul avança vers la porte, cherchant à voir ce qu’avaient réussi à faire les explosifs à travers le nuage de poussière levé par l’explosion. Lorsque la visibilité s’améliora, il put admirer le travail formidable de son spécialiste démolisseur : les charges avaient entièrement coupé chaque fixation de la porte qui, privée de soutient, était tout simplement tombée au lieu d’être soufflée à l’intérieur du sanctuaire.

             -  Je vous fait mes plus profondes excuse, Sandamee. Vous avez admirablement œuvrer pour notre sainte mission.

       Les sangheilis pénétrèrent alors dans l’installation forerunner. D’après les plans qu’avaient déchiffré les grands prophètes, elle était composée d’une unique pièce centrale entourée d’un véritable labyrinthe de couloirs et d’escaliers obscures. Toute cette structure était alimentée par de puissants générateurs enfouis au plus profond de la planète, et reliée à la surface uniquement par le tunnel qu’ils avaient emprunté. A l’aide du plan, Osul guida ses soldats vétérans à travers le dédales à peine éclairé jusqu’au noyau de l’installation.

        La salle, aux parois couvertes d’inscriptions divines parcourues par une infinité de réseaux holo-électriques, était suffisamment grande pour y accueillir un scarab. De puissants projecteurs éclairaient un énorme dispositif placé sur une plate-forme suspendue au-dessus d’un puit sans fond. Une multitude de robots pas plus gros que des pistolets à plasma entretenaient l’imposant système, volant à travers la salle sans se soucier des arrivants.

        Voyant ce magnifique ouvrage des dieux, les sangheilis s’empressèrent de se signer selon les rituels d’humilité afin d’annoncer la pureté de leurs intentions. Mais si l’Alliance avait réussi à mettre la main sur les plans de cette installation, ils n’en ignoraient totalement le fonctionnement. Les plans traduits ne détaillaient pas suffisamment le dispositif central pour que les Huragoks en déduisent son rôle, et permettaient tout juste de trouver son chemin vers la pièce centrale. Osul et ses troupes devaient donc découvrir eux-même la raison de cet endroit.

         Mais alors que le grand ossona avançait vers la plate-forme, l’un de ses vétérans annonça :

             -   Monseigneur ! J’ai eut un bref contact sur le détecteur de mouvement.

             -   Avez-vous autorisé d’autres escouades à pénétrer dans le sanctuaire ?

             - Négatif. Mais ce n’est peut-être rien. Les robots d’entretiens ne sont pas suffisamment gros pour apparaître sur le détecteur, mais ils doivent certainement parasiter son fonctionnement.

             -    Nous ne devons prendre aucun risque. Orulnee ! Allez vérifier.

      Le vétéran sangheili parti donc vers le labyrinthe, l’arme au poing. Pendant ce temps, Osul examina l’énorme dispositif sur la plate-forme. Plusieurs panneaux de contrôle holographique surmontaient une série d’accumulateurs énergétiques. Juste derrière se trouvait une énorme sphère à la surface argenté et semi-transparente. A l’intérieur, on pouvait voir un énorme cristal de la taille d’un homme. Cela doit être notre cible. Seulement pourquoi se trouve-t-il dans cette boule ? Il doit certainement y avoir un moyen de l’activer.

      Osul commença à traduire chacun des symboles visibles sur les tableaux de contrôle. Il y avait surtout des chiffres semblant correspondre à une quantité d’énergie. Cette installation n’est peut-être qu’une énorme centrale énergétique ? Et ce cristal serait un moyen de concentrer toute la puissance des générateurs souterrains. Il vaudrait mieux que nous effectuions un test avant de tenter quoi que ce soit pour récupérer le cristal.

      L’ossona entra alors une valeur d’énergie à utiliser. Pendant qu’il augmentait cette valeur, de nombreux autres changeaient. Certains correspondaient également à des quantités d’énergie, d’autres semblaient signifier autre chose qu’Osul ne réussi pas à identifier.

      C’est alors qu’il se rendit compte qu’Orulnee n’était toujours pas revenu. Il activa alors sa radio :

             -    Orulnee ! Au rapport ! … Orulnee !

      Mais la seule chose qu’il entendit fut les parasites causé par la proximité du dispositif forerunner. Osul connaissait bien ses hommes. Ils avaient effectué plusieurs centaines de missions à ses côté, et il connaissait chacun d’eux aussi bien que s’ils étaient ses propres fils. Orulnee était impulsif au combat, et fonctionnait souvent à l’instinct, mais il était toujours très attentif et vigilant. Ses sens étaient terriblement aiguisés, capables de repérer un ennemi aussi précisément qu’un radar.

      C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il avait été affecté au port des instruments de détection avec le post d’éclaireur. Il partait souvent en avant pour repérer les lieu ou l’ennemi, et faisait toujours son rapport au plus vite, même lorsque rien n’était en vue, sachant que son supérieur aimait être souvent informés. Il a dû lui arriver quelque chose. Les gardes à l’entrée du tunnel n’ont rien put laisser passer, donc il s’agit de gardiens que les forerunners ont laissé dans ce temple. Il nous faut absolument sécuriser cette zone avant de continuer notre mission.

             -   Soldat, nous avons une menace dans ce sanctuaire. Dispersez-vous et identifier l’ennemi.

      Les quatre autres sangheilis de son escouade de vétéran s’éparpilla dans le labyrinthe tandis qu’Osul continuait son expérience. Tout en entrant plusieurs valeurs de test, il demandait régulièrement que ses soldats fassent leur rapport. Mais aucun d’eux ne trouva quoi que ce soit. Pas même le cadavre de Orulnee. Alors qu’Osul pianotait sur les symboles semi solide des hologrammes de contrôle, la sphère se mit à crépiter, des éclairs courrant le long de sa surface parfaitement polie, et le cristal placé à l’intérieur s’illumina lentement jusqu’à devenir aveuglant. Il ne restait plus qu’à appuyer sur le bouton d’activation.

        Mais soudain, une fusillade éclata dans le labyrinthe. Osul reconnu tout de suite le bruit caractéristiques des fusil mitrailleurs humains. Des humains ? Ici ? Impossible ! Ils n’auraient jamais put passer les gardes à l’extérieur !

         L’ossona activa aussitôt sa radio, mais les parasites étaient désormais beaucoup plus forts, envahissant totalement la liaison. Activant son épée plasma, il couru alors à la rencontre de l’ennemi, tentant de percevoir de quel côté provenait le bruit des tirs, mais celui-ci se répercutait sur les parois du labyrinthe dans de puissants et multiples écho. Et avec Orulnee introuvable, impossible de retrouver la localisation des autres membres de l’escouade. Osul suivit alors son instinct, courrant à travers les couloirs sans jamais se fier aux bruits qui s’éloignaient puis se rapprochaient sans aucune logique. A moins qu’ils ne nous encerclent.

          C’est alors qu’Osul tomba sur les cadavres de ses sangheilis. Ils étaient tous là, étendus à terre dans des expressions de colère intense, tenant fermement leurs armes de leurs doigts crispés. Leurs armures étaient perforé de nombreuses balles, et leur sang avait éclaboussé les paroi des couloirs, s’écoulant désormais sur le sol en une marre écœurante. Cette vision fit monter en Osul une rage terrible, ses doigts serrant la poignée de son épée presque au point de la briser. Mes guerriers… morts. Tués sans avoir éliminer un seul humain… comment est-ce possible ?

      -   Ils sont à toi, ses affreux ? fit une voix roques dans les ténèbres.

             Osul sursauta en entendant ses mots. Une forme humaine de taille inhabituelle surgit lentement de la pénombre, s’avançant tranquillement vers l’ossona. C’est lui ! C’est le Démon !

CHAPITRE VINGT-ET-UN



1542 heures, 2  décembre 2613 (Calendrier militaire)/ complexe extraterrestre inconnu, région de Armida, colonie de Médusa V.

             Sam n’avait encore jamais vu un élite comme celui qui se tenait devant lui. Son armure était d’un noir ténébreux ne renvoyant aucune lumière, et ornementée de nombreuses inscriptions dorées qui semblaient brûler d’un feu intérieur. Il portait autour du cou un pendentif argenté où était accroché un minuscule cristal d’un rouge lumineux et sanglant. Ses épaulières étaient beaucoup plus larges que celles des autres élites, et leurs surfaces étaient couvertes de symboles étranges. Dans sa main droite, il tenait un petit objet bizarre que le spartan ne distinguait pas complètement. C’est sûrement un élite de très haut rang. Probablement un commandant. J’espère juste que ce qu’il tient dans sa main n’est pas une nouvelle arme inconnue…

             Mais Sam ne fut pas exaucé, l’élite appuyant sur un bouton de l’objet dans un geste rageur en poussant un cri guerrier. Deux fins traits de plasma concentré jaillirent pour former une longue pointe énergétique d’un bleu aveuglant qui éclaira comme un soleil le sombre labyrinthe. Oh merde… une épée…

      -   Tu as peur, n’est-ce pas ? fit l’élite d’une voix fière et arrogante.

      -   Non, répliqua Sam en tentant de paraître le plus calme possible. Juste un peu surpris par ton gadget, mon gars.

             Pourtant, derrière sa vantardise, le spartan était grandement troublé. Contre un truc pareil, je doute que je puisse me protéger derrière quoi que ce soit. Il faut que je le maintienne à distance pour affaiblir progressivement son bouclier, où que je trouve une opportunité de tir à bout portant pour mon fusil à pompe.

             Mais Sam n’eut pas le temps d’élaborer son plan. L’élite se rua sur lui avec une vitesse incroyable. Par réflexe, Sam tenta de se bloquer le coup avec son fusil qui fut tranché en deux, ne freinant même pas l’attaque. La lame plasmatique traversa le chargeur, entraînant l’explosion des nombreuses munitions qu’ils contenait, mais n’atteint pas la tête du spartan qui esquiva le coup au dernier moment.

             Profitant de son élan, l’élite tourna sur lui-même pour porter un puissant coup de coude dans l’estomac de Sam qui fut projeté à plusieurs mètres en arrière. Heurtant le sol avec sans douceur et sans son armure, le choc meurtrit violemment son corps. Mais Sam n’était pas encore battu. Il est rapide, cet enfoiré ! Et sacrément fort, avec ça. Un humain normal aurait eut le corps broyé par cette attaque, et n’aurait même pas put voir la lame venir. C’est un adversaire puissant. Trop puissant. Si je continue comme ça, je ne vais pas faire de vieux os…

             Sam se releva du plus vite qu’il put, craignant un nouvel assaut en traître. Mais bizarrement, l’élite n’avait pas bougé. Il se contentait d’observer les réactions de son adversaire. Il m’avait à sa merci et il n’a rien fait. Pourquoi ?…Serait-ce possible que…

     -   Comprends-tu ton infériorité cette foi ? lança l’élite.

     -  Oh oui, mon gars. Je comprends très bien que mes armes sont nettement inférieurs aux tiennes. Par contre, je doute que tu me sois supérieur en toi-même.

     -  Ne mets pas ton échec sur le compte des choses. Seuls les êtres sont maîtres des évènements sous le regard des Dieux.

     -    Peut-être, mais je suis désarmé. Pas toi. Battons-nous à armes égales et voyons qui de nous deux est supérieur à l’autre.

             L’élite baissa soudainement la tête en fermant les yeux, ricanant à travers ses mandibules dans une expression d’amusement. Son rire était terrifiant à cause de sa voix naturelle incroyablement rauque et de l’écho renvoyé par les nombreux couloir du dédale. Plusieurs secondes s’écoulèrent ainsi avant que l’élite réponde à Sam :

      -  Ta proposition est surprenante, Démon.

             Quoi ? Comment est-ce qu’il m’a appelé ?

      -  Je n’aurais jamais pensé qu’une créature comme toi exige une telle chose, continua l'élite, toi qui n’a fait jusque là qu’attaquer dans le dos et frapper en silence. De telles tactiques sont celles des lâches qui craignent d’affronter la force des vrais guerriers.

      -   Ce sont celles de ceux qui doivent triompher seuls de dix fois plus nombreux, répliqua Sam.

             L’élite considéra un instant l’hypothèse de l’humain, son regard brillant une nouvelle fois d’une lueur d’amusement. Il claquait des mandibules en serrant fortement la poignée de son épée plasma. D’un geste bref, il désactiva sa lame.

      -   Si tu souhaites tant te prouver ton infériorité, pourquoi refuserais-je ? Suis-moi.

             L’extraterrestre repartit soudain vers la salle centrale de l’installation. Sam s’étonna de l’assurance avec laquelle son ennemi se dirigeait à travers le labyrinthe. Cette installation doit certainement appartenir à leur race pour qu’il la connaisse si bien. J’ignore à quoi elle sert, mais s’ils ont pris autant de précautions pour qu’on n’intervienne pas ici, c’est qu’ils tiennent beaucoup à cet endroit. Je ferais peut-être mieux de tout faire sauter maintenant avec les charges explosives sur ma ceinture et me tirer en vitesse. Mais ce serait tromper la confiance de cet élite.

             Je ne sais pas pourquoi, mais je commence à ressentir un certain respect envers cette race. Ce gars aurait put me tuer dix fois lorsque j’étais à terre, mais il n’a pas bronché. Et alors que j’étais sans défense face à sa terrifiante arme, il accepte de ré-équilibrer le combat. On dirait qu’il considère ce combat comme un combat de chevalerie, avec des règles d’engagement nécessitant l’honnêteté et le respect de son adversaire. Si c’est ainsi qu’il voit les choses, alors je ferais de même.

             Le cristal de la sphère centrale illuminait à lui seule l’immense salle. Seule la pénombre du puit sans fond sous les pieds des deux combattants gardait sa noirceur abyssale. La sphère en elle-même n’était plus qu’une surface d’énergie pure et d’éclairs crépitant. C’était une arène idéale pour ce duel aux dimensions épiques.

             L’élite s’approcha lentement du gouffre, et après une courte prière dans une langue que Sam ne comprenait pas, il y jeta ses armes. Le spartan fit de même, mais garda dans les parties cachées de son armure plusieurs pains d’explosifs. Je ne pourrais pas vaincre ainsi toute l’armée covenant que contient le destroyer, et ils ne reculeront devant rien pour accomplir leur mission. J’ignore totalement ce que peut faire cette sphère, cependant la puissance qui s’y concentre me dit que je ferais mieux de détruire cette installation. Mais d’abord, il me faut gagner ce combat…

      -  En garde, Démon ! fit l’élite d’une voix pleine de défi.

      -  Viens, mon salaud. Je t’attends.



CHAPITRE VINGT-DEUX



1608 heures, 2  décembre 2613 (Calendrier militaire)/ complexe extraterrestre inconnu, région de Armida, colonie de Médusa V.

             Sam se mit en position de combat, dans le pur style de la boxe française qu’il aimait tant pratiquer avec les autres spartans. Tous ses muscles étaient en alerte, prêt à se donner au maximum de leur puissance dès que nécessaire. L’élite prit une posture évoquant faiblement le ninjitsu : les pieds écartés, le buste présenté de profil et les mains ouverte en avant. Chacun de nous ignore totalement les techniques de combat de l’autre. Il faut que j’analyse la sienne avant qu’il n’analyse la mienne. Ainsi je pourrai avoir un avantage et trouver une ouverture plus rapidement.

             Les deux adversaires se faisaient face, séparés par un peu plus de quatre mètres de distance. Leurs regards et les expressions de leurs visages étaient remplis d’une haine terrible, chacun l’exprimant pour ses propres raisons, et aucun des deux n’ayant véritablement tort. Sam regrettait d’avoir enlevé son armure pour cette mission, voyant les nombreuses protections de l’extraterrestre. Elles semblaient très résistantes et souples à la fois, laissant à son porteur une grande fluidité de mouvement. J’espère juste que ça fait pas trop mal quand on tape dessus…

             Avant même de commencer, Sam respirait déjà nerveusement. Son adversaire avait de quoi impressionner, de par sa taille, son équipement, et la puissance qui se dégageait de lui comme une aura de terreur. Une goutte de sueur perla sur le front du spartan alors qu’il réfléchissait. Mais l’élite s’impatienta :

      -   Alors, Démon ? Aurais-tu peur de m’attaquer ?

      -   Je te laisse l’honneur de l’initiative. Approche donc un peu, que je te botte le cul !

      -  Quelle expression si noble ! railla l’extraterrestre. Si tu souhaites réaliser cette envie insensée, j’espère que tes compétences de combat sont plus évoluées que ton langage.

      -  Rigole tant que tu le peux, enfoiré. Tu vas bientôt regretter de ne pas avoir prit mes mots aux sérieux.

             L’élite claqua brièvement des mandibules avant de se jeter sur Sam avec une vitesse incroyable. Ses doigts étant trop long pour serrer les poings durablement, il porta son premier coups avec le tranchant de la main. Sam esquiva l’esquiva grâce à ses réflexes surhumains, et tenta immédiatement de répondre du plus vite qu’il put. Mais son adversaire semblait lui aussi doté de facultés bien supérieur à un être normal, et il parât l’attaque avec facilité en détournant le poing de Sam avec son avant-bras.

             Celui-ci avait mit une telle force dans ce coup qu’il faillit partir en avant, risquant de se retrouver à la merci de l’ennemi. Un rapide mouvement de pieds bloqua son avancé suffisamment vite pour éviter l’attaque tournante que l’élite avait effectué entre-temps. Les deux combattants enchaînèrent les coups et les contre-attaques sans faiblir un seul instant pendant plusieurs secondes, mais aucun des deux ne fut en mesure de percer la défense de son ennemi. Ils semblaient tous les deux aussi forts l’un que l’autre. C’est pas bon. J’ai déjà eut une journée assez éprouvante, et lui il est tout frais. Si ça continue comme ça, il va m’avoir à l’usure. Il faut à tout prix que je prenne l’avantage rapidement.

             Sa technique de combat semble être le mélange d’une défense style kung-fu et d’attaques ninjitsu. Il mise sur la rapidité plutôt que la force, et dévie les coups plutôt que de les encaisser, ce qui lui permet d’économiser ses forces. Par contre, il utilise très peu ses pieds. Je pourrais peut-être le surprendre par des attaques basses.

             Vu le style de combat qu’il emploie, près de 70% de son corps est appuyé sur la jambe droite postée en avant, de façon à pouvoir fondre plus rapidement sur l’adversaire. Je dois le déséquilibrer en fauchant cette jambe. Il me faut juste une opportunité…

             Mais l’élite ne semblait pas vouloir laisser à Sam la moindre chance de placer ses coups. L’extraterrestre redoubla d’acharnement dans ses attaques, exécutant une pluie de coups que Sam peinait à esquiver. Ses mains frappaient avec la célérité de l’éclair avant de se replacer en position défensive pour dévier les attaques du spartan. Sa vitesse était impressionnante. Il est presque aussi rapide que Kelly…

             Soudain, Sam aperçut une possibilité : il laissa volontairement l’extraterrestre placer un coup de poing au niveau de son estomac. Encaissant le choc du mieux qu’il put, il saisit le bras de son adversaire et l’empoigna fermement. L’autre main de l’élite ne tarda pas à filer telle une flèches vers la tête de Sam, mais elle fut interceptée elle-aussi, les deux duellistes étant désormais immobiles pour un double bras de fer. La force de Sam avait déjà été bien éprouvée, et il savait qu’il ne pourrait pas tenir longtemps. Immédiatement, il faucha la jambe droite de l’élite qui s’effondra à terre, non sans entraîner avec lui le spartan.

             Mais celui-ci réussit à se libérer durant sa chute et se réceptionna de façon à se remettre debout en une fraction de seconde. Sans attendre que son adversaire se relève, il saisit l’un de ses bras pour le tirer vers lui d’une main tandis que l’autre partie à la rencontre de la mâchoire de l’élite. Le coup que Sam n’avait pas voulu modéré, toucha au niveau de la joue gauche et du sang d’un bleu violacé jaillit de la bouche de l’élite. Etourdit par cette puissante frappe, celui-ci ne put que subir l’enchaînement de coups que Sam effectua avec une rage immense. Sa force de spartan fut employée à son maximum de sorte qu’elle fractura l’armure de son ennemi en de nombreux points, et fit coulé le sang de nombreuses fois.

             Après une série d’attaques aussi violentes que la haine qui le rongeait à cet instant, Sam projeta son adversaire en arrière par un coup de genoux dans la poitrine. Le dos de l’élite percuta le dispositif électronique qui se trouvait devant l’immense sphère, mais celui-ci resta intact. Sa tête retomba alors mollement dans un mouvement de relâchement total, tout comme le reste de son corps. Ca y est ! Je l’ai eut !

             Mais un ricanement secoua soudain le corps affaissé de l’extraterrestre. Ses mandibules s’ouvrirent faiblement pour laisser s’écouler le sang de sa bouche, tandis que ses yeux fixèrent ceux du spartan dans une expression d’amusement incompréhensible.

      -  C’est tout ce dont tu es capable ?

             Bordel ! C’est qui ce mec ?

      -  Finalement tu n’es pas aussi fort que je le croyais, humain, fit l’élite en se relevant lentement. Maintenant, c’est fini. Tu ne m’amuses plus.

             La peur envahit brusquement le spartan. Ses yeux courraient entre les nombreuses blessures visibles sur l’élite, qui semblait les ignorer totalement. Je l’ai frappé de toutes mes forces ! Et pourtant il arrive à se relever…

             Le sol était taché en de nombreux endroits par le sang de l’élite. Celui-ci regarda les traces laissées par son propre fluide vital d’un air curieux et amusé.

       -  Cela faisait longtemps que je n’avais pas vu couler mon propre sang. Depuis l’examen des commandos des prophètes. Tu es certes beaucoup plus fort et beaucoup plus rapide qu’un humain normal, mais tu n’es toujours pas de taille à rivaliser contre un véritable guerrier ! Ta mort est déjà écrite !

       -  Ecoute mon grand, fit Sam en reprenant son sang-froid. Je ne sais pas pourquoi toi et tes potes vous nous avez attaqué. Je ne sais pas ce que vous êtes venu foutre sur cette planète et je ne sais pas à quoi sert cet endroit. Mais il y a une chose que je sais : c’est que je ne suis pas allé aussi loin pour abandonner aussi vite !

       -  N’essaye pas de te rassurer derrière des sentiments sans fondements, humain. Ta défaite est inévitable, tout comme celui de ta pitoyable espèce. Des êtres aussi inférieurs ne peuvent s’opposer à la race des élites (NDA : ici, je n’ai pas mis l’appellation covenante sangheili car il parle bien de l’élite des covenants, c’est à dire les meilleurs). C’est une loi qui ne fera pas d’exception aujourd’hui.

             La voie de l’extraterrestre avait quelque chose de déroutant qui mettait Sam mal à l’aise. Son assurance avait de quoi pétrifier n’importe qui. N’importe qui, sauf un spartan.

       -  Peut-être. Mais les probabilités et moi, ça a jamais très bien marché. D’autant que je me suis quand même chargé de tes quatre copains tout à l’heure. Ils étaient aussi des élites ou c’étaient juste des grognards déguisé ?

             Le rire du sangheili cessa net. Cette moquerie sur ses camarades morts au champ d’honneur était une insulte à leur rang qui salissait leur âmes glorieuses. Cette injure ne pouvait être toléré. Une fureur sans précédent prit possession du guerrier covenant dont les muscles tremblaient de colère, et il se jeta en hurla sur son adversaire.

             Et c’était exactement ce que Sam attendait. Usant de ses réflexes surhumain, il esquiva volontairement le coup de poing de l’élite au dernier moment et tourna sur lui-même pour se retrouver derrière lui. Saisissant son bras droit, il profita de l’élan de son adversaire pour le faire tournoyer autour de lui, avant de mettre sur son chemin un puissant coup de pied. La vitesse de l’élite était telle que son corps se plia intégralement autour de la jambe tendu du spartan.

             Sam profita de cet instant pour enrouler son bras droit autour de celui du covenant et le brisa au niveau du coude d’un mouvement bref. L’extraterrestre poussa alors un cri de douleur intense tandis que Sam le maintenait debout. Tout en maintenant fermement son ennemi debout, le spartan se plaça derrière lui :

       -  Je t’avais dit que je te botterai le cul, connard.

             Joignant le geste à la parole, Sam envoya voler l’élite d’un violent coup dans le postérieur, et il manqua de passer par-dessus le bord de la plate-forme. Son corps tressaillit de douleur quelques instant avant de s’immobiliser complètement. L’élite était enfin vaincu.



CHAPITRE VINGT-TROIS



1612 unités de temps,  302ème jour de la première ère de la Reconquête/ complexe forerunner de Médusa V.

                 Les ténèbres enveloppaient progressivement l’esprit d’Osul. Les coups du spartans avait été beaucoup plus puissants qu’il ne l’imaginait, et les attaques portés à la tête commençaient à faire effet, son encéphale ayant du mal à supporté de tels choc. Il se serait sans doute évanoui si son bras ne le faisait pas autant souffrir. Le Démon lui avait complètement désarticulé l’avant-bras droit, ce qui réduisait à néant ses chances de le battre au corps à corps. Il est beaucoup plus puissant que je le pensais. Mais ce n’est pas sa force physique qui le rend aussi fort. On dirait qu’il est animé d’une volonté toute aussi grande que celle des sangheilis. Peut-être même plus grande. Qui est-il ?

                 Osul se retourna lentement vers le dispositif électronique de la salle. La sphère était toujours couverte d’éclairs tandis que le cristal qu’elle contenait semblait contenir la lumière de toute une étoile. L’installation forerunner toute entière tremblait sous la puissance énergétique que mobilisait le système, et Osul se demanda s’il avait bien fait de le mettre en marche. Maintenant, l’œuvre des dieux est entre les mains du Démon. Eux seuls savent ce qu’il serait capable d’en faire. Il faut que je prévienne mes troupes de cette catastrophe.

                 L’ossona activa donc son signal de détresse. Il faudrait sans doute plusieurs minutes à ses soldats pour arriver jusqu’ici, en espérant qu’ils ne s’égarent pas trop dans le labyrinthe. Mais une fois qu’ils seraient là, le Démon n’aurait plus aucune chance. Quelle que soit sa puissance, il ne pouvait affronter autant de guerriers sangheilis. Même si je n’ai pas vu la plénitude de son pouvoir, il a certainement ses limites. Face à autant de troupes, il n’a plus aucune chance, et plus aucune échappatoire.

             C’est alors qu’Osul s’aperçut que l’humain était en train de placer une série d’objets tout autour du centre de contrôle et de la sphère. Par les anneaux ! Ne me dites pas qu’il va…

      -  Que fais-tu, Démon ?

      -  Tiens, t’es encore réveillé, toi ? A ton avis, j’ai l’air de faire quoi ?

      - Comment peux-tu oser commettre une telle chose ? Ne crains-tu donc pas la colère des Dieux ?!

      -  Qu’est-ce que tu me chantes encore ? Ce que je crains, c’est juste que toi et tes potes vous utilisiez cette installation. Elle me paraît beaucoup trop dangereuse pour se retrouver entre vos sales pattes.

      -   Sacrilège !

      -   Ta gueule ! fit l’humain en filant un coup de pied dans la mâchoire d’Osul.

                 L’ossona serra les dents pour contenir la douleur. La situation était pire qu’il ne le pensais. Non seulement le Démon allait acquérir les savoir des forerunners renfermé dans cet endroit, mais il allait aussi le détruire à tout jamais. Je ne peux pas le laisser faire. Même si je dois sacrifier ma vie pour cela, je sauverai le peu qu’il reste des Dieux.

                 Avec grande peine, Osul se releva. Ses jambes tremblaient légèrement, son corps tout entier souffrait et ses yeux étaient comme des chandelles sur le point de s’éteindre. Mais il tenait bon, usant de sa volonté pour oublier quelque peu cette terrible souffrance qui le torturait. Sa fierté et son sens du devoir lui ordonnait de se dresser entre le Démon et l’œuvre des forerunners, mais il savait très bien que ses chances de survie étaient très réduite. La meilleure solution serait sans doute que je l’entraîne avec moi dans l’abyme en contrebas. De toute façon je ne suis plus en état de combattre. J’ai pourtant encore tant de choses à faire pour les miens, pour les covenants, pour la Sainte Croisade…

                 Ainsi, Osul hésitait. Fallait-il qu’il donne sa vie pour éviter l’échec de cette mission mystérieuses, ou la préserver pour continuer à œuvrer pour le Grand Voyage ? Mais alors qu’il réfléchissait, le Démon s’aperçut que son ennemi s’était relevé :

      -  T’as encore l’énergie de te tenir debout ? Tu m’impressionne, mon gars. Vraiment. Mais là, je voudrais pas te faire de peine, mais tu ferais mieux de me laisser tranquille. Je fini de tout faire péter, et je te laisse tranquille.

      - Qui que vous soyez, vous ne sortirez pas d’ici ! fit une voix rauque dans le dos du spartan.

                 Une escouade de sangheilis vétérans appuyés par de nombreux ungoys étaient finalement arrivés au secours d’Osul. Ceux postés en première ligne avaient sortie leurs épées plasma tandis que les autres pointaient leurs armes de tirs en direction de l’humain. D’autres soldats arrivaient par escouades entière derrière eux, prêt à intervenir si c’était nécessaire. Une expression de lassitude apparut sur le visage du Démon. Il n’est même pas inquiet. On dirait qu’il s’attendait à ces renforts. Peut-être avait-il prévu de mourir ainsi ? Ou peut-être croit-il qu’il peut en venir à bout ? Impossible… personne ne peut vaincre un tel rassemblement de force. Alors pourquoi est-il si confiant ?

      -  Vous commencez à me fatiguer, les gars. De toute façon, j’ai fini mon boulot. Vous pouvez dire adieu à votre foutue machine.

      -   Ne le laissez pas activer les charges ! hurla Osul.

      -   Laissez-moi passer ou je fait tout sauter, ordonna le Démon.

                 Les sangheilis grognèrent de rage devant cet odieux chantage. Ces guerriers n’aimaient pas les stratégies de fourbes, que seuls les faibles employaient. Mais la situation dans laquelle se trouvait l’humain justifiait quelque peu cela. Les soldats tournèrent alors leur regard vers Osul. Toute la mission reposait sur lui.

      -  Ne le laissez pas partir ! ordonna Osul. Il ne doit pas nous échapper ! Sinon nous risquons de perdre bien plus que ce lieu saint !

      -   Vous êtes vraiment têtus, les mecs.

                 Le Démon évaluait la situation, qui était loin d’être à son avantage. Les sangheilis se dispersaient sur la large plate-forme, l’obligeant à reculer de plus en plus vers le dispositif central, vers la sphère… et vers ses charges explosives. Il cherche une solution. Seulement cette fois, il n’a aucune porte de sortie. Nous tenons le seul accès à cet endroit, et nos troupes sont trop nombreuses pour qu’il nous échappe.

       -   Sachez au moins une chose, faces de poulpes : ce n’est pas la dernière fois qu’on se voit. Je reviendrais vous faire chier, anéantir vos troupes, et me mettre en travers de votre route. Et la prochaine fois qu’on se verra…

                 Un sourire de satisfaction apparut soudain sur le visage de l’humain.

       -   … je ne serais pas seul.

                 Sur ces mots, il ferma les yeux avant d’enclencher les charges. Osul aperçut un compte à rebours de dix secondes sur l’une d’elle. Ainsi, il a décider de se suicider. Une mort peu glorieuse…

        -   Soldats ! fit l’ossona. Reculez !

                 Avec peine, Osul traversa le pont reliant la plate-forme au reste de l’installation, comptant les secondes qui restaient avant l’explosion.

        -  Dois-je l’abattre, votre honneur ? demanda un sangheili en pointant son fusil plasma sur le Démon.

        -   Non. Laissez-le mourir en lâche. Ainsi, son âmes n’attendra jamais la quiétude de la mort et ses ancêtres seront humiliés.

                 Osul regarda cet humain si différent des autres avec un mépris qui pourtant devenait hésitant. Cet adversaire l’avait battu dans en combat singulier et sans coups bas, ce qui impliquait un certain respect. Pourtant Osul ne pouvait se résoudre à considérer ce monstre comme quelqu’un méritant le moindre sentiment autre que la haine. Le décompte des bombes continuait de défiler, et pourtant le Démon ne bougeait pas, figé dans une posture traduisant l’acceptation de son sort.

                 Soudain, les éclairs qui couvraient la surface de la sphère disparurent d’un seul coup. Une fraction de seconde plus tard, le cristal libéra une lumière si puissante qu’elle aveugla tous les êtres présents dans la pièce, à l’exception du Démon qui gardait les yeux fermés. Le flash ne dura qu’un bref instant, et les soldats de l’Alliance retrouvèrent rapidement la vue… pour s’apercevoir que le Démon avait disparut.

                 C’est à ce moment là que les charges explosèrent.



CHAPITRE VINGT-QUATRE



1624 unités de temps,  302ème jour de la première ère de la Reconquête/ complexe forerunner de Médusa V.



             Osul se releva péniblement du sol couvert de débris fumants, ainsi que ses sangheilis. D’un regard triste il observa la dévastation qu’avait semé le Démon dans ce lieu saint : le dispositif central était en pièce, inutilisable. Malgré le fait qu’il ait été façonné dans ce métal inconnu de l’Alliance et à la résistance si incroyable, les charges avaient réussi à percer des ouverture jusqu’aux composants électroniques internes qui avaient été carbonisés. La sphère, quant à elle, avait été complètement pulvérisée, sa paroi dispersées à travers la salle en d’innombrables éclats plus ou moins gros qui avaient cependant gardé leur pureté et la perfection de leur courbe.

             La seule chose qui avait été épargnée par l’explosion était le cristal forerunner, qui flottait dans les airs comme si rien ne s’était passé. Il brillait désormais d’un mystérieux éclat rougeoyant semblable à des flammes. Le Démon a sans doute corrompu le cristal. Il ne nous ait donc désormais d’aucune utilité…

      -  Cherchez le Démon ! ordonna Osul. Mais restez groupés. Même seul, il est extrêmement dangereux. Et faites venir un bataillon du Vigilant pour quadriller la zone autour du complexe.

      -  A vos ordres !

             Les sangheilis se dispersèrent immédiatement à travers la structure, fouillant chaque recoin par groupe de cinq. Pourtant, Osul était certain qu’ils ne le retrouveraient pas. Peu importe comment il l’a fait, mais il s’est joué de nous. Depuis le début il savait ce qu’il faisait. J’aurais dû me douter qu’il s’était préparé une porte de sortie. J’aurais dû le faire abattre…

             Le grand ossona contempla amèrement l’œuvre du Démon, maudissant la trop grande clémence dont il avait fait preuve. Il avait sous-estimé cet ennemi hors du commun, et voilà ce qui en résultait : l’échec total de cette mission. Pour la première fois de sa vie, Osul commençait à douter que le Grand Voyage ne puisse être refusé à l’Alliance. Jusqu’à aujourd’hui, nous n’avons rencontré que des ennemis faibles à la technologie primitive et aux stratégies insignifiantes. Mais ces humains sont différents. Ils sont persévérants, courageux et savent élaborer des tactiques adaptées pour contrer nos attaques. Et celui-ci, ce prototype de super-combattant surpassant les plus puissants des sangheilis, est sans doute le guerrier le plus puissant que nous ayons jamais rencontré. Je n’ose imaginer ce qui se passera lorsque d’autres comme lui seront formés.

             Soudain, un sangheili dévot à l’armure dorée éclatante entra dans la salle d’un pas lent. C’était le général Tulnamee, qui commandait les forces militaires mobilisées pour l’attaque de ce monde. S’inclinant respectueusement devant Osul, il annonça d’une voix hésitante :

     -   Grand Ossona ! Les humains ont brisé notre siège de la ville de New Boston. Ils convergent désormais vers notre position. De nombreux rapports font état de combattants spéciaux dans leurs rangs.

             Une goutte de sueur coula soudain sur le visage d’Osul.

     -   Que voulez-vous dire par spéciaux ?

     -   Ils portent de lourdes armures et sont plus grands que leurs congénères. Nous n’arrivons pas à déterminer le nombre exacte de ces unités d’élite, mais les estimations pourraient porter à une quarantaine d’individus.

             Les yeux noirs d’Osul, qui n’avaient pourtant jamais connu la terreur, se mirent à vibrer dans leurs orbites. Son regard était perdu dans le vide alors qu’il ressassait les derniers mots du Démon :

    " -   Et la prochaine fois qu’on se verra… je ne serais pas seul."

             Ils n’en sont donc plus au prototype. La formation de masse était déjà en cours, et leurs renforts sont finalement arrivés.

     -    Quels sont vos ordres, grand Ossona ?

     -   Faites évacuer nos troupes. Nous en avons terminé avec ce monde. Que la flotte se prépare à couvrir notre retraite et se mette en place pour la purification.

     -     A vos ordres, fit Tulnamee.

             Le commandant militaire se dirigea vers la sortie de la salle, mais Osul l’arrêta :

     -   Commandant !

     -   Oui, votre grandeur ?

     -   Donnez-moi votre épée.

             Tulnamee s’exécuta, et confia à Osul son arme. Celui-ci l’activa immédiatement et regarda la lame plasmatique dont les minuscules éclairs formaient presque des flammes dansant à sa surface. Seuls les plus forts et les plus sages des sangheilis pouvaient recevoir le privilège de porter une telle arme, qui symbolisait la force de la pureté.

             Lentement, Osul se dirigea vers le cristal flamboyant. Arrivé devant lui, il se mit à genoux un instant et pria :

     -  Oh très saints forerunners qui ont bâti cet endroit. Pardonnez-moi l’acte que je suis sur le point de commettre en comprenant sa nécessité.

             Puis il se leva, contempla une dernière fois la perfection absolue de l’objet scintillant, et d’un unique revers de lame, brisa le cristal en mille morceaux. Les innombrables et minuscules débris, qui avaient retrouvé leur éclat bleuté au contacte de la lame, tombèrent très lentement jusqu’au sol, et ce fut comme s’il neigeait à l’intérieur de l’immense salle. L’esprit d’Osul s’égara un instant dans les méandre de l’imagination, tentant de voir à travers ces milliers de cristaux un monde meilleur que celui-ci. L’espace d’un instant, il crut ressentir une quiétude totale, absolue, qui lui fit oublier momentanément toute la dureté de la réalité, et pour la première fois de sa vie, le sangheili sourit.

             Mais lorsque le dernier morceau de cristal toucha le sol, la vision disparut. Osul poussa alors un bref soupire qui hésitait entre le regret et la satisfaction. D’une voix monotone, il annonça finalement :

     -  Partons.



CHAPITRE VINGT-CINQ



1624 heures, 2  décembre 2525 (Calendrier militaire)/ complexe extraterrestre inconnu, région de Armida, colonie de Médusa V.

                 Sam rouvrit les yeux, mais malgré ses incroyables capacités visuelles, il ne put absolument rien percevoir. Le noir le plus total l’entourait. Suis-je mort ? Pourtant je n’ai même pas entendu les explosifs. Où suis-je ? Pourquoi n’y a-t-il aucune lumière ? C’est le néant ? Non, je ressent encore mes blessures, donc je suis toujours vivant. Eclairons un peu cet endroit.

                 Sam saisit la minuscule lampe torche qu’il portait à la jambière et l’alluma. Il était toujours dans la salle centrale de l’installation, qui était presque entièrement détruite. D’énormes morceaux de métal et de roche couvraient la surface de la plate-forme qui n’avait cependant pas céder sous le poids conséquent, et le dispositif central était en miette. La sphère avait disparut, tout comme le cristal qu’elle contenait, mais il n’en restait aucune trace.

                 C’est alors que le spartan se rendit compte qu’il n’y avait plus aucune trace des covenants. Pas une arme, pas un corps, par même le sang qu’il avait fait couler de ses propres poings. Qu’est-ce qui s’est passé ? Ils sont partis sans me tuer ? Peut-être qu’ils n’avaient pas vu que je m’étais placé hors de porté des déflagrations…

                 Bon, et bien commençons par sortir d’ici.

                 Sam entreprit donc de quitter la salle. De nombreux débris encombraient la sortie, et il lui fallut user de sa force pour dégager l’accès. Le labyrinthe, quant à lui, était intacte, mais aucune lumière ne l’éclairait à part la torche du spartan. L’explosion a dût endommager le système énergétique de l’installation. J’y suis peut-être allé un peu trop fort. Espérons que le destroyer covenant n’est plus là…

                 Il ne fallut que quelques minutes à Sam pour trouver son chemin dans le dédale  ceinturant la salle principale, pour finalement s’engager dans le tunnel d’accès. Le spartan était connu parmi ses semblables pour avoir une excellente mémoire, ce qui lui donnait souvent l’avantage sur le terrain pour s’orienter. Il se souvenait parfaitement de la longueur du tunnel : huit cent mètre vingt-cinq de couloir renforcé à partir de la porte, et neuf cent soixante-deux mètres de tunnel.

                 Mais alors qu’il avançait en comptant ses pas, Sam s’étonna de voir la fin à cent mètre à peine devant lui du tunnel alors qu’il venait tout juste de passer la section renforcée. Une intense lumière provenait de la sortie. C’est pas possible… J’ai pas pu me tromper… il devrait y avoir encore plus d’un demi-kilomètre de couloir. Et qu’est-ce que c’est que cette lumière ? Les covenants ne seraient pas encore partis ?

             Sam avança prudemment, ne voulant pas se faire surprendre par l’ennemi. Sa discrétion était son principal atout, mais il savait très bien que dans un espace aussi réduit, il aurait peut de chances de passer inaperçu. De plus, il était épuisé. Son combat avec le commandant élite l’avait obligé à pousser son corps presque au-delà de ses limites, et tous ses muscles tremblaient sous le moindre effort. Contenant sa douleur derrière sa volonté de fer, Sam continua de marcher vers la sortie. C’est alors qu’il se rendit compte que la lumière au dehors était la lumière du jour. Impossible ! Le soleil ne devait pas se lever avant trois heures ! Qu’est-ce qui s’est passé ?

                 Lorsqu’il sorti du tunnel, Sam put observer un bien triste spectacle : le canyon n’était plus qu’un immense cratère à la surface parfaitement ronde, probablement causé par une bombe à plasma covenante. Le sol avait fondu sous la chaleur, et seuls les matériaux les plus lourds ne s’était pas évaporés, formant une épaisse couche de métal d’une grande pureté qui reflétaient parfaitement la faible lumière du soleil. Celui-ci, qui était déjà haut dans le ciel, était à moitié voilé par des nuages à la teinte rougeoyante qui n’avait rien de naturel.

                 Sam avait du mal à croire ce qu’il voyait. Comment se fait-il que je n’ai rien entendu ? Une telle explosion aurait dû ébranler l’installation souterraine… et pourtant il n’y a rien eut. La technologie de cet endroit pourrait-elle l’isoler  de toute vibration sismique ? Tellement de mystères…

                 Le spartan était vraiment bouleversé. Tant de choses changés en si peu de temps, et sans qu’il se soit aperçu de rien, avait de quoi déboussoler. Après un long moment où il n’arrivait pas à détacher ses yeux de l’immense cratère, il décida d’allumer sa radio pour demander une évacuation :

      -  SATCOM, ici unité spéciale 034 ! Est-ce que vous m’entendez ? A vous !

                 Mais aucune réponse ne lui revint.

      -  SATCOM ! Ici le spartan 034 ! Répondez, bon sang !!

      -  Un spartan ? fit une voix estomaquée dans la liaison. C’est pas possible ?!

-  Déclinez votre identité !

      - Colonel Hostman, troisième division d’armement spatial. Est-ce que vous pouvez m’expliquer ce que vous fichez ici ?

      -   J’étais en mission spéciale pour découvrir ce que faisait le destroyer covenant de ce côté de la planète. J’ai besoin d’une évacuation d’urgence pour rejoindre la flotte.

      -   Mais qu’est-ce que vous racontez ?

                 La voix du colonel montrait clairement qu’il ne comprenait rien à ce que lui disait Sam. C’était comme si l’officier venait de se réveiller au beau milieu de la bataille. Il faut qu’il comprenne que je dois quitter ce monde avant que la flotte covenant ne le vitrifie. Si le destroyer qui était ici a déjà commencé, cela veut dire qu’il me reste très peu de temps.

      -  Les covenants commencent à vitrifier la planète, expliqua Sam. Je dois quitter la surface immédiatement.

      -   Mais vous délirez, mon vieux. Ca fait longtemps qu’ils l’ont déjà fait.

                 Sam eut du mal à comprendre. Cela lui semblait complètement impossible. L’hypothèse que l’officier était atteint d’un délire causé par l’attaque covenant traversa l’esprit du spartan, mais il voulait en avoir le cœur net. Forçant sur ses muscles endoloris, il gravit la pente du cratère. L’effort nécessaire était terrible, mais c’était de cette façon qu’il avait été entraîner, et aucun spartan ne recule devant la douleur. Grimpant péniblement, il finit par atteindre la crête… pour voir que l’horizon était couvert de cratère semblable à celui-là. Ils s’étendaient à perte de vue, immenses et innombrables, et plus aucune forme de vie d’aucune sorte n’était visible désormais.  Déjà ? Les covenants peuvent-ils vraiment détruire un monde aussi rapidement ? Auraient-ils aussi anéanti la flotte en orbite ?

      -  Colonel, j’ai besoin d’un rapport complet de la situation des unités spatiales. Quelles forces nous reste-t-il en orbite, et où sont les vaisseaux covenants ?

      -   Mais il n’y a aucun vaisseau ennemi dans le secteur, mon gars. Il n’y en a plus depuis qu’ils ont vitrifier cette putain de planète en 2525.

      -    Quoi ? Mais nous sommes en 2525 !

            Un long silence envahi la liaison avant que la voix du colonel se fasse entendre :

      -  C’est une blague, hein ? Vous n’êtes pas un spartan, mais un membre de mon équipe qui se paye ma tête ? Ryan, je suis sûr que c’est toi ! Arrête tes conneries et dépêches-toi de…

      -  Je suis un spartan, colonel ! fit Sam d’une voix autoritaire. Mon code d’identification est le 1266951-034 !

                 Sam entendit le colonel déglutir en entendant ce code. Peut de personnes connaissaient l’existence des spartans, mais ceux qui étaient au courrant préféraient ne pas avoir affaire avec eux. Et je les comprends très bien…

      -  Excusez-moi, monsieur. C’est juste que cela me semblait si impossible… mais comment avez-vous fait pour arriver ici ?

      -  C’est moi qui pose les question, colonel. Sommes-nous bien en 2525 ?

      -  Mais… mais non ! Nous sommes en 2552. Le 15 septembre 2552.

CHAPITRE VINGT-SIX

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1630 heures, 2  décembre 2525 (Calendrier militaire)/ région de Armida, colonie de Médusa V.

      - Vous vous foutez de ma gueule, c’est ça ?

                 Le ton de Sam était volontairement agressif pour obliger son interlocuteur à être franc. Pourtant, celui-ci ne semblait pas mentir :

      -  Monsieur, je ne sais pas pourquoi cela vous tracasse tant, mais le fait est que nous sommes bien en 2552.

      -   Mais ce n’est pas possible ! Il n’y a même pas une heure j’étais à New Boston, sur le front, avec une armada de covenants face à moi. Je n’ai pas put rêver !

                 Puis, Sam eut comme un électrochoc dans son cerveau. Une pensée venait de tout débloquer, dénouant le nœud d’incompréhension qui était sur le point de l’étrangler. Afin de vérifier son hypothèse, il ordonna à son ordinateur de bord de recalibrer son horloge par rapport aux satellites de la planète. Immédiatement, un message apparut sur son affichage tête haute :



            Erreur 54 : aucun satellite connu détecté

             Recherche nouveau satellite … … … aucun satellite détecté

             Recherche autre source en cour … … … détection base de donnée sur réseau local, hébergeur inconnu

             analyse de l’hébergeur en cour … … … analyse impossible (code 567 : réseau protégé)

             connexion en cour … … … connexion terminée

             horloge mis à jour

             1439 heures, calendrier militaire, 15 septembre 2552. C’est bien ce que je pensais. Alors il s’est bien passé seulement quelques minutes… pour moi. Par contre, 27 ans se sont déroulé depuis mon entrée dans ce complexe extraterrestre. C’est probablement cette lumière qui a déformé le temps. J’ignore s’il s’agit d’un voyage dans le futur ou si mon corps a été préservé dans une autre dimension pendant tout ce temps, mais en tout cas je suis vivant, et en aussi bonne santé que tout à l’heure.



      -  Colonel ! Envoyez-moi une navette Pélican pour venir me chercher.

      -  Bien compris, monsieur.

                 La navette ne fut pas longue, ce qui signifiait qu’il y avait une base pas très loin. Durant le trajet, Sam put mieux observer ce qu’était devenu Médusa V : tout n’était plus que poussière et ruines. D’immenses cratères s’étendaient à perte de vue suivant une régularité nettement visible, témoignant du grand savoir qu’avaient les covenants en ce qui concernait la destruction de planète. Les villes avaient été soufflées par les bombes à plasma jusqu’à être littéralement pulvérisées. La plupart des éléments vitaux de la surface planétaires avaient tout simplement disparut, l’eau s’étant évaporé et la biosphère sublimée par la puissance des destroyers covenants.

                 C’est alors que Sam distingua un ensemble de structures s’élevant au milieu des cratères. Au fur et à mesure que le Pélican s’en approchait, le spartan reconnu là un énorme chantier naval pour croiseurs du CSNU. Les énormes masses des vaisseaux en constructions étaient d’ailleurs nettement visibles, réfléchissant la pâle lueur du soleil sur leur coque métallique qui affrontait les violentes tempêtes de sables qui parcouraient désormais la région. Il devait bien y avoir une vingtaine de croiseurs en train d’être assemblés, certains étant presque fini tandis que d’autres n’avaient encore que leur armature principale d’érigée.

                 Il y avait énormément d’activité sur ce chantier, des milliers d’ouvrier travaillant d’arrache-pied sur les énormes vaisseaux, et de nombreuses navettes apportant du matériel provenant certainement d’une usine non loin de là. Le Pélican transportant Sam atterrit sur une plate-forme au beau milieu des installations, où un homme en uniforme et portant les insignes de colonel l’attendait. Sitôt descendu de l’appareil, Sam salua l’officier, et celui-ci lui rendit son salut :

      -  Bienvenu à Ship City, spartan. Colonel Hostman à votre service. Peut-être que maintenant vous allez pouvoir m’expliquer la blague de tout à l’heure.

                 Sam aurait bien voulut lui dire la vérité, mais l’homme ne l’aurait certainement pas cru. Et d’un autre côté, la connaissance d’une technologie permettant de voyager dans le temps aurait de quoi inquiéter les membres du CSNU, d’autant que les covenants semblaient être au courrant depuis bien plus longtemps. Mieux vaut garder cela pour les huiles du SRN. Mais le colonel ne semble pas être prêt à accepter n’importe quelle explication. Il va falloir lui faire comprendre la situation.

     - C’est un problème que seul la section 3 et le Conseil de Sécurité sont autorisé à connaître. Je ne peux pas en dire plus.

                 Le colonel esquissa une légère grimace de frustration. Beaucoup d’officiers se plaignent du manque d’information et des nombreux mystères que gardent les hauts membres du SRN. C’était une situation délicate mais nécessaire pour conserver l’espoir parmi les troupes. Si l’humanité entière savait tout des forces qu’elles affrontait réellement, ce serait le chaos le plus total.

      -  C’est vous le chef, se résigna à dire le colonel.

      -  J’ai besoin de rejoindre Reach au plus vite.

      - Euh… désolé, mais nous n’avons pas l’autorisation d’effectuer de sauts dans le sous-espace pour l’instant.

      -  Et pourquoi ?

      - Comment ça, pourquoi ? C’est un test ? Ou on ne vous a pas dit à quoi servait cette base ?

                 Le spartan comprit qu’il valait mieux jouer la carte de l’ignorant plutôt que de forcer le colonel à répondre. Voyant que le guerrier ne répondait pas, Hostman expliqua :

      -  Lorsque les covenants ont détruit cette planète en 2552, le CSNU a envoyé une équipe d’inspection pour mieux connaître les effet d’une vitrification sur une planète. Ils ont découvert que lors d’un bombardement à plasma, les couches géologiques subissaient d’énormes transformations dues à la chaleur et à la pression exercées par les explosions. Ces transformations permettaient des modifications chimiques et structurales importantes favorisant la formation d’importants gisements de métaux lourds tels que le fer, le cuivre, ou l’adamantium.

       «   A la suite de ça, ils ont décidé d’installer un énorme chantier naval et de nombreuses usines d’extraction pour mettre à profit ce phénomène. Notre installation possède un rendement dix fois plus important qu’un chantier militaire classique, grâce à la qualité des matériaux utilisés, et qui plus est en grande quantité. Nos vaisseaux sont aussi beaucoup plus résistants face aux armes covenants, même s’il n’en restent pas moins inférieurs à leurs propres croiseurs de combats. Dès qu’un vaisseau est achevé, il est immédiatement conduit sur Reach.

       -   Cela veut dire que vous n’avez pas de flotte à vous pour défendre cette planète ou pour me ramener sur Reach ? questionna Sam à tout hasard.

       -    Non, ce n’est pas ça. En fait, nous possédons une puissante flotte constituée de trente-quatre croiseurs et de cinq destroyers, mais nous ne pouvons les utiliser qu’en cas d’urgence.

       «    En effet, comme vous le savez sûrement, les attaques des covenants se sont multiplié ces dernières années. Ils débusquent les colonies du CSNU à la manière des chasseurs lors d’une battue, et en détruise un presque tous les mois. Notre base étant d’une grande importance pour la Navy, nous avons ordre de ne pas effectuer de saut hyperspatial sans autorisation pour éviter d’attirer l’attention des covenants. Nous intervenons uniquement pour aider à la défense d’une planète de notre secteur spatial, sinon notre flotte reste en attente.

     -  Je suis désolé de mettre en péril cette installation, colonel, mais j’ai besoin de retourner sur Reach dans les plus brefs délais. Il faut que j’avertisse mes supérieurs des résultats de ma mission.

                 Les deux hommes s’échangèrent une série de regards, l’un soucieux et l’autre sérieux. Sam n’avait pas l’intention de se laisser faire coincé ici par qui que ce soit. Je dois absolument faire part de cette technologie. Même s’il s’est déroulé 27 ans durant lesquels on m’a crut mort, le Dr Halsey me croira. Les autres spartans me croiront aussi, et j’ai hâte de les revoir. Cela fait seulement cinq jours que j’ai laissé John et Kelly quitter ce vaisseau covenant sans moi, pourtant j’ai l’impression que ça fait un éternité…

     -  Ecoutez, fit enfin Hostman. Navré de vous maintenir ici, mais je ne mettrai en danger pas la vie de mes hommes à cause de vous. Ne vous croyez pas tout permis parce que vous êtes un spartan, mon gars.

      -  En tant que membre de la section 3 du SRN, je peux prendre le commandement de cette installation. Ne m’obligez pas à vous mettre sur la touche, colonel.

                 C’est alors qu’un technicien surgit d’un bâtiment avec une feuille de papier à la main. Il courut immédiatement vers Hostman, utilisant la feuille pour protéger ses yeux du sables qui fouettait son visage. Arriver devant les deux hommes, il tendit le papier à son supérieur :

      -  Monsieur ! On vient de recevoir cette transmission, monsieur.

                 Hostman parcouru des yeux le bout de papier déjà usé par la tempête dont il se souciait peu, puis leva son regard vers Sam.

      -  Vous allez être content : nous avons ordre d’envoyer tous nos vaisseaux disponibles sur la Terre.

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FIN